La plupart d’entre nous connaissent l’adage populaire stipulant qu’ « il faut souffrir pour être beau »
Cela signifie que lorsqu’un individu n’est pas naturellement gâté par la nature, il est de son devoir de partir à la guerre, d’écumer les salles de sports en enchaînant pompes, tapis, steppers, fonte de manière plus ou moins intensif afin d’acquérir auto-satisfaction, admiration du public et accessoirement multiplier les conquêtes féminines.
Le concept s’applique également au sein de la jungle bestiale et sans pitié qui est le monde du ballon rond et plus particulièrement dans l’hexa(gones) * ; A ce jour, il n’y a guère que l’Olympique Lyonnais qui jouit d’une estime sur le plan purement footballistique au delà de nos frontières. Il n’y a qu’a faire du cas par cas :
Marseille ? Les finales de 1999 et 2004 furent suivis de championnats au mieux poussifs, mais souvent calamiteux compte tenu des moyens du club.
Bordeaux ? Si le club est incontestablement une valeur sûre du pays, il fait autant l’effet d’un cachet d’aspirine à l’échelle Européenne : Indolore pour les adversaires et insipide pour les spectateurs.
Monaco ? Après le pétard mouillé de 2004, élimination devant le Bétis Séville avant même d’avoir commencer la compétition puis…………..le coma sportif.
PSG ? Il n’est pas nécessaire de développer plus.
D’autres comme Auxerre, Lens, Lille, Nantes, Sochaux en leur temps pas si éloigné ont dérangé, contrarié, gêné, importuné, même fait trembler des cylindrées Européennes mais sont à ce jour au mieux en train de vivoter dans cette bonne vieille Ligue 1 orange et au pire en train de fêter leur titre de…champion de France de Ligue 2.
Ce qui nous ramène donc à Lyon, club à la trajectoire linéaire et ascendante par excellence. Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, je persiste et signe à faire l’usage d’un proverbe du terroir afin d’illustrer mon point de vue (qui sera le vôtre lorsque vous aurez achevé d’examiner mon précieux manuscrit) et mettre des images sur les mots : Paris ne s’est pas fait en un seul jour.
Je détourne donc cette maxime à des fins personnelles de façon à décrypter le « modèle » Rhodanien ; En effet avant la prouesse aussi faramineuse que inédite des 7 titres consécutifs, agrémentés d’une coupe nationale, et saupoudrée d’une pincée de trois ¼ de finales de ligue de champions (Je jette volontairement un voile pudique sur les 7 trophées des champions glanés car je ne pense pas qu’il existe parmi les lecteurs, des individus décérébrés au point de considérer cela comme faisant parti du palmarès sportif) , Lyon ne suscitait qu’un regard dédaigneux de la part de l’opinion.Mais en scrutant avec attention l’évolution du club et avec le recul inhérent au poids des années, on constate une formidable constance doublée d’une patience probablement imputable à l’environnement peu hostile du club et à des supporters pas incandescents pour deux sous.
Alors parlons peu mais parlons bien (oui je sais encore un proverbe venu tout droit de France d’en bas) parlons chiffres : dauphin en 95, un trou d’air dans le ventre mou en 96 (finaliste de la coupe de la ligue si on veut chipoter) 8eme à 4 pts du 3eme en 97, 3eme en 98 & 99, second en 2000 et 2001 avec une finale de coupe à la clé et bien entendu donc, l’apothéose des 7 titres à la chaîne alors que le titre avait l’habitude de passer de mains en mains tel une marmite bouillante depuis 94 et l’hégémonie Marseillaise, soit 8 saisons au total sans qu’aucun club ne daigne poser durablement son séant sur le trône.
A ce jour, l’oiseau a fait son nid et personne ne peut considérer Lyon comme un feu de paille mais plutôt comme une météorite arrachant tout sur son passage sur une période bien précise. C’est ce que retiendrons les livres d’histoires et personne ne saurait leur enlever cette prouesse.
C’est la raison pour laquelle il faut obligatoirement souffrir pour être gros ; Comment se montrer optimiste quant à l’avenir proche du Foot Français en voyant Vannes, Guingamp, Châteauroux, Gueugnon, Sedan et autres Calais,Montceau les mines, Amiens squatter le dernier carré des compétitions nationales ? Comment ne pas être sceptique quant à la présence éventuelle de Toulouse, Nancy…au sein de la ligue des champions ?
L’exemple de nos homologues Européens est frappant : Aucune équipe issue de 2eme ou 3eme division de ces championnats ne peut raisonnablement intégrer les derniers carrés des coupes sur plusieurs années, hormis quelques surprises réparties sur plusieurs années. Rares sont les équipes à budgets restreints qui pourront s’ouvrir les portes de la prestigieuse Ligue des champions.
Les championnats voisins de la Ligue 1 ont quelque chose en plus qui fait pencher la balance : des locomotives.
Un fil conducteur de 3,4 équipes qui s’inscrivent sur des cycles long et qui assurent un top 5 sur une période de 3 ans.
Voila pourquoi Toulouse pour prendre un exemple récent, a suscité du mépris c’est parce que personne n’imagine autre chose que de la figuration à l’échelle Européenne, car leur présence dans le top 8 de la Ligue 1 en 2009/2010 reste incertaine.
L’idée n’est pas d’enlever le mérite ou mettre des bâtons dans les pattes à ces clubs, mais plutôt de préparer le terrain afin de l’endurcir et de jauger ce que ces équipes ont dans le ventre sur du plus long terme.
Lyon est passé par la, personne ne peut y échapper.
A l’heure ou la France éprouve toutes les peines du monde à alpaguer des joueurs d’envergure dans ses filets, et ou les seules attractions sont soit des joueurs en fin de cycle, soit des joueurs qui tentent de se refaire la cerise et un nom il est préférable que le championnat compte Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux au sein de son top 5 sur des cycles moyens.
Si tel n’est pas le cas, la, porte n’est pas fermée pour Lille, Rennes, Toulouse, Nancy, Valenciennes etc…mais ils devront accepter le scepticisme ambiant afin de grandir. La loi de la proportionnalité veut que le budget augmente au fur et à mesure que les succès s’enchaînent…partant de la, les 5 clubs précédemment cités n’auront plus de raison de manquer de moyens et être considérés comme des « petits » et j’accepterai volontiers de mettre le PLM au rayon des antiquités mais avant il faudra s’inscrire sur la durée, c’est la condition sine qua non pour gagner le respect. Comme Lyon.
Je parle de respect concernant Lyon mais il convient de rappeler qu’ils sont régulièrement raillés pour leurs difficultés à intégrer le dernier carré de la plus prestigieuse compétition Européenne. Personne ne peut leur faire de quolibets sur le plan national, donc on se « venge » en leur mettant sous les yeux leur bilan sur le plan continental…c’est aussi comme ça que l’on voit si un club grandit ou non. Et si Lyon a planté son drapeau sur le sol Français, il convient désormais pour eux de poser leur empreinte un peu partout en Europe,l’appétit viens en mangeant (suite et fin des proverbes de bistrot à la con,promis ).
Et bien voila les dès sont jetés : Dans le Foot, lorsque on subit un échec on peut reprendre une nouvelle feuille et réécrire une nouvelle page, il n’y a pas de vérité préétablie (doit on rappeler que la Grèce s’est adjuger l’Euro 2004 ?).
Il convient donc pour les clubs dits outsiders de Ligue 1 de prouver aux sceptiques qu’ils se fourvoient en émettant des doutes quant à leur compétitivité sur le plus long terme.
Mais pour cela, il va falloir souffrir.
Décidément, il faut souffrir pour être gros.
EDIT : Merde,je viens juste de voir la partie rédaction.
Je corrige,ça désolé.
* J'ai involontairement fait un jeu de mot en rapport avec ma chronique, ah ah ah c’est comique !
