L'analyse de Pierre Menes (trouvé sur le blog Yahoo!)
Citation
Par ici la sortie... On le craignait tous, les Bleus l'ont fait. Les vice-Champions du Monde ne verront pas les quarts de finale et terminent à la dernière place de ce groupe C. Le bilan comptable est déjà terrible : un point, six buts encaissés, un seul marqué. Mais c'est surtout l'impression générale laissée par les Bleus qui est sans doute la plus désolante.
Alors d'accord, avec la blessure de Ribéry, le péno, l'expulsion d'Abidal et le but, ça faisait quand même beaucoup d'événements contraires en peu de temps et on pouvait difficilement faire pire. Mais ça n'explique pas tout, loin de là. Moi, ce sont les choix de Domenech dans ce match crucial qui m'attristent le plus.
Quand t'es mené au score et que tu sais que tu dois marquer deux fois, comment est-il possible de faire sortir Nasri pour faire rentrer Boumsong ? Ce changement a eu pour seul effet d'amoindrir notre secteur offensif. Ah par contre, on était bien en place, à 6 derrière ! Mais devant, avec Govou et Benzema qui bouffaient la craie et Henry tout seul dans l'axe, comment veux-tu marquer deux buts à l'Italie ?
Je sais pas moi, mais à un moment donné dans cette situation tu fais sortir un milieu, tu passes à trois derrière, tu prends un risque pour tenter de renverser la situation, quoi. Pareil en fin de match : faire rentrer Anelka (enfin, le fantôme d'Anelka), pourquoi pas ? Mais dans ce cas tu fais sortir un mec de derrière, pas un autre attaquant (Govou, en l'occurrence) !
Ca c'est vraiment un truc que je ne comprends pas et c'est surtout un reproche global et éternel que je ferai à Domenech : il ne prend jamais de risque. Sauf que parfois, trop de calcul tue le calcul. Je me rappelle du post publié juste après la défaite de l'équipe de France face à l'Espagne, j'avais écrit un truc du genre : "Pour pouvoir gagner un match, il faut parfois accepter de pouvoir le perdre". Ca, Raymond ne l'a jamais compris.
Alors je suis peut-être un peu naïf (ou idéaliste, au choix), mais j'aurais aimé qu'on perde avec un peu plus de panache que ça. Avoir de grands joueurs devant ne suffit pas à marquer. Il faut aussi que l'équipe dans son ensemble soit animée par l'envie d'aller vers l'avant, impulse cette idée.
On aura toujours l'excuse d'avoir joué à 10 pendant plus d'une heure, mais le nombre d'occasions est encore famélique ce soir. La volée et la frappe enroulée de Benzema sont les deux plus nettes. C'est peu. Trop peu à ce niveau. En 2002, l'équipe de France avait été suffisante. En 2008, elle était juste insuffisante.
Après ce fiasco, il est déjà temps de se tourner vers l'avenir. Rien ne devrait bouger avant le conseil fédéral du 3 juillet, mais il y a fort à parier que beaucoup de choses devraient se passer dans les semaines qui viennent. En attendant, on va quand même continuer à suivre cet Euro.