Govou, en attendant Malouda






Hier soir, dans un stade du Roudourou plein à craquer, l'équipe de France n'a pas eu à forcer son talent pour venir à bout d'une équipe des Féroé (5-0), certes motivée mais terriblement limitée dans tous les secteurs de jeu.

Govou, la solution à droite...


Revenu depuis quelques semaines de blessure, Sidney Govou était aligné d'entrée par le sélectionneur national, sur l'aile droite. Un choix qui pouvait paraître étonnant mais qui, au demeurant, ne l'était pas vraiment. L'équipe de France ne compte en effet, que très peu "d'ailiers" de métier, en tout cas dans les 23 choisis par Raymond, à l'exception donc du Lyonnais et de son pendant à gauche, Florent Malouda. L'opportunité était donc donné hier soir au premier cité de prouver que sa sélection était méritée et qu'il pouvait apporter un réel plus au sein du collectif des Bleus.

Si son début de match a été plutôt timide, le jeu des Français penchant plus sur le côté gauche, avec un Pat' Evra une nouvelle fois très volontaire sur le plan offensif et un Nico Anelka décrochant régulièrement, la suite des évènements a plaidé en sa faveur. Et démontré combien son apport dans les phases offensives des Bleus était intéressant. En multipliant les appels sur le côté droit, il a permis à l'EdF d'écarter son jeu, et par la même d'étirer un bloc féringien extrêmement regroupé dans l'axe. Ainsi, les centres se sont multipliés (14 en 20 minutes de jeu en 1ere MT), usant progressivement les adversaires des Bleus, et permettant ainsi à la demi-heure de jeu à Gignac d'inscrire le premier but de la France, qui allait en appeler d'autres.

...En attendant Malouda à gauche ?

Certains me diront que Govou n'a fait que son boulot. Mais, cela faisait si longtemps que l'on attendait voir une EdF utiliser bien plus souvent les ailes, histoire de déséquilibrer des équipes souvent à 11 derrière, les user physiquement, pour finalement les atteindre moralement. Pour moi, l'apport de Govou dans le jeu de l'EdF, à défaut d'être visible statistiquement parlant, a été primordial, offrant une solution "nouvelle" au jeu des Bleus. D'ailleurs, à sa sortie, les protégés de Domenech se sont retrouvés devant avec 3 attaquants axiaux (Henry-Anelka-Benzema), et n'ont eu de cesse de bouchonner dans l'axe. Heureusement qu'en face, les Féringiens étaient à bout de souffle, permettant à Benzema et Anelka de faire ce qu'ils souhaitaient dans les 20 derniers mètres.

Si la victoire des Bleus 5-0 n'a finalement aucune conséquence sur l'avenir de l'EDF, elle permet tout de même de retirer un enseignement, à mon sens intéressant et à méditer: Avec un ailier de métier, en l'occurrence Govou hier, le jeu des Bleus est bien plus fluide, moins prévisible, et sacrément plus efficace. Qu'en serait-il si Domenech mettait de côté sa rancoeur contre Malouda, et décidait d'aligner Malouda-Govou sur les ailes ?