Lennon, guerrier du Celtic
Moteur du milieu de terrain, Neil Lennon doit connaître le proverbe "La patience est mère de toutes les vertus". Pourtant, il existe un aspect de sa carrière dans lequel il ne peut plus s'offrir le luxe d'attendre : la qualification du Celtic FC pour les tours à élimination directe de l'UEFA Champions League. Cet Irlandais est l'unique rescapé de l'équipe du Celtic qui avait découvert la Champions League en 2001/02, sous les ordres de Martin O'Neill, et le milieu de terrain dresse une comparaison entre ces deux campagnes européennes.
Prestations engagéesA l'époque, le Celtic avait débuté par une défaite 3-2 encourageante sur le terrain de la Juventus, soit le même score enregistré à Old Trafford, face au Manchester United FC lors de la 1ère journée. Lors de leur première campagne, les Ecossais avaient affronté des adversaires scandinaves et portugais, le Rosenborg BK et le FC Porto : cette saison, le Celtic se retrouve opposé au FC København et au SL Benfica. Après avoir mené son équipe à la victoire contre le København, Lennon espère que les ressemblances ne s'arrêteront pas là.
Gagner à domicile"Je suppose que tout le monde doit remarquer ces similarités, mais le plus important en Champions League, c'est de s'imposer à domicile", déclarait Lennon à uefa.com. "Cela dit, nous avions remporté nos trois matches devant notre public pendant la première campagne européenne, mais ça n'a pas suffi. Pourtant, en général, neuf points suffisent pour se qualifier. Nous avons bien joué contre Manchester à Old Trafford, mais nous n'en avons pas été récompensés. C'est pourquoi il était important d'obtenir les trois points face à Copenhague : nous devons maintenant nous appuyer sur la confiance accumulée grâce à ces deux rencontres pour gagner le prochain match."
Le test portugaisCe prochain match sera disputé mardi soir à domicile face à Benfica. Lennon, qui a rencontré un grand nombre de clubs portugais lors de ses six saisons au Celtic, sait à quel point ce sont de redoutables adversaires. Si les hommes d'O'Neill avaient battu Porto 1-0 au Celtic Park il y a cinq ans, ils avaient été surclassés 3-0 au match retour. Le Porto de José Mourinho s'était également imposé 3-2 en finale de la Coupe UEFA, alors que le Celtic avait éliminé le Boavista FC, l'autre club de Porto, en demi-finale.
"En profiter""Les deux prochains matches, où nous rencontrons Benfica deux fois de suite, seront très importants pour nous", déclarait le capitaine du Celtic. "C'est une équipe de grande classe, comme elle l'a démontré l'année dernière, en éliminant Manchester United et le Liverpool (FC), pourtant champion en titre. Les clubs portugais savent comment gérer les matches et ils viendront ici pour rebondir. Benfica n'a pas fait un très bon début de championnat et ils sont encore à la recherche de leur dynamique, mais nous pourront peut-être en profiter, tant qu'ils ne sont pas encore à leur meilleur niveau."
Un jeu de passesLa dynamique, ou plus précisément le rythme, Lennon y revient lorsqu'il compare les différentes équipes du Celtic qui ont disputé la Champions League depuis 2001. Si l'ère d'O'Neill a été marquée par la présence physique de joueurs comme Chris Sutton, Henrik Larsson et John Hartson, l'effectif mis sur pied par Gordon Strachan vise à pratiquer un jeu de passes, un jeu plus rapide, à l'image des prouesses d'Aiden McGeady et de Shunsuke Nakamura.
Rythme"Notre première équipe de Champions League était très puissante, très physique. Celle-ci possède plus de rythme. Nous n'avons pas autant d'impact physique que l'équipe précédente, mais quand il a fallu montré que nous avions de la bouteille, contre Copenhague, nous l'avons fait. Il y a beaucoup de jeunes joueurs dans notre équipe qui manquent d'expérience à ce niveau, mais aucun d'entre eux n'a été déboussolé jusqu'ici, ce qui est bon signe. Bien sûr, Thomas (Gravesen), Jan (Vennegoor of Hesselink) et Lee (Naylor) nous aident beaucoup depuis leur arrivée. L'équipe a pris ses marques, et nous construisons une bonne dynamique."
Des hauts et des basDynamique. Lennon insiste sur ce mot. En joueur expérimenté, il sait que le temps joue désormais contre lui. Lennon a réalisé l'un de ses rêves en signant en 2000 pour le Leicester City FC, le club des héros de son enfance. Il est ensuite devenu l'un des joueurs clés de l'équipe du Celtic qui a connu le plus de succès depuis celle de Jock Stein, la légende du club. Si le style combatif de Lennon lui a gagné le c?ur du Celtic, son attachement au club qui revendique clairement son penchant catholique lui a valu les foudres de son pays, l'Irlande du Nord, dont il a été forcé de quitter l'équipe nationale en 2002, à la suite de menaces de mort.
"De grandes ambitions"Lennon possède une histoire très riche avec le Celtic. Pourtant, à 35 ans, il n'exclut pas de poursuivre l'aventure une saison de plus, avec en ligne de mire la plus prestigieuse des compétitions européennes. "J'ai dit que ce serait certainement ma dernière saison au club, mais on verra comment évoluent les choses et si le manager pense que je peux encore apporter quelque chose à l'équipe", déclarait-il. "Je me sens bien, et je prends énormément de plaisir avec cette nouvelle équipe. J'ai une grande ambition, celle de mener mon club en huitièmes de finale de la Champions League. C'est le seul objectif que je n'ai pas atteint depuis que je suis ici : c'est une grande source de motivation pour moi."
Alex O'Henley
UEFA Magazine