"Savourons notre chance"
Pape Diakhaté, à 22 ans, est déjà le patron de la défense de l'AS Nancy-Lorraine qui a réussi l'exploit d'éliminer FC Schalke 04 jeudi soir (défaite 1-0 lors du match aller en Allemagne, succès 3-1 au retour au stade Marcel-Picot). En presque trois saisons dans la Meurthe-et-Moselle, le Sénégalais n'a jamais connu un tel engouement.
Un Lion de la TerangaArrivé au centre de formation de la forêt de Haye à 15 ans, Diakhaté a pris une dimension supplémentaire depuis la Coupe d'Afrique des nations de la CAF 2006 en Egypte où il a gagné ses galons de titulaire avec les Lions de la Teranga. A tel point que plusieurs grands clubs européens se sont renseignés à son sujet au cours de la dernière intersaison. Impeccable face à Schalke, jeudi soir, il revient sur le match et sur le climat d'euphorie qui régnait le 28 septembre à Marcel Picot.
uefa.com : êtes-vous surpris d'avoir sorti Schalke 04, vainqueur de la Coupe UEFA en 1997 et demi-finaliste de l'épreuve la saison dernière ?Diakhaté : Très franchement, non. Ce résultat a peut-être étonné les gens qui ne connaissent pas bien l'ASNL. Mais de notre côté, nous savions que le coup était jouable. Le match aller nous avait laissé des regrets avec ce but encaissé à cinq minutes de la fin. On a abordé le retour à Picot avec la volonté de tout donner pour rapidement combler ce retard sans faire n'importe quoi défensivement.
uefa.com : Comment avez-vous réagi à 2-0 en votre faveur au bout de vingt-cinq minutes de jeu seulement ?Diakhaté : On n'a pas gambergé, on ne s'est pas posé de question parce qu'on a l'habitude d'être solide derrière. Avant le retour contre Schalke, on restait sur trois matches sans but : une qualification 1-0 aux dépens de (l'OGC) Nice en Coupe de la Ligue et deux nuls 0-0 en Championnat (devant le Stade Rennais FC et le Paris Saint-Germain FC).
uefa.com : En L1, d'ailleurs, l'ASNL partage le fauteuil de meilleure défense avec l'Olympique de Marseille. Vous n'avez encaissé que quatre buts en sept journées...Diakhaté : C'est dans la continuité des deux saisons précédentes. Notre groupe a toujours eu la réputation d'être dur à bouger. D'une part, les coaches Pablo Correa et Paul Fischer nous font bien bosser tactiquement. D'autre part, dans notre équipe, tous les joueurs fournissent les efforts pour essayer de récupérer le ballon et pour réduire les espaces. Chez nous, personne ne joue la star. Il suffit de voir le comportement de nos quatre attaquants face à Schalke. (Gaston) Curbelo, Kim, (Issiar) Dia et (Monsef) Zerka n'ont pas hésité à donner un coup de main en défense. Cela nous a permis d'adopter une stratégie offensive tout en restant costaud derrière.
uefa.com : Ce succès 3-1 devant le club de Gelsenkirchen constitue-t-il, pour vous, un moment plus intense que la conquête de la Coupe de la Ligue le 22 avril ?
Diakhaté : C'est difficile de comparer les deux événements. La finale remportée au Stade de France a procuré plus d'émotion. Car c'était l'aboutissement d'une aventure. Il y avait un titre au bout. Jeudi contre Schalke, on n'a rien gagné de concret. Nous avons juste obtenu le droit de rester en UEFA. En revanche, si l'on analyse la performance sportive en elle-même, il s'agit peut-être d'un plus bel exploit que la victoire du 22 avril.
uefa.com : Comment imaginez-vous la suite du parcours en Coupe UEFA ?Diakhaté : Nous sommes très contents d'accéder à la phase de groupes de l'épreuve. Cela va nous offrir quatre matches de Coupe d'Europe supplémentaires. Nous savourons notre chance en connaissant le manque d'expérience de l'ASNL sur la scène continentale. (Avant cette saison, le club n'avait participé qu'à deux tours de Coupe des Coupes en 1978.)
uefa.com : Quelles seront vos ambitions lors de la phase de groupes ?Diakhaté : Quel que soit le tirage au sort, l'objectif sera de terminer à l'une des trois premières places synonymes de qualification pour les seizièmes de finale. On respectera nos prochains adversaires en UEFA sans pour autant faire de complexes d'infériorité. En gardant notre solidarité et notre rage de réussir, nous avons les moyens de poser des problèmes à de nombreuses équipes.
uefa.com : Vos performances en Championnat vous portent à la 4e place?Diakhaté : On n'a rien volé. Depuis le début de la saison, on réalise des prestations intéressantes. En regardant le contenu de nos matches, on peut même éprouver certains regrets. Nous restons sur trois nuls qui auraient très bien pu se transformer en victoire. On s'est fait rejoindre au score par (le) Toulouse (FC) à la 93e minute, on n'a pas battu Rennes malgré une supériorité numérique de 75 minutes suite à l'expulsion de Bruno Cheyrou à la 15e et on a manqué de réussite au Parc des Princes face au PSG.
uefa.com : Ce dimanche, vous accueillez Lens. Ne risquez-vous pas d'être fatigués après la débauche d'énergie pour éliminer Schalke ?Diakhaté : Non. Pas question de se plaindre. On adore jouer tous les trois jours. En plus, face à des Lensois également qualifiés en Coupe UEFA, ce sera une nouvelle rencontre de Coupe d'Europe !
UEFA Magazine