Interrogé lors d'une conférence de l'ANLSP (Association des Ligues de sport professionnel), mardi, le président de la Ligue de Football Professionnel Frédéric Thiriez a attaqué les partisans de la suppression du Droit à l'image collective des sportifs (DIC), votée jeudi dernier à l'Assemblée Nationale. Selon lui, le DIC a même « rapporté deux fois plus à l'Etat qu'il ne lui a coûté ».
« Pourquoi les sports professionnels organisent-ils une conférence de presse commune ?
Tous ensemble, nous allons nous battre pour maintenir la seule mesure prise ces dernières années pour redresser un peu, je dis bien un peu, la compétitivité du sport français. Il s'agit d'une remise en cause incontrôlable où la désinformation se mêle à la démagogie. Que de bêtises a-t-on entendues à ce sujet ! En tant qu'avocat, je parlerais d'escroquerie intellectuelle aggravée.
Qu'est-ce qui relève de la désinformation et de la démagogie ?
« Premièrement, on parle de niche fiscale. Ce n'est ni une niche, ni fiscal ! Ce n'est pas une niche, c'est exactement le même régime que pour les auteurs-interprètes. On va supprimer le droit à l'image pour les sportifs, je n'ai pas entendu les parlementaires évoquer sa suppression pour les artistes... Et ce n'est pas fiscal puisqu'il s'agit d'une exonération de charges sociales patronales. Deuxièmement, on dit que c'est pour faire des économies, mais le DIC a rapporté deux fois plus à l'Etat qu'il ne lui a coûté, car avec l'augmentation des salaires des sportifs, leurs impôts augmentent. Si on supprime le DIC - je vous donne rendez-vous l'année prochaine - il y aura une baisse des recettes fiscales. Le football professionnel paie 600 millions d'euros par an d'impôts et de charges sociales.
Le DIC est-il efficace ?
Benzema est parti, certes, mais on n'empêchera jamais un Benzema de partir pour un salaire cinq fois supérieur. La liste est longue des joueurs qui sont restés en L1 grâce au DIC : Gourcuff, Chamakh, Lisandro, Toulalan, Gomis, Heinze, Niang, Mavuba... De toutes façons, l'argument est idiot : est-ce que, parce qu'il y a encore des chômeurs, il faut supprimer les ASSEDIC ? Est-ce que, quand un malade est presque guéri, il faut arrêter le traitement ? Mais les clubs, les joueurs, les Fédérations, qui sont solidaires de nous, vont se manifester, vous n'avez pas fini d'entendre parler de nous. »
