Le président de la Ligue du Portugal (LPFP), Valentim Loureiro, et 26 autres personnalités du football portugais ont été formellement mis en examen dans une vaste affaire de corruption présumée révélée en 2004. Seize arbitres sont notamment impliqués dans l'affaire dite du «#isifflet doré#i», qui porte sur 29 matches du club Gondomar, alors en D2, pendant la saison 2003/2004. Le ministère public a accusé M. Loureiro, également maire de la ville de Gondomar, de 26 crimes de corruption active sous forme de complicité et de deux crimes de malversation.
La justice lui reproche notamment d'avoir payé des arbitres afin qu'ils agissent en faveur de l'équipe de sa ville et lui permette d'être promue. L'ancien président du club de Gondomar, José Luis Oliveira, également mis en examen, était chargé de choisir, au nom de M. Loureiro, les arbitres chargés de diriger les rencontres de son club. Les mises en examen font suite à presque deux ans d'enquêtes et reposent sur quelque 15 000 heures d'écoutes téléphoniques dont la presse portugaise a reproduit jeudi quelques extraits.
Le FC Porto de 2004 dans le dossier
José Antonio Pinto de Sousa, ancien président de la commission d'arbitrage de la Fédération portugaise(FPF), ainsi que plusieurs autres membres de cette entité, sont également accusés de plusieurs crimes de corruption active et passive. Ils auraient reçus de nombreux cadeaux, «des objets en or», en échange de faveurs dans le domaine de l'arbitrage. Dans le cadre de cette affaire seize personnes, responsables sportifs ou arbitres, avaient été interpellées en avril 2004. M. Loureiro est également soupçonné d'avoir joué de son influence auprès de la commission d'arbitrage pour aider le FC Porto afin d'atténuer des sanctions frappant des joueurs du club. Ces faits remontent à la saison où l'équipe, alors dirigée par José Mourinho, avait remporté la Ligue des champions aux dépens de Monaco.
L'influence du responsable de la Ligue professionnelle aurait même atteint la sphère politique. Il aurait fait en sorte que M. Pinto de Sousa intègre un voyage officiel de l'ancien Premier ministre José Manuel Durao Barroso, actuel président de la Commission européenne, au Mozambique. Le président du FC Porto, Jorge Pinto da Costa, avait été mis en examen dès 2004. Il avait été inculpé de trois délits de corruption active et de trafic d'influence, puis libéré sous caution de 125 000 euros en octobre de cette même année.
Le procureur du tribunal de Gondomar le soupçonne de plus de crimes de corruption passive et de falsification de documents et d'avoir usé de son influence dans la nomination et le choix d'arbitres pour la saison 2003/2004. N'ayant pas de compétence pour traiter des faits s'étant produits en dehors de sa juridiction, il a recommandé aux tribunaux de Lisbonne et de Porto d'ouvrir une enquête sur les agissements de M. Pinto da Costa.


