
En ce mois de septembre 2009, Raymond Domenech vit peut-être ses derniers jours dans le costume de séléctionneur de l'équipe de France de football. Plus critiqué que jamais, que ce soit par les médias ou par l'opinion publique, Raymond Domenech agace. Les resultats poussifs des bleus ne sont pas l'unique éxplication de ce désamour. Chronique d'un parcours chaotique...
Le Domenech tout nouveau tout beau
Vendredi 25 Juin 2004, Lisbonne. L'équipe de France de Jacques Santini vient de perdre 1-0 face à la Grèce, et quitte l'Euro portugais par la petite porte. Santini, comme annoncé avant même le début de la compétition, quitte son poste. De nombreux prétendants au poste seront cités parmi les successeurs potentiels, mais très vite, deux d'entre eux vont se dégager: Laurent Blanc et Jean Tigana. Mais après le fiasco Santini, la FFF veut reprendre la main, et les deux prétendants présentent le "défaut" de ne pas faire partie du sérail fédéral... Un 3 ème homme en profite pour s'engouffrer dans la brèche: Raymond Domenech. Séléctionneur des éspoirs depuis 1993 et déja postulant en 2002 après le départ de Roger Lemerre, il présente l'avantage de faire parti de la DTN, ce qui ne laisse pas Claude Simonet (Encore président à l'époque) insensible. Le 12 juillet 2004, il est nommé nouveau séléctionneur de l'équipe de France. Sa mission est claire: qualifier les bleus pour la Coupe du Monde 2006, qui se déroule en Allemagne. Très rapidement, il affiche clairement son intention de tourner une page, et de reconstruire l'équipe de France avec des jeunes: « Ne rien changer, ne rien tenter conduirait à monter directement à l'échafaud. Il faut changer les habitudes et donc il faut changer les gens. L'équipe de France n'appartient à personne.» L'opinion publique, qui commence à s'agacer des caprices et du niveau de jeu de la génération 1998, n'y trouve rien a redire. Renforcé par la fabuleuse épopée de l'AS Monaco en Champions League, et l'avènement de joueurs comme Patrice Evra et Jérôme Rothen, l'optimisme règne. Avec son résèrvoir de jeunes joueurs talentueux, les bleus, conduits par un homme ayant eu entre les mains tout les talents français depuis 11 ans en équipe de France éspoirs, n'aura aucun mal a reconstruire une équipe compétitive. Et la relative faiblesse du groupe de qualifications qui attend les bleus conforte tout le monde. Mais les désillusions ne tardent pas...
Des débuts calamiteux
Raymond Domenech étrenne sa nouvelle fonction un soir d'aout 2004, lors d'un match amical contre la Bosnie, à Rennes. Première surprise: l'équipe de France, qui a culturellement toujours évolué en 4-4-2 ou en 4-5-1, affiche ce soir là un improbable 3-5-2. A l'occasion de cette rencontre, quelques joueurs font leurs débuts ches les bleus, comme Eric Abidal, Patrice Evra et Sébastien Squillaci. Le score final est de 1-1. Anécdotique pense-t'on alors, mais ce match annonce une longue période d'incompréhension et d'incohérence dans le jeu de l'équipe de France. Le début des éliminatoires du Mondial 2006 ne sont pas fameux: 0-0 contre l'EIRE et l'Israel, victoire poussive 2-0 aux Iles Féroé. Ajoutons à cela un autre match nul et vierge contre la Pologne en amical. Les premières critiquent fusent. Le jeu proposé est indigent, l'équipe de France ne marque pas, et semble cruellement manquer de leaders. Durant l'automne 2004, Robert Pires est le premier a dégainer. Lors d'un entretien accordé au journal l'Equipe, il lache: "Avec Domenech, on déchante". Puis ajoute: "Il paraît que nous sommes, nous, les Gunners, les futurs piliers de la sélection, mais on ne nous le fait pas sentir. C'est même tout le contraire. On aurait besoin que Domenech nous libère, or, il nous crispe par ses attitudes, ses paroles, ses commentaires". Et enfin: "Sincèrement, je pense que personne n'a compris ce que le coach faisait." Mais Domenech, déja, cherche a relativiser les problèmes, les polémiques, et insiste sur le fait que l'équipe de France est en reconstruction. En tout cas, les resultats du printemps 2005 ne sont guère rassurants. En juillet 2005, la France occupe la 4 ème place de son groupe, et devra jouer sa peau durant l'automne, contre l'EIRE et la Suisse. Les différents partenaires et diffuseurs des bleus craignent une débacle, et mandatent Jean-Pierre Escalettes, nouveau président de la FFF, pour faire préssion et obliger Domenech a faire revenir les cadres (Cette version officieuse ne sera connue que quelques mois plus tard). Domenech doit renoncer à toute une politique et mettre ses envies de rajeunissement des troupes au placard. Il encaisse sans broncher, mais est déja déstabilisé par cet affront. Les bleus finissent par se qualifier dans la douleur pour le mondial, mais leur séléctionneur parait de plus en plus fragilisé, et Jean-Pierre Escalettes sera obligé à plusieurs reprises de renouveller publiquement sa confiance à Raymond Domenech.
2006: Le miracle allemand et l'état de grâce
C'est donc une équipe de France en plein doute qui débarque en Allemagne pour y disputer une Coupe du Monde dans laquelle un nouveau fiasco lui semble promis. L'affaire Coupet/Barthez et la bléssure de Djibril Cissé n'arrangent rien. 0-0 pathétique contre la Suisse, 1-1 contre la Corée. La sortie est proche, et cela ne fait désormais plus aucun doute: Raymond Domenech officiera pour la dernière fois contre le Togo. Mais les bleus se qualifient de justesse pour les huitièmes de finale en gagnant 2-0. Contre d'impréssionnants espagnols, personne ne se fait d'illusions sur le sort des bleus. Mais la encore, les bleus s'en sortent miraculeusement au terme d'un match bien maitrisé, ou l'orgueil de certains cadres (Comme Zinédine Zidane, qui semblait ce jour la porté par le désir de le voir disputer son dernier match affiché par les médias espagnols), permet aux bleus d'accéder aux 1/4, où, l'équipe de France bat de façon magistrale le Brésil, grand favori de la compétition. Le miracle se termine par une victoire poussive contre le Portugal en demi finale. Les bleus sont en finale de la Coupe du Monde, et Raymond Domenech, qui donnait rendez-vous à tout le monde le 9 juillet 2006 dès sa prise de fonction 2 ans plus tôt, semble touché par la providence. Malheureusement, le rêve se transforme en cauchemard avec la défaite contre l'Italie en finale. Mais Raymond Domenech, attaqué par les médias depuis des mois, tient sa revanche et savoure. Durant quelques mois, plus de polémiques, plus d'incompréhensions. La France débute bien sa campagne qualificative, le jeu est au rendez-vous, est Domenech profite de ce qui ne sera finalement qu'un simple sursis...
2008: Un fiasco et un mariage
Lors du tirage au sort de la phase de poules de l'Euro 2008, qui se déroule en décembre 2007, la France tombe dans le groupe de la mort, en compagnie des Pays-Bas, de l'Italie et de la Roumanie. Mais qu'importe, les bleus, qui restent sur une finale mondiale, ne craignent personne, et débarquent confiants en Suisse. Mais c'est un spectacle de désolation qui s'offre aux spectateurs et téléspectateurs du match innaugural du groupe contre la Roumanie. Une rencontre d'une pauvreté technique affligeante, dans laquelle la France ne cadre qu'un seul tir, qui s'apparente plus à une passe, par Karim Benzema. Suit l'humilliation contre les Pays-Bas (4-1), et le bouquet final d'un feu d'artifice de nullité, contre l'Italie (2-0). Deux défaites, un match nul, un seul but marqué. Une impréssion de déja vu... Mais le plus pathétique reste à venir. Quelques minutes après la débacle, Raymond Domenech s'éxprime. Alors que des millions de français attendent des éxplications du séléctionneur, celui ci ne trouvera rien de mieux a faire, en direct sur M6, que demander sa compagne en mariage: Estelle Denis, présentatrice de l'émission dans laquelle il s'éxprime! La provocation de trop. Le peuple demande sa tête. Raymond Domenech s'éxcuse et reconnait avoir commis une erreur, mais le mal est fait. Une fois de plus, le sort de Domenech ne fait aucun doute. Mais une fois de plus, il est miraculé. Lors du conseil fédéral du 3 juillet 2008, Raymond Domenech est maintenu, à l'issue d'un vote à main levée! A quelques mois des éléctions présidentielles de la FFF, la politique des copains a parfaitement fonctionné, et le sort de l'équipe de France semblait être bien anécdotique aux yeux de la vingtaine de personnes responsable de cette absurdité... Nous voila donc repartis pour un tour.
2009: Une Afrique du Sud si lointaine...
Raymond Domenech s'en est donc une nouvelle fois sorti. Mais certaines conditions lui furent malgré tout imposées: La communication, catastrophique jusqu'ici, doit être revue, et le jeu proposé doit être plus offensif. Il encaisse, accepte. Tout le monde tombe dans le panneau. Car plus d'un an après, rien a changé. La communication du séléctionneur reste floue. Il est trop souvent évasif sur les quéstions tactiques, et trop souvent replié sur lui même après les quéstions qui fachent. Il garde son habitude de botter en touche quand les quéstions ne lui conviennent pas. Raymond Domenech ne dit rien, et ses conférences de presse ne sont plus que de pitoyables numéros d'humour. Un humour qui ne fait rire que lui. Septembre 2008, nouveau dérappage: Les bleus viennent de subir une humilliation en perdant 3-1 en Autriche. Pour seule éxplication sur la faiblesse persistante de la défense sur coups de pieds arrêtés, Domenech parle de joueurs dont le seul recours serait de jouer avec des échasses. Une nouvelle fois, les critiques fusent. La courte victoire sur la Serbie, quelques jours plus tard, appaisera à peine la tension palpable. En Octobre, l'équipe de France se déplace en Roumanie. A la mi-temps, les bleus sont menés 2-0 (Avec une nouvelle fois deux buts encaissés sur coups de pieds arrêtés), et Frédéric Thiriez, en "off", lache le morceau à un journaliste: le sort de Raymond Domenech est scéllé. Mais les bleurs reviennent à 2-2 et sont même proches de l'emporter en fin de match. Domenech est confirmé, nouveau miracle. Suivent 2 victoires à l'arrachée contre la Littuanie (1-0) et une préstation inquiétante aux Féroés (1-0). Raymond Domenech semble marcher sur un fil, au dessus d'un précipice qui n'attend que sa chute.
5 longues années de purgatoire
Cela fait donc maintenant plus de 5 ans que Raymond Domenech dirige les bleus. 5 longues années de jeu indigent, de frilosité tactique, et de communication désastreuse. Lors de ses interventions médiatiques, Raymond Domenech donne l'insupportable impréssion de considerer ses interlocuteurs comme des stupides personnes ne comprenant rien à ses méthodes pourtant géniales. Sa déroutante manie de toujours positiver, même après les préstations les plus ridicules agace également. Ses listes contiennent souvent des surprises n'ayant pour unique but de détourner la conversation, et donc de laisser les sujets qui fachent aux oubliettes (Pascal Chimbonda fut la 1 ère victime de cette méthode douteuse). Domenech aime également prendre le public à contre pied, en faisant les choix inverses à ce que l'opinion publique réclame. A moins d'un an du premier mondial disputé sur le sol africain, l'équipe de France n'a toujours pas validé son billet pour l'Afrique du sud, en étant pourtant dans un groupe relativement faible. Raymond Domenech semble être une verrue sur le nez du football français, une verrue dont on n'arrive pas a se débarasser...
