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Un meurtre « aggravé et prémédité » affirme la Procureur dans son réquisitoire
11 janvier 2011
Les quatorze inculpés dans la mort de Brice sont « coupables du crime de meurtre aggravé » et qui était prémédité, a estimé mardi la procureur Gordana Janicijevic, dans son réquisitoire.
S'exprimant pendant plus d'une heure devant la Haute Cour de Belgrade, Mme Janicijevic a évoqué comment, le 17 septembre 2009, « ce groupe de supporteurs (serbes) s'était rassemblé dans le centre de la ville avec pour objectif (...) d'en découdre avec des supporteurs du Toulouse FC », a-t-elle déclaré.
Les supporteurs serbes ont sillonné le centre ville pour trouver des Français et, une fois leur repérage réalisé, ils en ont informé d'autres supporteurs pour converger vers la rue Obilicev Venac, où les supporteurs français étaient attablés à la terrasse d'un café, a expliqué la procureur.
Aux cris de « Toulouse, Toulouse », les supporteurs ont « attaqué, frappé et mis le feu à des visages et à des corps », a indiqué Mme Janicijevic. Les dépositions de témoins lors du procès avaient évoqué l'agression commise à l'aide de battes et de torches fumigènes.
« Ils ont frappé Brice Taton alors qu'il gisait à terre, lui ont marché sur les mains alors qu'il demandait pitié et l'ont jeté, grièvement blessé, d'un escalier », a-t-elle poursuivi.
« Après avoir entendu l'ordre « c'est fini », ils (les inculpés) se sont éloignés des lieux et sont partis calmement suivre le match », a indiqué la procureur.
Relevant les nombreuses « contradictions et changements » dans les dépositions des inculpés, Mme Janicijevic a déploré qu'aucun témoin n'ait décrit la façon dont Brice a été blessé.
« Il est clair que les témoins, y compris ceux qui étaient protégés, avaient peur de témoigner, ce qui prouve le caractère organisé de ce groupe de supporteurs », a-t-elle poursuivi, décrivant l'agression comme « une manifestation de force qui détruisait tout sur son passage, ignorant les valeurs humaines ».
L'avocat serbe de la famille de Brice, Me Slobodan Ruzic, a réclamé pour sa part des peines maximales pour les inculpés et un dédommagement de 200 000 euros pour la famille.
Les inculpés risquent une peine de 30 à 40 ans d'emprisonnement. Deux d'entre eux sont toujours en cavale.
(source AFP)
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Le verdict attendu dans les jours qui viennent
jeudi 13 janvier 2011, 12:25
Les plaidoiries des nombreux avocats de la défense doivent se poursuivre ce jeudi, puis mardi, avec un verdict possible en fin de semaine prochaine ou dans les jours qui suivront.
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La mère de Brice s'adresse à la Cour : un témoignage émouvant
jeudi 13 janvier 2011, 12:23
Dans une émouvante intervention lue devant la Cour, Suzanne, la mère de Brice, a souhaité exprimé ses sentiments et ceux de sa famille. Voici quelques extraits :
« Contrairement à ce qui a pu être affirmé ici-même et dans certains media, Brice n'a jamais été le meneur d'un quelconque mouvement ultra. Sa passion pour le foot et son attachement au TFC n'ont jamais donné lieu à la moindre action violente de sa part. Brice n'était pas un garçon agressif et il n'a jamais cherché la bagarre avec qui que ce soit, ça n'était pas dans son tempérament et il était bien connu pour cela. Bien sûr, il connaissait la réputation de certains supporters serbes ultra-violents, mais le fait même qu'il n'ait pas hésité à se rendre à Belgrade montre bien qu'il n'aurait jamais imaginé qu'un tel acte de lâcheté et de barbarie puisse se produire et encore moins qu'il ait pu en être la cible.
Ce voyage à Belgrade était avant tout pour lui et ses amis l'occasion de découvrir cette ville et son riche passé historique ; les nombreuses photos de lui prises à Belgrade avant le drame le montrent clairement : il était venu en Serbie autant en touriste qu'en supporter. Ce match était en fait le prétexte à la découverte d'un pays. Brice aimait en effet beaucoup voyager et il avait, avec son petit groupe d'amis, fait le tour de nombreuses villes d'Europe. Je voudrais à ce sujet signaler ici quelque chose qui n'a jamais été souligné devant cette Cour : c'est la première fois, oui, la toute première fois que Brice se rendait à l'étranger pour soutenir son équipe et, malheureusement, il était loin de se douter que ce serait la dernière.
Je voudrais également ici me faire la porte-parole de tous les autres membres de la famille de Brice : ses oncles, ses tantes, ses cousins, ses cousines, qui, tous, étaient extrêmement attachés à lui et l'appréciaient pour sa joie de vivre, son sens de l'humour, sa gentillesse. Tous ont été profondément meurtris par ce geste tellement atroce et inconcevable qu'ils ne parviennent toujours pas à admettre son absence. C'est toute une famille qui a été détruite ce jour là et rien ne pourra venir réparer ce crime abominable. Tous prenaient tellement plaisir à le retrouver lors des réunions de famille que son « départ » si soudain et si tragique a provoqué chez chacun un véritable traumatisme qui a brisé et les cœurs et les esprits. Comment regarder vers l'avenir, comment connaître à nouveau une joie véritable après un acte aussi sauvage, empreint d'une telle lâcheté.
Bien sûr la justice des hommes ne nous rendra pas Brice, mais ce que nous attendons de la Cour, c'est qu'elle honore sa mémoire en réparant tout le mal qui a été fait et en faisant en sorte que tous ceux, oui, tous ceux qui ont pris part, de près ou de loin, à cet acte barbare et prémédité payent le prix fort pour cette vie qui a été enlevée.
Oui, je tiens à le souligner au nom de toute notre famille : pour nous, tous ceux qui faisaient partie de ce commando ce jour-là, oui tous, même s'ils n'ont pas porté les coups mortels, se sont rendus coupables d'une dette de sang du seul fait de leur présence aux côtés des meurtriers. Il ne peut pas y avoir d'innocent dans une opération d'une telle violence, une opération aussi programmée, aussi déterminée, dont le seul but, le but avoué, était de « casser » du Français ».
La mère de Brice a ensuite lu une lettre de la sœur de Brice qui tenait elle aussi à exprimer toute sa peine, toute sa douleur et tout son désarroi.
Source:
http://www.brice-taton.com