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Robert Louis-Dreyfus, le ballon rond dans le sang
Samedi soir, Robert Louis-Dreyfus s’est éteint à l’âge de 63 ans d’une leucémie. L’actionnaire principal de l’OM et président du Groupe Louis Dreyfus était un véritable amoureux de football, très attaché à l'OM.
Un homme en tongs, un large sourire sur le visage, en train de danser, de gambader même devrait-on dire sur la pelouse du Stade Vélodrome. Nous sommes le mardi 23 août 2005 aux alentours de 23 heures. L’OM vient de remporter la Coupe Intertoto et de se qualifier pour la Coupe de l’UEFA. La Corogne a mordu la poussière, 5-1. Le Vélodrome est en fusion. Cet homme sur la pelouse qui exulte de bonheur, c’est Robert Louis-Dreyfus, actionnaire majoritaire de l’Olympique de Marseille et président du Groupe Louis-Dreyfus. C’est certainement l’une des images que le public marseillais gardera de lui.
L’homme d’affaires suisse s’est éteint samedi, en fin d’après-midi. La leucémie qui l’a terrassé l’avait déjà poussé à déserter les terrains de Ligue 1 depuis de longs mois. RLD ne pouvait plus venir aux stades et gérait, quand sa santé le lui permettait, toutes les affaires courantes depuis la Suisse, de Zürich très exactement.
C’est en 1997 que la mairie de Marseille propose à cet amoureux du ballon rond de reprendre les commandes de l’OM, en tant qu’actionnaire principal. Difficile pour RLD de refuser. Marseille, sa Canebière, sa passion pour le foot… L’héritier de Léopold Louis-Dreyfus, un richissime commerçant de grains de la fin du 19e siècle, avait là l’occasion d’assouvir son envie d’intégrer le monde du football. A Marseille, il sera servi.
Diouf : « Il était très malade »
Les moments de gloire et les périodes pénibles ne manquent pas. De titres à l’OM, RLD n’en a connu qu’un. Cette fameuse Coupe Intertoto en 2005. Il y aura bien eu deux épopées européennes, deux finales perdues face à Parme en 1999 et devant Valence en 2004. Des mano a mano alléchants pour le titre de Champion, avec Bordeaux en 1999 puis en 2009, en mai dernier, toujours face au même adversaire.
Il y a également eu les conflits en interne à régler, à l’image du dernier, entre Vincent Labrune, le président du directoire de l’OM et Pape Diouf, le président du club. RLD avait dû trancher entre les deux hommes, en défaveur de celui qui avait, durant cinq ans, stabiliser le club dans les hautes sphères du classement. Pape Diouf confiait même récemment à l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’à l’issue de l’entretien scellant son départ, Robert Louis-Dreyfus était « en pleurs ». L’ancien président du club phocéen n’avait pas omis de préciser qu’à l’époque, l’actionnaire principal du club était « très malade. »
RLD avait dû également, en douze ans d’actionnariat, se présenter aux tribunaux dans le cadre de l’affaire des comptes de l’OM. Il avait même été condamné à trois ans de prison avec sursis et à 375 000 euros d’amende en juin 2006. Un premier appel auprès de la Cour d’Aix-en-Provence avait vu sa peine être réduite à dix mois et 200 000 euros d'amende. Toujours avec sursis. Le rejet du pourvoi en cassation de cette condamnation le 22 octobre 2008 entérinait définitivement cette sentence.
L’ancien PDG d’Adidas et de Salomon, diplômé de l’EDC (Ecole des Dirigeants et Créateurs d’entreprise) et du MBA Harvard Business School, naturalisé suisse en 2005, était également administrateur et actionnaire de la formation belge du Standard de Liège. C’était d’ailleurs avec ce club que RLD avait remporté ses plus grands titres sur la scène footballistique avec deux trophées de champion de Belgique (2008, 2009). A 63 ans, la leucémie dont il souffrait depuis plusieurs années, l’a emporté, le privant des instants de gloire dont il rêvait lors de son arrivée aux manettes de l’OM.