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   Tout commence sur un banc, il y cent ans, dans un des plus beaux endroits du centre de Turin, corso Re Umberto : les élèves du lycée D'Azeglio, informés du succès du football qui s'étend dans d'autres villes, Gênes est la pre­mière, avec la naissance du Genoa Cricket and Football Club, en 1893, décident de passer à l'action et font ainsi entrer leurs noms dans l'histoire : Forlano, Donna, Malvano, Armano, Botto, Gibezzi, Ferrerò, Ghiron, Molinatti, Sa­voia, Rolandi, Varetti, Favali. Le premier bal­lon coûte soixante lires, une somme considé­rable à la fin du siècle dernier. Quelques se­maines plus tard, la Juventus fonde son premier siège dans l'arrière-boutique de l'atelier des frères Canfari, ajusteurs de bicyclettes. Un des deux, Eugenio, est élu président par acclama­tion. Il reste à choisir le nom de la société et de l'équipe : après d'interminables discussions et des propositions en tous genres de Vigor et Robur à Augusta Taurinorum ils choisissent Juventus. Le maillot rose est choisi par les pères du club car le blanc est trop banal et les  fonds manquent pour acheter des maillots plus coûteux. Maillot rose et short noir. Une fois le stock épuisé, on décide d'écrire à une entreprise anglaise, dont le siège est à Nottingham, pour passer une commande. Il se passe alors un fait curieux. Deux clubs existent déjà à Nottin­gham : le Forest, qui utilise un maillot entiè­rement rouge, et le County, qui a un maillot noir et blanc. C'est l'erreur fatale : le paquet qui arrive d'Angleterre contient des maillots noir et blanc au lieu des roses. Il faut donc prendre une décision : renvoyer le tout à l'expéditeur et re­faire une commande, ou bien changer les cou­leurs de la Juve. Nouvelles discussions : on prend le noir et blanc. Depuis, la Juve est aus­si connue dans le monde pour sa tenue carac­téristique noire et blanche à rayures verticales.

 

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Révélation

 

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Juventus 1905

 

 

 

Huit saisons ont passé depuis la naissance du Sport Club Juventus. C'est l'heure du premier championnat d'Italie. Nous sommes en 1905. Au tour final, il ne reste que trois équipes ins­crites : la Juventus, le Genoa et la Milanese. C'est le football des pionniers, et la Juve comp­te aussi parmi ses joueurs un Allemand, Walty, et un Écossais, Diment. Les autres sont des étudiants universitaires, des assureurs, des em­ployés, des ouvriers, tous unis par la même passion pour ce sport qui commence à tou­cher différentes classes sociales. Ce sont des jeunes, joyeux et déterminés, qui achètent les ballons avec leurs économies et endurent des déplacements difficiles dans les trains de l'époque, payant de leur poche les billets de troisième classe. D'authentiques héros. La Ju­ve gagne deux fois contre la Milanese dans le tour final et fait match nul à deux reprises avec le Genoa, l'équipe à battre, déjà décorée plu­sieurs fois. Pour remettre le titre, on a recours, selon le règlement, à un critère importé d'An­gleterre, maîtresse du sport et surtout du foot­ball : le nombre de buts, qui récompense les bianconeri. La Stampa consacre quelques lignes à l'événement. Les noms des vainqueurs étaient : Barberis, Varetti, Merio, Forlano, Don­na, Walty, Goccione, Diment, Armano, Mazzia et Durante. Les joueurs de réserve ne man­quent pas : Collino, Colombo, Borel, Nay, Frey, Mazzonis, Longo, Servetto, Corbelli, les frères Aymone, Nizza et Bertinetti. Il reste peu de témoignages de ce football mais il est certain que la Juventus s'impose avec beaucoup de caractère ; son envie de vaincre surprend ses ad­versaires, et avec le temps, ce sera une des ca­ractéristiques qui la distingueront de ses ri­vales.

 

Jusqu'à l'avènement de la famille Agnelli, en 1923, la Juventus connaît des crises répétées : les présidents se succèdent et, surtout, l'équipe a du mal à suivre le rythme de rivales redou­tables (outre la Genoa et les deux milanaises, apparaissent le Casale, l'Alessandria, la Pro Vercelli). Ce sont des années sombres, le risque de relégation est là, et de nombreux jeunes n'arrivent pas à concilier leurs intérêts entre sport et carrière. Pendant ce temps, le Torino, fondé par un groupe d'ex-Juventins, fait fureur et inflige une mémorable humiliation à la Juve (8-0) lors d'un des premiers derby. Lorsque, en 1913, l'équipe est reléguée, de nombreux dirigeants proposent carrément la dissolution du club. Mais la Fédération vient ai­der la Juve en l'intégrant dans le tournoi lom­bard qui n'a pas d'équipe, et lui permet de res­ter en série A. Mais le scudetto est encore loin. C'est le Casale qui le gagne avant que l'Italie n'entre en guerre. Au début de la décennie suivante, la Juve change tout : son siège, son ter­rain (corso Marsiglia), et surtout son prési­dent. En juillet 1923, Fiat, c'est-à-dire la famille Agnelli, entre en scène. Eduardo est un sportif et se laisse entraîner dans l'entreprise ; le foot­ball est désormais entré dans les mœurs du pays. L'équipe est renforcée avec l'arrivée de Combi, le gardien légendaire, Munerati, Monticone, Grabbi et Pastore. On décide d'engager un technicien professionnel, le Hongrois Karoly, et c'est lui qui fait prendre un tournant si­gnificatif au jeu : de l'individuel, on n'en veut plus, on parle maintenant de collectif. Pendant ce temps, la société part à la chasse des meilleurs talents et inaugure dans un certain sens le « Foot-Business », en arrachant un champion à la Pro Vercelli, le défenseur Ro­setta, pour 40 000 lires, plus un emploi de comptable, le logement et les repas à la charge de la Juve.

 

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Mais que représente la Juventus pour les Agnel­li ? Agnelli l'a expliqué plusieurs fois : « Ur plaisir auquel on ne peut renoncer, et avec les années, un engagement important ». Aucun autre club n'a derrière lui la même dynastie depuis autant de decenies. Depuis toujours, les Agnelli représentent la Juve, même si la gestion a été confiée à des managers de confiance comme Catella, Boniperti - qui est comme le définit le président de Fiat « sans au­cun doute, le plus grand Juventin de tous les temps » -, Montezemolo ou Giraudo. En 1926, c'est le deuxième scudetto avec les Agnelli, vingt et un ans après le premier. C'est une autre Juve, modelée par Karoly, renforcée par des éléments d'une grande valeur, comme le Hongrois Hirzer, décrit comme un blond à la rapidité impressionnante et au tir fulgurant, et surnommé « la gazelle ». Les finales du tournoi Nord contre Bologne sont incroyables : 2-2 chez les Émiliens avec une double remontée bianconera, 0-0 à Turin sous le soleil de la fin juillet. Il faut un troisième match fixé le 1er août à Milan pour les départager. Karoly voit les choses en noir, il s'égosille aux entraîne­ments et meurt subitement d'un infarctus la veille du match le plus important de la saison. L'équipe est très secouée par ce deuil et devant la famille de Karoly, elle écrase Bologne. C'est un pas vers la double finale contre l'Alba Roma, vainqueur du tournoi Centre-Sud. Étant donné la modestie de ses adversaires, la Juve se sent déjà championne : elle flanque onze buts (contre un) à l'Alba et conquiert la sympathie des supporters. C'est à ce moment-là que la re­vue Hurrà, née pour glorifier les succès de la Juve, peut lancer son leitmotiv : « la victoire ap­partient à celui qui est fort et qui a la foi ».

 

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Raimundo Orsi 1930

 

Une fois oublié le cas Allemandi - le défenseur de la Juve accusé d'avoir vendu le derby au To­rino - et la nouvelle formule du championnat à tournoi unique adoptée (la série A comprend vingt équipes, sans plus aucune division), la Ju­ve se prépare à cinq années de gloire, cinq victoires consécutives en championnat, de 1930 à 35 : un exploit égalisé par le Torino entre 1943 et 1949, puis jamais plus réussi par personne. exceptée par la Vieille Dame elle même avec serie en cours de 2011 à 2018. Aux côtés d'Edoardo Agnelli apparaît le baron Mazzonis, un des « pion­niers » qui avait gagné le premier scudetto. C'est lui qui suggérera les renforts, orientera les actions de la société et se posera comme point de repère. Il complète l'équipe avec l'ac­quisition de Caligaris ; c'est comme ça que la Juve se lie au trio Combi-Rosetta-Caligaris, dont l'entente avait enthousiasmé les obser­vateurs lors des Jeux Olympiques d'Amster­dam. Caligaris est le symbole de l'impétuosi­té et de la loyauté. Avec Rosetta, ils se com­plètent, pendant que Combi veille derrière eux. Après avoir essayé de renforcer l'équipe, la Juve mise sur l'Amérique du Sud où elle dé­couvre un grand nombre de joueurs d'origine italienne et qu'on peut donc, selon le règlement, inscrire sans problème. Ainsi arrivent Monti (champion olympique Argentin futur champion du monde avec la Squadra) an centre, Orsi l'attaquant, et Renato Cesarini le milieu of­fensif. Des champions qui sont à l'origine des exceptionnelles séries de victoires, auxquelles contribue également Vecchina, un jeune avant-centre déniché au Padova. L'offre d'engage­ment faite à Raimundo Orsi, un des étrangers qui ont fait l'histoire de la Juve, est colossale ; on lui propose huit mille lires par mois, une maison et une Fiat modèle 509. C'est un record et Orsi accepte sans hésitation. Les polémiques éclatent, mais en 1930, une Juve plus grande prend forme : Agnelli à la présidence, Mazzonis à l'organisation du club, Carcano à l'en­traînement. Ce dernier est un bon joueur qui se révèle également un technicien très préparé. C'est un passionné. En un clin d'œil il sent les grandes possibilités de l'équipe, à laquelle il donne un jeu pétillant : le spectacle est assuré. Le futur Avvocato Agnelli, en culottes courtes à côté de son grand-père, est toujours au stade de corso Marsiglia ; cette Juve-là est un exemple de grand football, mais aussi de style. Dans la société règne une atmosphère que tous qualifient de « très particulière » : les diri­geants soignent chaque détail, le reste est du ressort des joueurs, même de Cesarini, génial mais un peu dépravé, qui décide un beau jour d'ouvrir une boîte de nuit en plein centre ville. Ils l'appellent « Cè », c'est un meneur de jeu, mais loin du terrain, c'est un danger public, un personnage dont tous tombent amoureux, ses coéquipiers, les tifosi et les femmes. Le premier championnat de Carcano, le troisième pour la Juve, vient à maturité après un long bras de fer avec la Roma de Bernardini, qui deviendra par la suite un entraîneur à succès, et de Volk, avant-centre infaillible. L'équipe composée de Combi, Rosetta, Caligaris, Barale, Varglien, Rier, Munerati, Cesarini, Vecchina, Ferrari et Orsi est une véritable machine, puissante et équilibrée. Le deuxième championnat d'affilée est lié à l'arrivée de Monti et Bertolini, choisis pour renforcer la défense et le milieu de terrain. Ils sont à quatre points de Bologne, et c'est du­rant cette période que l'Italie se laisse éblouir par le charme de la Juventus. Sans raisons  claires, de nombreuses villes fêtent la victoire des bianconeri ; c'est une passion sincère, partout, sauf dans le chef-lieu piémontais où la majorité des sympathies reviennent au Torino. En effet, dans les années de l'industrialisa­tion, la Juve symbolise l'équipe des patrons. Il est naturel que les ouvriers préfèrent le Toro (Torino).

 

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Juventus 1932 1933

 

Les premières compétitions internationales voient le jour, mais la Coupe d'Europe ne sou­rit pas à la Juve, qui est de toutes façons au pre­mier rang du championnat comme au cours des deux saisons précédentes, et qui a été renforcée par l'arrivée de Sernagiotto, un autre joueur d'origine italienne (avec un passeport brésilien) qui remplace un des noms les plus célèbres, Munerati. C'est un triomphe : huit points de plus que l'Ambrosiana-Inter, douze de plus que Bologne et Naples. Un grand bal au théâtre Regio scelle la victoire. La prime du scudetto, versée en plus de l'engagement, s'élève à dix mille lires. Durant le tournoi émerge le talent d'un des joueurs les plus brillants de toutes les époques, Felice Placido Borel. Découvert par le baron Mazzonis alors qu'il joue avec les très jeunes du Torino, fils du Borel qui a déjà gagné le premier championnat, il est prédesti­né. Son football, c'est de l'art, on le surnomme « Farfallino » (petit papillon ) à cause de la grâce de ses mouvements c'est un avant-centre élégant et très solide, presque parfait, d'après ce que racontent ceux qui l'ont vu jouer. La Juve semble n'avoir aucun rival ; en­richie par l'arrivée de Baldo Depetrini, elle conquiert son quatrième titre consécutif, mais elle a une idée fixe en tête, le mondial d'Italie et de l'Italie, en 1934. Vittorio Pozzo prépare avec un soin méticuleux ce rendez-vous, par­ticulièrement important pour le régime en pla­ce qui vit de propagande même à travers le sport. Pozzo, journaliste à La Stampa, est un observateur attentif du football et même quand l'équipe nationale joue, il parvient à conserver l'objectivité du critique. Mais, la veille de chaque rendez-vous de l'équipe nationale, il tient les journalistes à distance : la tranquillité avant tout. L'équipe d'Italie, construite sur un noyau juventino, affronte en finale la Tchéco­slovaquie. A sept minutes de la fin, ce sont les adversaires qui mènent. Orsi égalise, prolongations : c'est Schiavo le Bolognais qui décide de la partie. Le mondial appartient aussi à la Juve, et la popularité du football est désormais un fait acquis.

Les cinq années de gloire de la Juve prennent fin en 1935. L'équipe est fatiguée, la moyenne d'âge élevée, et le mondial a de toute éviden­ce laissé des traces. Personne ne croit que les bianconeri puissent réitérer l'exploit pour la cinquième fois. C'est le championnat des contradictions : Carcano est remercié lors du match retour pour des raisons personnelles. Gola, le dirigeant-accompagnateur, lui succè­de. Nombre de champions les plus célèbres, de Cesarini à Orsi, sont proches des adieux, mais l'obstination de l'Ambrosiana-Inter maintien en vie le duel pour le titre. Finalement, c'est en core la Juve qui en vient à bout, régulière et constante, même si elle ne suscite pas une grande admiration. Par une coïncidence tragique, et non moins singulière, le cycle extra ordinaire des victoires prend fin l'été où Edoardo Agnelli, le président qui a voulu et mené cette Juve si victorieuse, meurt dans un accident d'avion. La fête programmée pour le scudetti à Villar Perosa, dans le fief de la famille, est annulée. Une phase transitoire débute, le scudet­to change de ville, mais la Juve conserve sa di­gnité ; elle possède toujours une défense efficace, même si elle n'a pas une attaque à la hauteur : on regrette inévitablement les fu­nambules du quinquennat. De grands joueurs comme Foni, Rava, Parola, Meazza (désor­mais en fin de carrière) ou l'Albanais Lustha ar rivent à la Juve, mais cela ne suffit pas pour vaincre. À Turin surgit la super équipe de Valentino Mazzola et on constate avec les deux derby de 1943, en pleine guerre, que le Toro (« Taureau », surnom de l'équipe turinoise) est plus fort, plus compact et plus solide. La domination du Torino s'annonce à laquelle la Juve est condamnée à assister, comme toutes les autres équipes. Ce Toro là n'a pa son pareil, mais une tragédie le brise dans un accident d'avion à Superga, le 4 mai 1949 Entre-temps, Giampiero Boniperti, un jeune homme plein de courage, à la technique très fine et d'une détermination hors du commun, apparaît à la Juve.

 

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Debut 50s

Révélation

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L'Italie toute entière pleure le grand Torino. La fable prend fin et la Juve réapparaît. L'angois­se de reconquérir le scudetto, quinze ans après le dernier, pousse l'équipe à faire un tri parmi les meilleures propositions du marché et à se renouveler en profondeur sous la direction de Giovanni Agnelli, propulsé à la présidence à seulement vingt-six ans. C'est une Juve au top niveau et le début de l'aventure de Boniperti, amené dans l'équipe par un médecin, le docteur Voglino, qui a une vocation de dénicheur de ta­lents. Il remorque le jeune attaquant et lui fait passer des tests que Boniperti réussit sans au­cune difficulté. Mais la disparition de la gran­de équipe du Torino, qui incarne l'équipe na­tionale, modifie la réalité du championnat : la Juve, enrichie par des joueurs étrangers d'un ni­veau exceptionnel, comme les Danois John Hansen et Praest, ou l'Argentin Martino, un vir­tuose du ballon, dont le jeune Agnelli est com­plètement fou, gagne le championnat 1949-50 avec un jeu spectaculaire et un vrai déluge de buts. Cinq points d'avance sur le Milan de Gren, Nordhal et Liedholm, entre autres vain­queur à Turin avec un 7-1 (contre 0-1) gravé dans la mémoire du peuple bianconero. Malgré  cette débâcle, qui reste la plus lourde de l'his­toire du club, la Juve l'emporte grâce aux buts de Hansen, Boniperti et Martino et avec l'habileté de ses défenseurs, dont le premier d'entre tous  le mythique arrière central Parola. L'Anglais Carver est un entraîneur in­transigeant mais très préparé. On croit à un autre cycle gagnant de la Juve mais le départ de Martino, qui a la nostalgie de Buenos Aires, a des conséquences néfastes sur l'équipe malgré l'ardeur de son successeur, Karl Hansen. La troisième place en 1951, derrière les Milanais, ne satisfait personne.

 

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John Charles 1958

 

On prépare la revanche. Carver est destitué après une interview, sensationnelle à l'époque, au cours de laquelle il se plaint de ses diri­geants. Arrive le Hongrois Sarosi, et avec lui le neuvième scudetto : sept points de plus que le Milan, pour lequel les buts en rafale de Nordhal ne suffirent pas. Avec peu d'ajustements, la Juve revient au premier plan. Mais que cela puisse durer n'est qu'une illusion. Outre la va­leur des équipes concurrentes, on remarque une baisse de motivation des joueurs, et la malchance ajoutée à quelques épisodes hou­leux font le reste. Sarosi laisse tomber puis vient le tour de Olivieri, choisi pour ce qu'il a accompli avec l'Udinese qui est passée en deux saisons de la série C à la série A. En 1954, Giovanni Agnelli, qui est devenu vice-président de Fiat, quitte la Juventus. Débute alors une période décevante, au cours de la­quelle l'équipe, confiée à Puppo, chute en mi­lieu de tableau, très loin des meilleurs. Boni­perti est perplexe, il confie à ses amis qu'il est tenté d'arrêter, qu'il ne s'amuse plus et que la présence de Muccinelli et Preast ne suffit plus à former une équipe. Septième en 1955, la Ju­ve vit une de ses pires années en 1956. La première victoire est célébrée le huitième jour et l'équipe menace même de faire grève pour n'avoir pas reçu en temps voulu la prime convenue. A la fin, les bianconeri sont ali­gnés dans le classement au Genoa, au Torino, au Spai et à Vicenza. On craint la relégation en 1956-57 quand un autre Agnelli prend la bar­re, Umberto, le frère de Giovanni. Puppo est remplacé par Depetrini, qui obtient le salut. Mais il est clair que ce ne peut être là la dimension de la Juve. Umberto s'en remet à Boniperti et se lance dans la chasse aux grands champions.

Printemps 1957. Umberto Agnelli mobilise les meilleurs éléments du groupe et convoque ses amis de confiance, dont Gigi Peronace, grand connaisseur du football anglais. C'est lui qui recommande un géant qui fait fureur à Leeds, John Charles, un Gallois de Swansea. D'Ar­gentine, Cesarini signale qu'en Enrique Omar Sivori se trouve l'homme de la providence : c'est un joueur fantastique de River Plate, petit mais génial, évoluant à gauche. Associer deux per­sonnes aussi différentes, tant du point de vue de leurs cultures que de leurs caractéristiques, peut paraître risqué. Brocic, le Slave qui parle français avec les Agnelli, est an poste d'entraîneur. In­terrogé après le désastreux match amical contre Bologne, où la Juve fut humiliée (6-1), Brocic se révèle d'une confiance désarmante : « Pas de problème, on va gagner le championnat ». La prophétie va se concrétiser huit mois plus tard, après vingt-trois victoires, cinq matches nuls et six défaites. La Fiorentina est deuxième, le Pa­dova est surprenant et finit troisième. Derrière les chiffres, une grande équipe : la force de Charles, rebaptisé « King John », un exemple de correc­tion, unie au talent de Sivori, « el Cabezón », le têtu, un athlète à fort tempérament, souvent contraint à payer pour son caractère si particu­lier. Sivori est un des joueurs les plus vénérés du public. Né d'un père originaire de Ligurie et d'une mère des Abruzzes, il est depuis sa plus tendre enfance un véritable phénomène ; le Real Madrid et l'Inter le tiennent à l'œil, mais à Ri­ver Plate il y a Cesarini, les histoires du vieux maître ainsi que l'engagement promis par la Juve. Aux côtés des deux champions, qui à eux seuls revitalisent l'équipe, s'impose Boniperti, qui devient le maître à jouer, l'inspira­teur de l'attaque. Mais les gens sont fous de Charles et Sivori, le dixième titre de cham­pionnat leur appartient. C'est un scudetto his­torique puisqu'il leur vaut la conquête de l'écus-son qui sera cousu sur leur maillot pour l'éter­nité. La Juve est la première équipe à être dé­corée de ce symbole.

 

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Omar Sivori

 

On n'a même pas commencé à penser aux prochaines victoires que la Juve plonge dans une saison décevante. Sivori ne s'entend pas avec Brocic et l'équipe subit la plus cuisante humiliation européenne de son histoire, face au Wiener (0-7) et dit adieu à la Coupe des Cham­pions. Après la défaite contre le Milan AC (4-5), Brocic perd son poste d'entraîneur. La Ju­ve arrache à l'Inter la Coupe d'Italie, maigre consolation vu que le scudetto revient au Mi­lan AC qui voit émerger dans ses rangs le Bré­silien Altafini. Pour la ville de Turin, le cham­pionnat 1958-59 est celui des grandes amer­tumes : le Toro est relégué pour la première fois en série B. Mais il est clair qu'avec Charles et Sivori, la Juve peut se refaire. Cesarini dé­barque d'Argentine accompagné de Parola. C'est un jeu d'enfant : ensemble pour le on­zième scudetto, avec aussi la Coupe d'Italie. Sivori est le buteur premier au classement de­vant Charles. Ce sont des moments irrésis­tibles, d'une grande beauté et d'une terrible ef­ficacité. C'est la Juve de Sivori, qui aime fai­re et défaire à volonté. C'est la Juve qui re­nouvelle son titre de championne d'Italie en 1961, l'année de l'abandon de Boniperti qui, à trente-trois ans, sans attendre de décliner, se re-tire du football après avoir formulé un vœu qu'il n'a jamais dévoilé. En quinze saisons pas­sées à la Juve, son palmarès impressionnant : 444 matches, 178 buts en championnat, 5 scu­detti, 3 Coupes d'Italie. Mais ce fut surtout un joueur d'une grande fidélité et de grande bra­voure. Le scudetto de 1961 fut l'objet, avant comme après, d'interminables polémiques : en avril, au cours du match contre l'Inter, à 0-0, l'arbitre interrompt le jeu à cause d'une in­vasion pacifique des supporters de la Juve. La Ligue inflige les pénalités prévues dans ce cas de figure et considère le match perdu par la Juve sur tapis vert par 0-2 ; mais la Fédération, dont Umberto Agnelli est le président - tout en étant celui de la Juve - ordonne que le match soit rejoué. C'est la fin du monde. En juin, deux mois plus tard, avec les juventini déjà champions, l'Inter aligne l'équipe « junior » où joue Sandro Mazzola, le fils de Valentino. Le score final est de 9-1 avec six buts de Sivori, mais c'est une victoire sans gloire. Les accu­sations en tous genres pleuvent sur la Juve à cause des trop nombreuses protections dont el­le semble jouir.

 

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L'ère de l'extraordinaire Juve prend fin avec celle de Boniperti. Son leader perdu, l'équipe s'étiole sous le poids des années et des vic­toires : 1961-62 est l'année du championnat le plus décevant. Parola est promu entraîneur après un bref passage de Gren, l'ex-mi lieu of­fensif du Milan AC, qui s'est lui aussi heurté à Sivori. L'Argentin a le défaut d'être trop indi­viduel. Souvent intraitable, il se dispute avec tout le monde. La Juve termine douzième : résultat d'une gestion désastreuse ; Umberto Agnelli s'en va (de hautes fonctions l'attendent chez Fiat) et Vittore Catella, député libéral et grand supporter, est appelé à la présidence. Son premier travail est d'engager un technicien brésilien qui prêche un football basé sur le collectif : c'est Paulo Amaral, le préparateur athlétique de l'équipe nationale brésilienne qui a triomphé lors du mondial en 1958 en Suède et en 1962 au Chili. Avec Amaral, c'est la révolution au sein du groupe et de l'organi­sation : Charles, Mora et Burgnich sont rem­placés par Salvadore, Miranda et Del Sol. L'équipe fait du bon football, mais sa « zone » défensive lui coûte des points précieux. Sivori n'est pas satisfait et, en pleine lutte pour le titre, la Juve perd à Turin contre Catania (0-1) et laisse ainsi la voie libre à l'inter de Helenio Herrera. Pour le Milan AC c'est une saison splendide : les Milanais sont la première équipe italienne à soulever la Coupe des champions grâce au 2-1 infligé au Benfica à Wembley.

 

1963-64 : Bologne et l'Inter se disputent le titre du championnat ; c'est Bologne qui le rempor­te. La Juve flotte et après avoir remercié Amaral, dont la vision du football ne concorde pas avec celle des dirigeants et de leurs conseillers, el­le engage Monzeglio. Mais l'équipe n'est pas compétitive ; malgré l'intégration de joueurs comme Nenè et Menichelli, elle n'a que de rares coups d'éclat dans une grisaille désolante. Gio­vanni Agnelli la suit distraitement, mais il est fa­vorable à l'arrivée d'un technicien à la poigne de fer, Heriberto Herrera, un Paraguayen passionné de gymnastique et grand amateur de movimien­to à ne pas confondre avec Helenio Herrera. Il se heurte de suite à Sivori qui, à près de trente ans, n'entend pas se sacrifier pour quoi ou qui que ce soit. Aucune considération envers l'Argentin, ni même envers Combin, l'avant-centre acheté par l'Olympique Lyonnais, sur­nommé « la foudre » à cause de ses buts fulgu­rants. C'est une déception : à la Juve, Combin marque peu, l'équipe ne décolle pas, et l'Inter gagne le scudetto et le remportera à nouveau en 1966. Trop fort, comme en témoignent égale­ment les deux Coupes des champions rempor­tées dans la foulée. La Coupe d'Italie arrachée à l'Inter lors de la finale de l'Olimpico (1-0), avec un but de Menichelli, n'est qu'une mo­deste consolation pour la Juve. Pendant ce temps, Sivori est transféré au Napoli avec la bénédiction de Agnelli, et se venge avec un 2-1 bien mérité au grand dam de la Juve de Heriberto, qui déclare un jour aux journalistes : « Pour moi, Coramini vaut autant que Sivori ». C'est une offense pour le champion et cela signe la fin de son histoire avec la Juve. In­flexible sur le plan technique et disciplinaire, Heriberto constmit son équipe, illuminée par le jeu de Cinesinho, qui hérite du numéro dix de Si­vori. C'est une Juve qui ne plaît guère car elle semble soumise au pouvoir de l'Inter, néan­moins « HH2 », surnommé ainsi pour être dif­férencié de Helenio, ne se rend pas.

 

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Heriberto Herrera

Révélation

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Premier juin 1967 : la Juventus est champion­ne d'Italie au terme d'une remontée incroyable. L'Inter qui a un point d'avance avant la dernière journée, tombe à Mantoue (0-1) sur une er­reur du gardien Sarti. La Juve, qui a déjà battu l'Inter à Turin (1-0), liquide la Lazio (2-1) et la condamne à la série B. « Le scudetto de la foi » est le titre de la une du Corriere dello Sport. C'est une équipe solide, spartiate, qui conteste le moindre faux-pas des arbitres. La solidarité entre les joueurs est un des secrets de ce scudetto inattendu. Au moment de remettre le prix, Agnelli ne peut retenir une de ses phrases les plus célèbres, adressée au prési­dent Catella : « Ils sont très forts, mais es­sayez de voir un peu si on ne pourrait pas amé­liorer cette équipe si sociale-démocrate ». Il veut une Juve qui gagne et qui divertisse, com­me celle des années cinquante, mais les fron­tières sont fermées et le marché semble bloqué. À part Cinesinho et Del Sol, Salvadore et Bercellino, Menichelli et Anzolin, l'élément le plus important n'est pas De Paoli, l'avant-centre mais Zigoni, un homme plein de fantaisie. Renouveler un scudetto aussi insolite est impossible : la Juve est écrasée au cours du derby 0-4. Le scudetto revient au Milan AC, la Juve est troisième, précédée par le Napoli. En compensation, elle fait route pour la pre­mière fois vers la Coupe des champions. Son parcours prend fin en demi-finale face au Benfica d'Eusebio, un des colosses de ces années là, battue 0-2 à Lisbonne et 0-1 à Turin. Cette défaite est pleine de dignité, mais les paroles d'Agnelli qui rêve d'une autre Juve revien­nent en mémoire, alors qu'un nom complète­ment nouveau apparaît dans le championnat : le Cagliari de Gigi Riva.

 

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Roberto Bettega

 

L'été 1968 montre les premiers signes de la re­naissance imminente de la Juventus. Agnelli prépare un coup qui aura un grand effet d'un point de vue pratique et psychologique : il s'approprie Pietro Anastasi, une des « étoiles » naissantes du Calcio, l'avant-centre du futur, déjà promis à l'Inter par le Varese, c'est-à-di­re par Borghi à Moratti. Pas même un accord entre grands industriels ne peut résister à l'as­saut du groupe Fiat. Anastasi, après avoir mis trois buts aux bianconeri écrasés à Varese (0-5) et après avoir endossé en match amical le maillot noir et blanc, finit à la Juve, qui conso­lide ses ambitions en acquérant d'abord l'Al­lemand Haller puis Benetti, un joueur promet­teur. Anastasi devient le petit favori de mil­liers d'immigrés qui ont quitté le Sud de l'Ita­lie pour Turin. Troisième en 1968, la Juve finit cinquième en 1969. Le championnat 1969-70, qui a débuté avec l'entraîneur argentin Carniglia et s'est poursuivi avec Rabitti, réserve de grandes surprises : la Juve débute très mal, l'entraîneur ne cache jamais ce qu'il pense, énonce à haute voix les qualités et les défauts de ses joueurs, qui naturellement ne sont guè­re enchantés. De la Sampdoria arrivent le stoppeur Morini et Roberto Vieri le fantaisiste, Benetti s'en va. La Juve de Rabitti poursuit magnifiquement mais s'interrompt contre Cagliari en mars 1970 à Turin : avec 2-2, les Sardes restent aux commandes, lancés vers leur premier scudetto. La Juve termine troisième, distancée même par l'Inter. Il faut refaire l'équipe de toute urgence c'en est assez des champions peu fiables. C'est ainsi que les joueurs les plus représentatifs qui avaient été prêtés à d'autres clubs reviennent à la Juve et sont confiés à Armando Picchi, le défenseur de l'inter qui est en train de se bâtir un avenir d'entraîneur. Furino, Causio, Bettega, c'est la naissance de la Juve des années soixante-dix. Joueur confirmé, Cuccureddu est promu titulaire.

 

La première saison de la nouvelle Juve, avec Boniperti en coulisses mais prêt à se hisser jus­qu'à la présidence, est riche en événements : le directeur général Allodi obtient de la Roma trois joyaux : Capello, Spinosi et Landini, ce qui entraîne un soulèvement des supporters romains. C'est une belle équipe, le travail de Picchi est efficace, mais l'expérience de Salvadore et de Haller ne compense pas les fré­quentes maladresses. On entrevoit pourtant dé­jà une nouvelle Juve destinée à vaincre. En 1971, elle se place quatrième, pendant que l'inter arrache au Milan AC un titre de cham­pionnat qui semblait déjà destiné aux Mila­nais. C'est la Juve yé-yé qui, lors du match contre les champions d'Italie (1-1), prouve que le changement n'est plus très loin. Picchi tombe malade et meurt en quelques mois ; le drame secoue l'équipe qui ne s'aperçoit de sa valeur que lors de la finale du championnat Nous sommes en 1971-72 : Boniperti est le nouveau président, Cestmir Vycpalek, qui après la guerre a joué avec la Juve, est catapulté di­rectement de l'équipe «junior » au poste d'en­traîneur. La Juve est l'équipe à battre : fraîche, vigoureuse, complète. Elle prend le large pen­dant que l'Inter décline et que le Milan AC de Rocco s'essouffle. Son parcours est si linéaire, avec des moments d'une incroyable beauté (à l'image du 4-1 infligé au Milan AC chez eux avec un but du talon de Bettega) que personne n'a de doute quant à l'issue du tournoi, qui va pourtant connaître de nouvelles agitations. Le Torino de Giagnoni est irréductible, mais un autre malheur s'abat sur la Juve alors en tête : la maladie pulmonaire de Bettega, qui impose la supériorité de l'équipe grâce à ses buts. L'abandon du champion, un coup très dur éga­lement pour la Nazionale qui ne se qualifie pas pour le championnat d'Europe de 1972, risque de compromettre le trophée juventin. Les matches retour ne sont qu'une suite d'éga­lisations conquises avec acharnement, alors que le Torino les suit de près et finit par les dé­passer. Alors que la finale promet d'être fé­brile, le fils de Vycpalek meurt dans la catas­trophe aérienne de Punta Raisi. La Juve lui dédiera son trophée. Après le macht nul concé­dé après un but contre son camp à Florence, le 2-0 contre le Vicenza marque la fin d'un cau­chemar. Pour Vycpalek, il y a un autre championnat dif­ficile : il faut défendre le scudetto et honorer la Coupe des champions. Un double enjeu que l'entraîneur affronte avec son habituel sourire, dédramatisant quand il le faut et affichant une confiance inébranlable en ses joueurs dès qu'il les sent hésitants. Une fois le quatorzième titre remporté et Carmignani remplacé par Zoff (car il n'était plus assez sûr), Boniperti en­gage Altafini, qui le lui rendra bien en mar­quant de nombreux buts aux moments les plus délicats. Altafini, qui a joué au Milan AC puis à Naples, affiche un enthousiasme contagieux et rêve d'ajouter d'autres victoires à son livre d'or personnel. C'est une Juve très sûre d'elle, qui ne commet presque aucune erreur en Cou­pe, qui se présente à la finale de Belgrade fa­ce à l'Ajax, seigneur incontesté du Vieux Continent. La longue retraite de Novi Sad, la peur de se tromper, quelques erreurs au niveau de la formation de l'équipe, tout mène à la défaite, signée par Rep après quelques mi­nutes de jeu. Terrible déception pour les cin­quante mille supporters juventins. Mais un autre titre de championnat est conquis de jus­tesse, comme c'est déjà arrivé à Heriberto en 1967. Cette fois-ci, le Milan AC est en tête avec 44 points, et la Juve et la Lazio sont jus­te derrière avec 43 points. Le calendrier spéci­fie que les trois équipes joueront à l'extérieur. Vycpalek est le seul à être tranquille : « Du cal­me, on va gagner », dit-il quelques semaines plus tôt lorsque l'avantage du Milan AC est le plus grand. Le 20 mai, quatre jours après avoir gagné la Coupe des Coupes (1-0 contre Leeds), le Milan AC, fatigué et déséquilibré, s'écroule à Vérone (5-3). Et la Juve ? Menée à la mi-temps par la Roma, elle égalise avec Altafini et s'impose à la 87e minute grâce à Cuccureddu. La Lazio s'écroule à Naples, le scudetto est ac­quis, source d'émotions inoubliables.

 

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Čestmír Vycpálek

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Désormais, la Coupe est une obsession et Boniperti a l'intention de combler cette lacune au plus vite, vu que le Milan AC et l'Inter en comptent chacun deux. Mais la Juve est éli­minée dès le début de la compétition par le Dy­namo de Dresde. Le championnat 1973-74 est en dents de scie : grands élans et grandes chutes. C'est la Lazio de Maestrelli et Chinaglia qui l'emporte. La physionomie du football est en train de changer lentement : l'Ajax et les Pays-Bas sont les nouveaux modèles, mais Boniperti ne se laisse pas séduire. Pensant dé­jà à la Coupe des champions, la victoire du sei­zième scudetto, qui s'est terminé par un duel serré contre le Napoli de Vinicio, ne fit pas trop de remous : le 6-2 du San Paolo et surtout le 2-1 du Torino furent décisifs. C'est une Juve aus­si puissante que celle de 1975 ; Parola, un autre vieil ami de Boniperti, est entraîneur. Sa spé­cialité est de soustraire à d'autres les scudetti qui semblent déjà gagnés. Mais au printemps 1976, la Juve est victime du même sort : elle a cinq longueurs d'avance sur le Torino de Radice, dont le jeu explosif et l'agressivité sont sous-évalués. Soudain, la Juve se bloque : elle perd à Cesena, capitule au cours du derby, perd à Milan, contre l'Inter. En outre, Anastasi se re­belle contre Parola, le public menace l'entraineur et la Juve est contrainte d'envoyer l'équi­pe à Villar Perosa pour les entraînements. Le Toro gagne 27 ans après la catastrophe aérien­ne de Superga, la Juve est deuxième. Boniperti n'a pas besoin de trop de conseils mais d'un bistouri. Parola éliminé, il convoque à Turin Giovanni Trapattoni, déjà en tracta­tions avec l'Atalanta. Déchargé du Milan AC, Trapattoni qui a débuté en équipe nationale en même temps que la dernière apparition de Bo­niperti suggère d'européaniser le milieu de terrain : Tardelli jouera là, et non plus comme défenseur. Benetti revient après son exil huit ans auparavant, Boninsegna va se placer aux côtés de Bettega. Capello, qui est en baisse, et Anastasia à qui on ne pardonne pas sa guerre contre Parola, sont cédés. C'est une Juve im­pitoyable, qui gagne beaucoup mais sans faire de football spectaculaire, animée par une fureur incroyable : elle ne cède que neuf des soixan­te points disponibles, ainsi, avec un quota de cinquante et un, elle établit un record ne pré­cédant que d'un point le Torino, à son tour protagoniste d'un magnifique championnat. Le long derby enflamme la ville, mais la Juve réalise finalement l'exploit international tant at­tendu. C'est la Coupe de l'UEFA, et elle a lieu quatre jours avant le dix-septième scudetto. La lutte contre l'Athletic Bilbao, éliminé de jus­tesse à Turin, est féroce : pas même le but de Bettega ne parvient à calmer l'ardeur des Basques, qui égalisent puis prennent l'avanta­ge. A 2-1, le cœur de Boniperti bat très fort, et il craint une fois de plus que le sort ne soit contre eux. Mais la Juve est une équipe d'acier tout comme Zoff : elle tient le coup et revient avec sa première coupe. Puis on la retrouve au stade Marassi de Gênes, 2-0, avec la Sampdoria condamnée à la relégation et le Torino à une bonne distance. Trapattoni est consacré tech­nicien de qualité et ses innovations suscitent de grands intérêts mais également un peu de ja­lousie. Ils disent qu'il est complètement soumis à Boniperti. Il répond avec sagesse : « Si je dois donner raison à un président, il vaut mieux qu'il ait joué au football... ». Trapattoni appréhende le deuxième scudetto (le dix-huitième en tout) avec une apparente souplesse. Une seule défaite, et le Torino juste derrière avec le Vicenza de Paolo Rossi, l'avant-centre dans lequel Boniperti n'a pas suffisam­ment cru. La Coupe des champions réserve son habituel lot d'amertume : en demi-finale, après le 1-0 infligé au FC Bruges de Happel, la Juve est battue lors des prolongations au cours du match retour. On accuse l'arbitre, les polé­miques et les regrets fusent. En finale, Liver­pool, vainqueur en 1977 à l'Olimpico contre le Borussia Moenchengladbach, bat les Belges. Les joueurs de l'équipe nationale de Bearzot, qui part sous les sifflets pour Mar del Plata en Argentine, proviennent en grande partie de la Juve. Là-bas, poussée par les Juventins et for­te des buts de Rossi, elle donne l'impression de pouvoir carrément remporter le titre, qui pour­tant ira à l'Argentine. L'Italie s'incline en de­mi-finale contre les Pays-Bas puis contre le Brésil pour le match de la 3e place. Zoff est démoli par la critique qui le tient pour respon­sable des buts inscrits par Haan et Nelinho. Ce mondial est également le terminus de la Juve, qui en se renouvelant commet des er­reurs d'évaluation. De plus, tous les succès précédents ont un prix. Et la note est très salée. Ainsi en 1979, Liedholm ramène le scudetto à Milan, et pour les Milanais, c'est l'écusson à coudre sur les maillots. Derrière eux se place le Perugia de Castagner, capable de triompher au Comunale, le stade de Turin, la quatrième journée : cet après-midi-là, Trapattoni com­prend que ce n'est pas une année propice. Quant à la Coupe, les Rangers éliminent la Juve 1-0 et 0-2. C'est une année de transition en attendant que les frontières soient à nouveau ouvertes ; l'équipe gagne quand même la Coupe d'Italie à Naples contre le Palermo (2-1) grâce à un but de Causio pendant les prolongations. L'issue du championnat 1979-80 est analogue, un cham­pionnat caractérisé par un très mauvais départ de la Juve qui va jusqu'à chuter en zone de re­légation après la défaite à Florence (1-2), la troisième consécutive. Trapattoni veut démissionner, mais la vieille garde le pousse à rester ; le retour est étincelant, mais l'inter de Berseilini est irrattrapable. Pour la Juve c'est la deuxième place...

 

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Trappatoni fin 70

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Les années 80 sont les plus glorieuses de la Ju­ve moderne. Le retour des joueurs étrangers constitue une nouveauté. Après avoir examiné des dizaines de candidatures, Boniperti mise sur Liam Brady, un Irlandais d'Arsenal possédant un sens inné de la tactique et une technique éblouis­sante. Ce n'est pas une Juve parfaite, elle n'a de grand buteur, mais c'est une équipe que Tra­pattoni modèle à sa manière après des débuts tourmentés et deux défaites (0-1 contre Bo­logne, 1-2 lors du derby associé au cas Agnolin, à cause du nom de l'arbitre accusé par les bianconeri d'avoir proféré des paroles obs­cènes, en plus d'avoir commis deux erreurs déterminantes. Petit à petit, avec Brady à la barre, la Juve retrouve sa crédibilité et récupè­re des points elle égalise au Stadio Olimpico contre la Roma de Liedholm, qui rêve du scu­detto. Le duel, dans lequel s'insère égalemeni le Napoli de Marchesi, devient difficile, jusqu'à la scène mémorable qui se déroule à Turin le 1er mai 1981 : l'arbitre Bergamo annule le but de Turone à seize minutes de la fin. Les Romains protesteront toujours plusieurs mois après, mais le match nul permet à la Juve de rester en tête. Terminé ? Oui et non : deux autres vic­toires à Naples (1-0, Guidetti marque contre son camp) et contre la Fiorentina (1-0), rendent des millions de supporters heureux. Pour Brady, c'est le triomphe immédiat : ses huit buts pèsent lourd dans la lutte avec la Roma.

 

Le vingtième scudetto donne droit à un double écusson, une exclusivité bianconera. Saison 1981-82  l'équipe est identique à la précédente, mais après sept matches joués, elle perd Bettega qui se brise un genou dans un choc avec le gardien d'Anderlecht, Munaron. Éliminée de la coupe ensor­celée, la Juve continue de traquer régulièrement la Fiorentina ; les deux matches se terminent sur le score de 0-0. Ce fut un football exem­plaire d'un point de vue tactique, mais pauvre en émotions car personne ne voulait prendre de risques. En attendant le mondial espagnol, la Juve et la Fiorentina se retrouvent à égalité lors de la dernière journée avec 44 points. L'hypothèse des barrages pour les départager semble réaliste ; la Fiorentina fait match nul (0-0) à Cagliari ; Graziani marque mais le but est annulé par l'arbitre Mattei. Match nul aus­si à Catanzaro, où Celestini commet une faute de main pour éviter un but assuré sur un tir de Fanna. Penalty. Le suspense est grand : Brady tire, et c'est une leçon de talent. Il feinte le gar­dien Zaninelli et marque (1-0). C'est son ca­deau d'adieu. Brady est plein d'amertume : « Je ne pouvais pas me tromper ». Il se retire la tête haute. Il y a quelque chose de noble et d'immortel dans ce tir magistral. C'est le pro­fessionnalisme indiscutable du milieu de terrain de l'Eire, humilié par la décision prise par Agnelli (au moins à l'origine) qui lui préfère Michel Platini, plus élégant et plus enclin à marquer des buts. Agnelli s'entiche du phé­noménal Platini, neveu d'Italiens (Agrate Conturbia, dans la province de Novarra, est le village du grand-père de Michel), lors du mat­ch amical France-Italie (2-0) au Parc des Princes. Mais son intégration à la Juventus est compliquée pour deux raisons. La première  est le succès de la Nazionale de Bearzot en Es­pagne, grâce au bloc bianconero, de Zoff à Sciera, de Tardelli à Gentile, de Cabrini à Rossi, que Boniperti ramène entre-temps à Turin. La seconde est la méfiance tenace des Italiens envers les Français, considérés (à tort, bien sûr :hehe:) comme incapables de jouer un football de haut niveau. Comme si cela ne suffisait pas, Platini se plaint d'une douleur au pubis qui le tenaille pendant les six premiers mois, au cours desquels il songe même à quitter la Juve. Mais il est trop orgueilleux pour renoncer aussi vi­te et une fois les problèmes initiaux résolus, son rôle et sa position dans l'équipe éclaircis, Platini commence à enchanter le public. Il est un des rares à ne pas être sifflé lorsque la Juve joue à l'extérieur. Lui et Zoff, personne d'autre. Buts et passes à répétition, il est l'hom­me qui fait toujours la différence et ne fait qu'un avec son ami Boniek. En Coupe des champions, son talent éblouit chacun de ses ad­versaires ; la Juve gagne à Birmingham contre Aston Villa, détenteur du trophée, élimine le Widzew Lodzed, puis parvient en finale dix ans après Belgrade. Le championnat est dominé par la Roma de Falcao et Conti qui s'impose finalement et s'ache­mine à son tour vers ses débuts en Coupe des champions.

 

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Paolo Rossi, Liam Brady

 

C'est une Juve inquiète, pleine de petits bobos et d'incertitudes avance vers la finale de la Coupe des champions. Platini est préoccupé. Trapattoni vient d'aller voir jouer l'équipe de Hambourg, qui affiche une forme splendide et pratique un pressing très précis. Personne ne sait si c'est Trapattoni qui transmet ses an­goisses à ses hommes, mais la nuit précédant le match à Athènes, personne ne dort. Surtout pas Platini. De mauvais présages accompa­gnent les champions d'Italie sortants ; après quelques échanges et une tête de Bettega arrêtée par le gardien Stein, les soixante mille Italiens présents dans le stade Olympique comprennent que ce n'est pas une bonne soirée. En effet, à la 9e minute, Magath tire du pied gauche : 1-0. C'était rattrapable si la Juve n'avait pas été victime d'une sorte de black-out total qui les toucha tous, de Platini, Boniek à Rossi (rem­placé en milieu de deuxième mi-temps pat Marocchino). C'est la défaite. Anéantie, la Juve offre aux Allemands cette coupe pour­suivie en vain. Trapattoni et Platini finissent sur le banc des accusés : pour Platini, ils exhument un des nombreux lieux communs affirmant qu'il serait un perdant. Ce sont des banalités dignes de ceux qui les prononcent, et un mois plus tard les premiers signes de revanche sont là : la Juve arrache la Coupe d'Italie à Vérone (0-2 ; 3-0), les deux buts décisifs sont signés Platini. C'est peu, comparé aux habitudes des légions bianconere, mais au moins cela redore-t-il l'image de Platini. Ils l'encensent, le surnomment le roi (en français dans le texte) ce qui ne lui plaît pas : « En France, les rois ont fini sous la guillotine », rappelle-t-il. Platini, toujours Platini. Le phénomène. Trois fois premier buteur, trois fois « Ballon d'or », de 1983 à 1985. Sa meilleure année, qualités et résultats confondus, il la réalise en 1984. Pour un perdant, il gagne tout : le scudetto (le vingt-et-unième de la Juve), la Coupe des coupes et le titre de champion d'Europe des nations avec la France, à laquelle il offre neuf buts au cours des cinq matches de la phase finale. Avec la Juve, dont il est désormais le champion le plus aimé, ses qualités s'expriment à travers les victoires, ponctuées de buts d'une facture éblouissante. Ses prestations donnent matière à une encyclopédie du football et sa populari­té s'étend. Mais il ne rêve que de la Coupe des champions : « Au fond, c'est pour ça qu'ils m'ont voulu », répète-t-il. La Juve du cham­pionnat 1984-85 est trop distraite pour lutter : le Vérone de Bagnoli s'échappe ainsi que la jeune équipe de la Sampdoria, sans oublier le Torino de Radice et l'Inter de Castagner. Vé­rone part le premier à toute allure, alors que la Juve n'est que sixième et sera exclue de l'Eu­rope si elle ne gagne pas la Coupe des cham­pions. Les derniers matches sont navrants ; la Juve clôt le championnat au Stadio Olimpico contre la Lazio, déjà reléguée, par un match nul (3-3) et une crise de nerf de Trapattoni. C'est clair : l'avenir dépend de la finale de la Coupe des champions, que la Juve a atteint avec une grande désinvolture. La finale contre Liver­pool est prévue le 29 mai à Bruxelles. Les me­sures de sécurité adoptées par la police belge sont ridicules, le Heysel est inadapté et les ju­ventini sont sauvagement attaqués par les hooligans à l'intérieur du stade. Un des murs d'en­ceinte s'écroule. C'est une tragédie : trente-neuf morts. L'UEFA veut que la rencontre ait lieu, les équipes dont indécises. Tacconi, l'héritier de Zoff, arrête tout : la Juve l'emporte sur Liver­pool avec un penalty sifflé par l'arbitre. Plati­ni transforme, mais le retour à Turin ne se fait pas dans la joie : cette coupe conquise en plein deuil de nombreuses familles ne plaît à per­sonne, encore moins à Platini.

 

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Michel Platini

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Boniperti renouvelle la Juve : Tardelli, Rossi et Boniek sont remplacés par Manfredonia, Se­rena et Laudrup, un Danois introverti aux nom­breuses qualités, qui vient de vivre des événe­ments orageux avec la Lazio. La Juve est plei­ne de vitalité et d'enthousiasme et gagne ses huit premiers matches, hypothéquant le scu­detto. Mais, tandis que Platini est toujours troublé, la Roma d'Eriksson se rapproche dangereusement, entraînée par Boniek qui écu­me de rage chaque fois que quelqu'un pro­nonce le nom de son ancienne équipe. A deux matches de la fin du Calcio, la Roma est à égalité avec la Juve avec quarante et un points. L'incroyable chute des Romains contre Lecce à Rome (2-3) permet aux bianconeri, vain­queurs du Milan AC (1-0), de sauver ce titre -le vingt-deuxième et d'éviter de nombreuses critiques. Trapattoni, après une sublime dé­cennie, part à l'inter. Platini reste, mais après le mondial du Mexique il est vidé. Sa dernière saison turinoise est un calvaire, et l'incite à arrêter. Le 17 mai 1987. par un dimanche pluvieux et plein de larmes, il fait ses adieux : 3-2 contre Brescia, au revoir et merci. Il est impossible de remplacer un champion comme lui et de grandes déceptions sont à venir. La Juve ne peut faire mieux que deuxième derrière le Napoli de Maradona. Puis c'est la longue éclipse, avec le turnover forcé des étrangers comme Rush, Rui Barros et Zavarov, la sixième place en 88, la quatrième en 89, la troisième en 90, mais avec en plus une victoire en Coupe UEFA (la deuxième) et en Coupe d'Italie (la huitième). Des victoires dues à la ténacité de Dino Zoff, appelé pour succéder à Marchesi....

 

Dix-neuf ans après son élection, Boniperti dé­missionne en février 90. Agnelli souhaite em­baucher Luca Corderò di Montezemolo pour reconstruire la Juve sur le modèle du Milan AC victorieux, de Berlusconi. Montezemolo n'a pas de chance. L'entraîneur présélectionné ne cor­respond pas aux attentes ; il s'agit de Gigi Maifredi, un peu trop anticonformiste pour piloter une telle équipe « hors pair ». Les acquisitions sont nombreuses et importantes, comme Ro­berto Baggio, Haessler, Corini, Bonetti ou même De Marchi et Luppi, mais elles ne forment pas une équipe. Après quelques matches d'une beau­té indéniable, la Juve s'écroule lors des matches retour. Finalement, au bout de vingt-huit sai­sons, elle se retrouve tenue à l'écart des coupes avec des dommages évidents sur le plan finan­cier. C'est alors qu'Agnelli intervient : il rappelle d'urgence Boniperti et Trapattoni dans l'espoir qu'ils parviennent à réitérer les exploits du pas­sé. Mais les temps ont changé : on achète VialIi le joueur le plus payé dans l'histoire du club, 16 milliards nets pour lui (environ 45 mil­lions de francs) pendant 4 saisons, primes ex­clues et 30 milliards de lires à la Sampdoria (environ 85 millions de francs), les joueurs étrangers sont achetés même quand ils sont clai­rement incompatibles (comme Moeller et Platt). Le retour de Trapattoni après sa victoire du scu­detto et de la Coupe UEFA avec l'Inter ne suf­fit pas : la Juve est deuxième en 92 et 94, qua­trième en 93. Elle ajoute à son « palmarès » une autre Coupe UEFA, mais ce n'est pas assez. Entre-temps, Umberto Agnelli réclame et obtient la gestion de la société, avec pour objectif d'as­sainir le bilan et de monter une équipe gagnan­te. Le second des Agnelli confíe le mandat à un manager dont il est sûr, Antonio Giraudo, qui, dans sa jeunesse, était un supporter assidu du To­rino. En quelques semaines, la Juve, qui mise sur Marcello Lippi pour l'entraînement, subit de grands changements. Le style décidé des nou­veaux dirigeants s'impose, parmi lesquels se trouve aussi Bettega, nommé vice-président.

 

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Roberto Baggio, Vialli et Lippi

Révélation

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L'apprentissage de Lippi dure deux mois. La Juve boite, Vialli est en crise le remède est dans le lancement d'une équipe agressive, qui se dépense beaucoup d'un point de vue athlé­tique (et c'est normal car elle possède deux attaquants imposants, Ravanelli et Vialli, jus­tement) et risque beaucoup en défense. C'est un nouveau football pour Turin ; la règle des trois points pour chaque victoire est un stimulant en plus, et la Juve commence à gagner jusqu'au jour où elle dépasse Parme qui a la première place. « Les gars, des occasions comme celle-là il n'y en aura pas deux » : c'est ainsi que Vialli bat le rappel de ses coéquipiers. Le Mi­lan AC est en retard, la Juve désormais croit en elle et les petites retouches apportées par Lip­pi sont bien choisies : Ferrara donne de l'as­surance à la défense, Paulo Sousa (puis Des­champs) est le maître de jeu, alors que Dino Baggio et Moeller ne sont plus là. C'est une Ju­ve famélique, qui part à la chasse de chaque trophée : elle prend possession du scudetto (le vingt-troisième, après neuf ans d'attente), gagne la Coupe d'Italie en écrasant Parme, à qui pourtant elle laisse la Coupe UEFA (avec des scores de 0-1 et 1-1) qui fut décisive grâce aux deux prouesses de Dino Baggio, qui se venge de son transfert. C'est un duel infini qui se prolonge entre Parme et la Juve jusqu'au moment d'assigner la Supercoupe de la Ligue : elle revient à la Juve grâce à une grande per­formance de Vialli. C'est la seule coupe qui manque au siège. Les trois années de Lippi sont constellées de grands défis, au cours des­quels la Juve démontre, comme toutes les grandes équipes qui l'ont précédée, qu'elle pos­sède les atouts fondamentaux pour vaincre : un caractère insoumis, des qualités techniques, un jeu organisé, une capacité de réaction à chaque adversité. C'est une équipe de course, de poursuite, qui donne tout ce qu'elle a.

La plus grande victoire de Lippi est indénia­blement la Ligue des champions de 96, qui s'est faite sans Roberto Baggio, cédé au Milan AC qui réapparaît, alors que les bianconeri  avouent ne penser qu'à la finale de l'Olimpico de Rome. Le 22 mai, après avoir éliminé non sans peine le Real Madrid et Nantes, la Juve rencontre l'Ajax. Vingt-trois ans se sont écou­lés depuis Belgrade, les Hollandais sont trop confiants alors que la Juve est plus humble, plus concentrée, plus agressive. Ravanelli marque, Litmanen égalise, puis Vialli et Del Piero manquent quelques balles de but. A la fin des prolongations le score de 1-1 reste in­changé ; pour les tirs au but, les juventini, plus toniques, ne commettent aucune erreur, contrairement à Scholten et au futur Milanais Davids. Ferrara, Pessotto, Padovano et Jugovic sont infaillibles : le score final, 5-3, est inou­bliable. Les supporters sont heureux mais la fê­te qui suit la victoire n'efface pas la tragédie du Heysel. A la Juve, le renouvellement de l'équi­pe est un moyen de se sentir jeune : donc So-sa, Vialli, Carrera, Vierchowod et Ravanelli sont remplacés par Zidane, Boksic, Vieri, Mon­terò, Amoruso et Iuliano. L'équipe change de peau mais ne perd pas son vernis : elle com­pense chaque petit incident par un dévoue­ment total, n'a pas de buteur (Vieri, Del Piero et Padovano marquent à eux trois 24 buts), profite de la meilleure saison de Peruzzi, bon­dit au sommet du classement après avoir conquis à Tokyo contre le River Plate la Cou­pe Intercontinentale (la deuxième, onze ans après celle de Platini) et n'arrête plus. Elle ob­tient la Supercoupe d'Europe (la deuxième) et, largement en tête, fête le scudetto avec un match d'avance (1-1 à Bergame) après avoir ré­sisté au dernier assaut de Parme. Elle arrive un peu fatiguée à la finale de Munich contre le Borussia Dortmund pour la finale de la Ligue des champions 97 et s'incline 3-1. La défaite ne provoque pas de drames et la Juve persiste dans sa stratégie : elle vend Vieri (à l'Atletico Madrid pour 34 milliards de lires) et le rem­place par Inzaghi. Après avoir choisi les jeunes les plus forts du Calcio, de Birindelli à Pecchia, elle mise sur le retour de Fonseca. Jugovic et Boksic sont cédés à la Lazio. Le changement semble défavorable et effectivement le début de saison n'est pas particulièrement exaltant. Les bianconeri peinent en Ligue des champions, où ils ne se qualifient que grâce aux repêchages, et ont du mal dans le championnat dominé par la star Ronaldo qui guide l'Inter en tête de clas­sement.

 

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Del Piero

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Mais la Juve prend des mesures urgentes. Comme le Milan AC veut se libérer du Hol­landais Edgard Davids, elle profite de l'occa­sion pour consolider son milieu de terrain et faire en sorte que son équipe soit plus forte mê­me moralement. En Ligue des champions, elle dépasse le Dy­namo de Kiev, puis Monaco, et se présente pour la quatrième année consécutive à une fi­nale européenne : un record pour l'Italie. Pen­dant ce temps, l'Inter cède la première place ; la Juve s'envole vers son 25e titre de cham­pionnat. Les bianconeri défendent la premiè­re place face à l'Inter et à la Lazio et arrivent à la rencontre directe avec l'Inter en tête de classement. Critiques violentes et polémiques font écho au but de Del Piero qui leur vaut le titre. Lippi veut aussi la Ligue des champions, mais à Amsterdam survient le mercredi 20 mai un événement inédit : la Juve est la pre­mière équipe dans l'histoire de la coupe la  plus prestigieuse à perdre deux finales consé­cutives. Le but de Mijatovic à la 67e minute pour le Real Madrid est décisif. L'Italie non-juventine répand sa joie dans les rues, mais la légende de la Juve ne s'arrête pas là.

Bien au contraire. Même si, à dire vrai, le championnat suivant devra être considéré com­me une saison de transition. D'autres équipes se sont renforcées sur le marché et se présen­tent sur la ligne de départ avec un potentiel plus élevé qu'avant. Parmi elles, on compte la La­zio, le Milan AC et l'Inter. L'équipe bianconera vivra une année étrange : pour Zidane, le héros du Mondial 98, il s'agira d'une période où il sera certes toujours le symbole de l'équipe, mais quand même un peu dérouté par ce mondial exal­tant. Dès le mois d'août on comprend que la saison s'annonce délicate. Le 29, à Turin, a lieu la finale de la Supercoupe d'Italie. La Lazio, qui a gagné la Coupe d'Italie, arrive au Stadio delle Alpi. C'est un match incroyable : la Lazio prend l'avantage à la 38e minute par un but de Nedved ; Del Piero égalise à la 90e minute sur penalty. Puis l'incroyable se produit et la Lazio gagne la coupe grâce à un but de Conceicao marqué à la 93e minute, juste avant que l'arbitre ne siffle la fin de la rencontre. Les nouvelles re­crues arrivent : ce sont les défenseurs Igor Tudor, Zoran Mirkovic et le milieu de terrain Jocelyn Blanchard. Torricelli, rempart défensif des der­nières saisons, est transféré à la Fiorentina. On pense que ça peut suffire ; après tout, même si elle a perdu deux finales, il s'agit toujours de l'équipe championne d'Italie en titre. Le cham­pionnat qui avait très bien commencé (avec des victoires contre Pérouse, 4 à 3 et 1 à 0 contre Cagliari) connaît des hauts et des bas. Les chan­gements en cours ne suffisent pas : Esnaider puis, dans un second temps, Kovacevic arri­vent du championnat espagnol. A cheval sur ces deux arrivées se greffe celle de Henry, avant-centre des champions du monde. Puis peu avant la moitié des matches retour, Lippi démission­ne (les mauvaises langues insinueront qu'il de­vait commencer à étudier le style... « interiste »). Carlo Ancelotti, assez controversé, le remplace: ses erreurs commises sous les couleurs de la Roma et du Milan AC pèsent dans les esprits des tifosi. Mais il suffit de quelques matches pour calmer les contestataires les plus viru­lents. Certes, ils n'aimeront jamais le technicien, mais au moins la situation sera-t-elle plus cal­me. L'équipe atteint la sixième place, exclue des coupes européennes, dans un champion­nat qui a vu de justesse la victoire finale du Mi­lan AC contre la Lazio et qui, surtout, n'a jamais vu l'équipe bianconera dans les hautes sphères du classement. Mais elle revient pourtant par la porte de service grâce à l'innovation de l'Intertoto. A la fin du tournoi, Deschamps s'en va (attiré par les Livres de Chelsea) ainsi que Di Livio (Fiorentina). Henry part à Arsenal, après avoir disputé une saison bien peu exaltante. Peruzzi salue également son équipe pour suivre Lippi à Milan.

 

Donc on recommence : on est à la veille de la saison 1999/2000. Les arrivées sont le Hol­landais Van der Sar dans les buts, le Nigérien Oliseh, Zambrotta (ex-Bari) et Bachini. La saison débute plus tôt que d'habitude, Coupe Intertoto oblige. L'UEFA est atteinte facilement mais le début du championnat est équilibré : victoire à Cagliari, défaite à Lecce. La Juve semble refaire le même parcours que lors du tournoi précédent. Pourtant ce n'est pas le cas et l'équipe renaît de sa défaite en terre des Pouilles. La Juventus poursuit son chemin dans la compétition européenne mais, surtout, elle entreprend un tête à tête fascinant contre la Lazio en championnat. L'équipe bianconera est championne d'hiver. Ancelotti « tourne » à 36 points, tout comme Lippi l'année de ses débuts avec la Juve. Van der Sar, froidement accueilli à Turin, se révèle un des piliers de l'équipe : il n'encaisse que 7 buts et est le gardien le moins « perforé » des matches aller. Au classement, ils ont 12 points de plus que l'année précédente. Pour l'instant, ils ne sont que champions d'hi­ver. Mais quand on sait que sur 67 champion­nats disputés, l'équipe qui a gagné le titre d'hi­ver a gagné 45 fois le championnat, on ne peut avoir de meilleure motivation pour la conquê­te du premier scudetto de l'an 2000.

 

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Zidane, Di Livio

 

Désormais, le championnat se présente sans obstacles pour l'équipe juventine, malgré l'é­galisation réalisée in extremis par l'équipe de Parme. Zidane et Davids entraînent leur équi­pe qui poursuit son chemin vers le triomphe, bien que sur les neuf buts inscrits par Del Piero, un seul d'entre eux soit un tir d'action. Le résultat (3-1) contre Milan au stade délie Alpi écarte les champions en titre de la course au scudetto. Ainsi, le score (2-1) contre l'Inter au stade Meazza (avec deux buts du nouvel homme du championnat, Kovacevic) élimine l'Inter de son ex-entraîneur Lippi, de la liste des prétendants au titre. Les jeux semblent faits ; la Juventus est parvenue à accumuler 9 points d'avance face à l'équipe concurrente, la Lazio. Le scudetto est désormais à portée de main. Et voilà que se produit l'irréparable. Les joueurs de la Juventus sont saisis par le syndrome le plus classique qui atteint les sportifs, à savoir la peur de gagner. C'est le début de la débâcle qui, plus encore qu'inattendue, est éclatante. Après la défaite à domicile contre la Lazio (0-1), l'é­quipe semble à bout de souffle, elle perd con­tre Vérone, à trois jours de la journée décisive, sur deux buts de Cammarata. A180 minutes de la fin du championnat, la Juventus a encore deux points d'avance sur l'équipe des Bleus et blancs, et gagne contre l'équipe de Parme (1-0) sur un but de Del Piero qui a enfin re­trouvé son brio. L'équipe s'apprête à disputer le dernier match du championnat au stade Curi de Pérouse, contre le Perugia, l'équipe de Mazzone, entraîneur connu pour sa pugna­cité. Dernière journée : après une semaine de con­testations qui agitent les bancs des Bleus et blancs en raison de l'annulation d'un but de l'équipe de Parme face à la Juventus, les joueurs s'apprêtent à disputer les 90 minutes décisives. La Lazio a sûrement une tâche moins ardue : bien qu'elle ait deux points de retard, elle doit en effet affronter la Reggina, l'équipe de Reggio Calabria, qui a déjà rempli son con­trat en parvenant à se maintenir en série A. Les deux matches débutent simultanément à plus d'une centaine de kilomètres de distance. Mais au cours du match qui oppose la Juventus au Perugia, un violent orage s'abat sur la pelou­se de Pérouse. L'arbitre Collina interrompt le match. Les joueurs regagnent les vestiaires pour une interruption d'une heure. A Rome, le match de la Lazio s'achève au bénéfice des Blancs et bleus (3-0), alors que l'arbitre siffle la reprise à Pérouse. Le terrain est lourd, perforé en raison des trous pratiqués dans le sol pour que l'eau s'écoule plus rapidement. Cinq mi­nutes plus tard, le Perugia porte un coup déci­sif : Calori marque pour les « griffons », sur­nom de l'équipe de Pérouse, et malgré les as­sauts à couteaux tirés qui rythment la seconde partie de la rencontre, le résultat n'évoluera pas : au final, la Lazio compte 72 points, la Juventus, 71. Cela paraît absurde, mais c'est ain­si. Avec soixante et onze points en poche, et surtout après un championnat exaltant, les Juventins perdent de peu le scudetto.

Après une absence de deux saisons et demie, Lippi revient au club en 2001, après le remplacement de Carlo Ancelotti. Deux autres titres Scudetto pendant les saisons 2001-2002 et 2002-2003. À la fin de la saison suivante, Lippi a été nommé entraîneur de l'équipe nationale d'Italie, mettant ainsi définitivement fin à sa fructueuse collaboration à l'histoire de la Juventus. Fabio Capello a été nommé entraîneur de la Juventus en 2004 et a mené le club à deux autres titres consécutifs en Serie A. À la fin de l'année 2005, la Vieille Dame réalise la performance d'avoir 9 de ses joueurs nommés pour le titre du Ballon d'or 2005 parmi lesquels Buffon, Camoranesi, Cannavaro, Emerson, Ibrahimović, Nedvěd, Thuram, Vieira et Trezeguet, trophée finalement remporté par le brésilien du Barça Ronaldinho. Lors de la saison 2005-2006, la Juve inscrit un nouveau record en Serie A en remportant ses neuf premiers matchs d'ouverture.

 

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Lippi

 

En mai 2006, la Juventus est devenue l’un des cinq clubs liés au scandale du football italien de 2006 qui abouti à la relégation du club en Serie B pour la première fois de son histoire. Le club a également été dépouillé des deux titres remportés sous Capello en 2005 et 2006. Luciano Moggi est devenu administrateur et directeur général de la Juventus en 1994 (la position la plus puissante dans le club italien après le président), aux côtés du directeur général et du patron de la FIAT, Antonio Giraudo, et de l’ancien joueur Roberto Bettega. Ensemble, ils sont devenus la triade - un terme sinistre qui n’a pas été conçu comme un compliment. Au cours des douze années suivantes, la triade a mené la Juventus à une série de succès en accord avec son histoire glorieuse, notamment sept championnats italiens et un trophée de la Champions League. Leur domination était telle qu'ils ont mené la Serie A pour un record de 76 matches consécutifs. En mars 2006, le conseil  d'administration de la Juventus a félicité la triade pour avoir «façonné un modèle de gestion sobre et surtout gagnant». La Stampa (contrôlée par FIAT) a conclu que «dans une ère de catastrophe financière, la triade est un modèle de vertu». Moins de six semaines plus tard, la triade avait démissionné en disgrâce, ainsi que l’ensemble du conseil de la Juventus. Le scandale a porté sur le directeur sportif du club, et bon nombre des épithètes utilisées pour décrire ce qui s'est passé ont utilisé son nom: Moggiopoli, Moggigate, Il sistema Moggi. Bientôt, un système de corruption sordide devait être révélé, construit sur «une coupole de pouvoir marquée par des alliances entre les dirigeants de certains grands clubs, agents et arbitres», comme le disent les juges d'instruction napolitains. A la tête de ce parti se trouvait Moggi, qui avait atteint une position de domination absolue et de contrôle de tout le système du football professionnel grâce au chantage, à la violence psychologique et surtout aux cohabitations de toutes sortes. Selon La Gazzetta dello Sport, Moggiopoli a fonctionné ainsi: le championnat a été contrôlé pas à pas, du marché des transferts au but refusé à la dernière minute, des compensations manquées aux cartons rouges donnés ou non selon le niveau de protection chaque joueur a apprécié.

 

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Capello et Moggi


Le 5 mai, quatre arbitres ont été suspendus. Le lendemain, Luciano Moggi et son fils Alessandro ont été informés qu’ils faisaient l’objet d’une enquête dans le cadre d’une enquête pénale pour la saison 2004-2005. Ils ont été rejoints par neuf arbitres, onze juges de lignes et vingt-et-un autres, la plupart d'entre eux des administrateurs de football de toutes sortes. On soupçonnait que plus de vingt jeux avaient été «ajustés». Franco Carraro, président de la Fédération de football, a démissionné le 8 mai. Deux jours plus tard, Innocenzo Mazzini, son vice-président, a également été suivi de Tullio Lanese, président de l’association des arbitres. Aldo Biscardi, présentateur du forum de discussion processo del lunedl, avait été contraint de démissionner après que Moggi eut l'impression que même les ralentis avaient été contrôlés. Malgré les révélations, lorsque la Juventus a décroché son vingt-neuvième championnat le 14 mai 2006, tout était en place pour les célébrations habituelles: le bus à toit ouvert a été réservé et son itinéraire à travers la ville a été tracé. Des milliers de fans ont fait le voyage jusqu'à Ban pour encourager leur équipe. Dans le stade, tout s'est passé comme prévu. La Juventus a gagné facilement, des bouchons de champagne ont sauté dans le vestiaire et les joueurs ont jeté leurs chemises dans la foule. Le titre de La Gazzetta dello Sport était pourtant inhabituel: «Ils jouent, en quelque sorte, ça a couru, et le lendemain était tout aussi étrange:" La Juve remporte son vingt-neuvième titre ... ou pas? " Sur la Piazza San Carlo à Turin, seuls quelques jeunes fans naïfs se sont réunis pour célébrer. La ville était étrangement calme. Aucun klaxon n'a été klaxonné, peu de drapeaux ont été agités et le bus à toit ouvert a été annulé. Ce même jour, un Moggi en pleurs a déclaré à la presse qu'il quittait le monde du football. Il était devenu évident que les clubs du vingt-neuvième millénaire, et peut-être même leur vingt-huitième (de la saison précédente), pourraient être enlevés. Les célébrations étaient un rituel macabre. Beaucoup de Juventini gardaient la tête baissée. La republication d'un article prémonitoire sur Moggi dans les années 1990 par le célèbre supporter de la Juve Beniamino Placido, qui avait écrit à l'époque que «les fans de la Juventus essaieraient de se froncer les sourcils mais ressentiraient une honte sans fin»....

Le tribunal requerra une relégation en Serie C (troisième division) ainsi qu'une pénalité de 6 points, puis sera finalement rétrogradée en Serie B avec une pénalité de 17 points puis, finalement, de 9 points. Ses titres de champion des saisons 2004-05 et 2005-06 seront annulés, et le titre de la saison sera finalement attribué à l'Inter de Milan . La suite de l'enquête sur Calciopoli montre plusieurs appels de Massimo Moratti, l'ancien dirigeant interiste Giacinto Facchetti, d'Adriano Galliani et d'autres dirigeants italiens à des arbitres et membres de la fédération italienne.

À la suite du départ de nombreux joueurs, notamment Gianluca Zambrotta qui fut révélé par la Juventus, Fabio Cannavaro, à qui la Juventus avait donné une chance de relancer sa carrière à la suite de son expérience désastreuse à l'Inter, Patrick Vieira, Lilian Thuram et Zlatan Ibrahimović, Deschamps donne une chance à des joueurs tels que Claudio Marchisio et Sebastian Giovinco qui représentent l'avenir de l'équipe mais aussi la qualité de son centre de formation. Le 19 mai 2007, en l'emportant sur le terrain de l'Arezzo (5 à 1), la Juventus remontera en Serie A et terminera championne de Serie B un an après les révélations qui déclenchèrent le scandale du Calciopoli. Le 26 mai Didier Deschamps démissionnera du poste d'entraîneur de la Juventus et sera remplacé le 4 juin par Claudio Ranieri.

 

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Buffon

Révélation

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Le 25 août 2007, pour son grand retour en Serie A, la Juventus écrase Livourne sur le score de 5-1 (triplé de David Trezeguet, doublé de Vincenzo Iaquinta). Lors du championnat 2007-2008, l'équipe se battra avec les meilleurs. De nouveaux talents écloront comme Antonio Nocerino ou Raffaele Palladino. Les anciens sont restés et une grande équipe est alors construite, capable de battre l'Inter de Milan, l'AC Milan ou l'AS Roma. Alessandro Del Piero, emblème du club, devient le joueur ayant disputé le plus de matches avec la Juventus.

La saison 2007-2008 voit la Juventus revenir définitivement vers le podium. David Trezeguet, manifestement très efficace, devient le plus grand buteur français de l'histoire de la Serie A, passant devant Michel Platini. Pavel Nedvěd reste un terrible milieu offensif, et Del Piero, 34 ans, est au sommet de sa forme. Del Piero et Trezeguet, 21 et 20 buts, sont les deux meilleurs buteurs de Serie A. La Juventus finit troisième du Championnat, derrière l'Inter et l'AS Roma, elle se qualifie donc pour le 3e tour préliminaire de la Ligue des champions.

Durant le mercato estival, la Juventus montre son envie d'être compétitive : elle est très active sur le marché des transferts et renforce son effectif en vue de la Ligue des Champions. En plus de l'attaquant Amauri, du défenseur Mellberg et du rugueux milieu de terrain Poulsen, la Juve compte également faire confiance à ses jeunes joueurs et plus particulièrement Marchisio, Giovinco, ou encore De Ceglie. Ceux-ci auront tous un rôle important à jouer lors de la nouvelle saison. Tout comme le Suédois Albin Ekdal.

Lors de leur retour en Ligue des Champions après deux ans d'absence, la Juventus montrera des difficultés à battre le Zénith Saint-Pétersbourg, mais finira par gagner ce match grâce à un coup franc botté par le capitaine Alessandro Del Piero qui, une fois de plus, montrera son importance pour l'équipe. Elle battra par la suite le Real Madrid par deux fois avec, encore une fois, trois buts du capitaine Del Piero qui recevra une standing ovation mémorable dans le stade du Real par les supporters du club espagnol. En ce mois de novembre 2008, malgré son âge, Del Piero était redevenu l'un des plus grands d'Europe. Elle se fera ensuite éliminer sur le fil contre Chelsea, finissant comme l'une des meilleures équipes européennes de cette année 2009. Finissant 2e du championnat malgré des victoires en cours de saison contre l'AS Roma et l'AC Milan, elle prépare la suite en remplaçant Ranieri par Ciro Ferrara sous la pression des tifosi juventini. En 2009-2010, malgré une équipe admirable sur le papier, (arrivée de Diego ou encore Felipe Melo), les blessures et une incapacité à se mettre dans une dynamique positive enlèvent tout espoir au club de réaliser les objectifs fixés. Ciro Ferrara en sera la première victime et se fera remplacer le 29 janvier 2010 par Zaccheroni. À la fin de cette saison catastrophique (le club sera l'une des équipes ayant eu le plus de joueurs blessés de toute l'Europe durant la saison), la Juve finira 7e, une place indigne pour un tel club mais méritée au vu des piètres performances de ses joueurs durant toute la saison. Seule une place pour le 3e tour de qualification de la Ligue Europa 2010-2011 sera la récompense d'une saison que les tifosi bianconeri préfèreront oublier.

 

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Fabio Paratici , Pavel Nedved and Andrea Agnelli

 

La saison 2010-2011 marque un total renouveau pour la Juventus avec l'arrivée d'Andrea Agnelli aux commandes qui succède à Jean-Claude Blanc. Le 19 mai 2010, Giuseppe Marotta (qui avait permis à la Sampdoria d'accrocher la 4e place synonyme de Ligue des Champions) est nommé officiellement nouveau directeur sportif général et prend ses fonctions le 1er juin[112] avec Fabio Paratici comme bras droit. Il est accompagné de Luigi Del Neri (qui quitte également la Sampdoria) qui devient le nouvel entraîneur de la Vieille Dame. Malgré de bons résultats en première partie de championnat, la Juventus reste fébrile sur la scène européenne et quitte prématurément la Ligue Europa au stade de la phase de groupe, éliminée par Manchester City et les Polonais du Lech Poznań, deuxième. Le club enchaîne ensuite les mauvais résultats et décide de renforcer son attaque lors du mercato avec le prêt d'Alessandro Matri en provenance de Cagliari Calcio, mais elle ne réussira pas à se qualifier pour la ligue des champions en terminant septième, Luigi Del Neri est alors remercié pour faire place a Antonio Conte

Avec la saison 2011-2012, la Juventus débute un cycle de 7 Scudetti consécutifs. La Juventus attaque en effet la saison 2011-2012 avec un nouvel entraîneur, Antonio Conte, et recrute Andrea Pirlo. La Juventus remporte le championnat sans perdre le moindre match mais échoue néanmoins en finale de la Coupe d'Italie, s'inclinant 2-0 contre Naples. Elle remporte le championnat avec 4 points d'avance sur le Milan AC et avec la meilleure défense (20 buts encaissés), réussissant ainsi un retour au sommet après les deux années consécutives à la septième place. Nous sommes en 2018, l'entraineur se nomme maintenant Massimo Allegri et la Juventus attaque un huitieme titre consecutif.......

A SUIVRE...........

 

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Chiellini, Allegri

 

 

PALMARES

 

Révélation

2018
Champion de Serie A
2017
Champion de Serie A
2017
Finaliste de la Ligue des Champions
2016
Champion de Serie A
2015
Champion de Serie A
2015
Finaliste de la Ligue des Champions
2014
Champion de Serie A
2013
Champion de Serie A
2012
Champion de Serie A
2003
Champion de Serie A
2003
Finaliste de la Ligue des Champions
2002
Champion de Serie A
1998
Finaliste de la Ligue des Champions
1998
Champion de Serie A
1997
Champion de Serie A
1997
Finaliste de la Ligue des Champions
1996
Vainqueur de la Ligue des Champions
1995
Finaliste de la coupe de l'UEFA
1995
Champion de Serie A
1993
Vainqueur de la coupe de l'UEFA
1990
Vainqueur de la coupe de l'UEFA
1986
Champion de Serie A
1985
Vainqueur de la Coupe d'Europe des Champions
1984
Champion de Serie A
1984
Vainqueur de la Coupe des Coupes
1983
Finaliste de la Coupe d'Europe des Champions
1982
Champion de Serie A
1981
Champion de Serie A
1978
Champion de Serie A
1977
Vainqueur de la coupe de l'UEFA
1977
Champion de Serie A
1975
Champion de Serie A
1973
Champion de Serie A
1973
Finaliste de la Coupe d'Europe des Champions
1972
Champion de Serie A
1971
Finaliste de la coupe de l'UEFA
1967
Champion de Serie A
1965
Finaliste de la coupe de l'UEFA
1961
Champion de Serie A
1960
Champion de Serie A
1958
Champion de Serie A
1952
Champion de Serie A
1950
Champion de Serie A
1935
Champion de Serie A
1934
Champion de Serie A
1933
Champion de Serie A
1932
Champion de Serie A
1931
Champion de Serie A
1926
Champion de Serie A
1905
Champion de Serie A

 

 

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STADE

Historique (en Italien)

 

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Juventus Stadium

 

ARCHIVES SCANS

Révélation

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BALLONS D'OR


Plusieurs joueurs de la Juventus
(officiellement 6 mais officieusement 7 si l'on compte Fabio Cannavaro en 2006)
ont obtenu le Ballon d'or lorsqu'ils évoluaient au club.
Jusqu'en 2007, Le club disposait du plus grand nombre de Ballons d'or (8), avant d'être égalé par l'AC Milan puis dépassé par le FC Barcelone en 2013:
  Omar Sívori en 1961
 Paolo Rossi en 1982
 Michel Platini en 1983, 1984 et 1985
 Roberto Baggio en 1993
 Zinédine Zidane en 1998
 Pavel Nedvěd en 2003
 
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À noter également que 5 joueurs ont également fini à la 2e place du classement

(Dino Zoff en 1973, Salvatore Schillaci en 1990, Roberto Baggio en 1994, Zinédine Zidane en 2000, Gianluigi Buffon en 2006)

et 3 à la 3e place (John Charles en 1959, Zbigniew Boniek en 1982 et Zinédine Zidane en 1997).

 

Gaetano Scirea

1953/1989

 

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VIDEOS

La Grande Storia Della Juventus

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ANCIEN TOPIC

 

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A part 79, ils ont jamais trop dérivé du logo. Et encore, 79 ça reste assez proche du logo. Mais alors le 2017, je m'en remet toujours pas et je ne suis même pas un supporter assidu du club. Juste un fan du club.

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Dans une modernisation je suppose que l'idee est que les rayures du shirts forment le J. Changement trop radical et un peu simple dans l'evolution. Ca sent l'arnaque style 200000€ la realisation du design fait en dix minutes

 Et l'ovale qui entourait d'habitude manque terriblement

Modifié par twb22

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Il y a 6 heures, twb22 a dit :

Ca sent l'arnaque style 200000€ la realisation du design fait en dix minutes

 

Mais clairement. Puis je vois la gueule du mec qui a fait ça, un imberbe à lunette qui va te vendre ses conneries "la courbure du J rappelle la cambrure du zèbre et on a choisi d'enlever l'ovale pour libérer le logo." middle-finger-emoji-small-260815.jpg

 

Pédale va. Le zèbre me manque.

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Ce changement d'écusson, c'est une démarche pour faire de la Juve une sorte de marque, une virgule à la Nike. Tout ça est très bien réfléchi, même s'il peut ne pas plaire à certains.

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Moquez-vous en tout cas c'est bien fait, logo moderne par excellence,  futuriste même. La Juve sait que le football est en train d'entrer dans une ère nouvelle. Je ne serais pas étonné que d'autres grands clubs suivent le mouve.

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Je trouve pas du tout que c'est bien fait. C'est juste un J à la va-vite, rien d'impressionnant.

 

J'arriverai pas à imaginer le Real avec un simple minable RM, c'est la même chose.

Fin bon je sais pas, ce nouvel écusson m'a plus fait rager que les supporters de la Juve eux-mêmes :laughing: 

J'espère que le mouvement ne sera pas suivi comme tu dis. Moderniser le logo ça me va, mais pas tout chambouler.

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Le 12/09/2018 à 5:03 PM, Jean-Michel a dit :

La plus grande page de l'histoire de ce club :

 

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Je sais qu'il ne faut pas te prendre au sérieux, mais ça me fait rire les gens qui pensent ceci, j'ai l'impression qu'il parle du PSG avec neymar...

Cette pensée la plupart du temps émane de la nouvelle génération.

 

En terme de marketing, ce transfert nous fait un bien fou, et nous aide à retrouver les sommet médiatique et marketing que le club n'a plus atteint après le complot de 2006, mais tu était sûrement trop jeune donc tu n'as pas conscience de ce qu'était la Juventus avant 2006.

 

Et effectivement la Juventus est l'un des top3 clubs a avoir eu le plus de ballons d'or, donc nous sommes habitués à avoir ce genres de joueurs... Platini; Zidane; Sciera; Baggio; Del Piero et Nedved entres autres, je pourrai continuer la liste est effectivement très longue.

Modifié par Yuventus

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Il y a 21 heures, Masta-Masta a dit :

Ce changement d'écusson, c'est une démarche pour faire de la Juve une sorte de marque, une virgule à la Nike. Tout ça est très bien réfléchi, même s'il peut ne pas plaire à certains.

Le mec s'est pas fait chier. Sur Pintinterest

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il y a 22 minutes, Pauleta.48 a dit :

Oh l'******, non seulement il a pondu une merde, mais en plus il l'a pompé.

 

Sortie de son contexte cette phrase peut être douteuse :ninja:

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Il y a 11 heures, Pauleta.48 a dit :

Oh l'******, non seulement il a pondu une merde, mais en plus il l'a pompé.

Ce que Melenchon a dit sur Hollande lors de l'élection de Macron ? :thiriez:

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Douglas costa va prendre teeeeellement cher.

coup de coude, crachat et coup de tête...

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