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Montpellier rêve d'accueillir l'Euro 2016
C'est dans sept ans mais ça se décide dès maintenant. Alors que la France a fait officiellement acte, mardi, de candidature à l'organisation de l'Euro 2016 de football, Montpellier s'est aussi déclaré pour faire de La Mosson l'un des douze stades retenus pour l'événement. Une lettre de candidature est partie dès l'été dernier à la "Commission Grands Stades" qui devra décider, au cas où, des heureux élus. Après la Coupe du monde 98 et le Mondial 2007 de rugby, Montpellier rêve d'un improbable triplé.
1 Trois adversaires
pour la France Avant de savoir si Montpellier accueillera des matches de l'Euro 2016, il conviendra évidemment d'attendre le verdict de l'UEFA quant au choix du pays hôte. Une décision qui interviendra lors du Comité exécutif du 27 mai 2010. Dans cette bataille, la France aura trois adversaires. L'Italie, grand favori et... grand battu à l'organisation de l'Euro 2012, finalement attribué au tandem Pologne-Ukraine. Le duo Suède-Norvège, associés pour renforcer les chances des pays nordiques, souvent oubliés à l'heure de la désignation. Voire la Turquie, seule véritable surprise de la liste.
Cette première étape passée, une deuxième débutera le 3 avril avec le cahier des charges, qui permettra aux candidats de développer leurs dossiers à présenter à l'UEFA le 15 février 2010. Avec une certitude : confrontée à des difficultés dans la réalisation des travaux pour le prochain Euro en Pologne et en Ukraine, l'organe suprême du football européen se montrera cette fois-ci d'une grande exigence. Qui plus est pour une compétition qui, pour la première fois en 2016, accueillera non plus seize mais 24 nations. Autant dire que pour Montpellier, comme pour les autres, il va falloir être costaud !
2 Un stade aux normes, mais encore...
Bien sûr, dans cette bataille annoncée, Montpellier ne part pas battue d'avance. Propriétaire du stade de la Mosson et porteuse du projet, l'Agglo a envoyé sa lettre d'intention dès l'été dernier. « C'est un événement important, tant au niveau sportif que médiatique et des retombées qu'on peut en attendre. Nous sommes donc naturellement candidats » , justifie Jacques Martin, responsable des Sports de l'Agglo. La lettre a bien été reçue à la commission "Grands Stades Euro 2016", créée pour l'occasion par la Fédération française de football (FFF). C'est à elle que reviendra la responsabilité de choisir les 12 sites français retenus pour l'événement.
Rien n'a encore filtré. A ce jour, l'on sait juste que 16 stades de 30 000 places au moins - minimum imposé par l'UEFA -, ont été listés. Parmi eux, celui de la Mosson. « On a l'expérience de la Coupe du monde 98 et du Mondial de rugby en 2007 » , insiste l'élu. Qui détaille ses atouts : « Un stade de 35 000 places dont 20 000 assises et couvertes, une desserte sans difficulté grâce au tramway, une enceinte aux normes grâce aux 5 M € investis lors de la Coupe du monde de rugby pour l'accueil, la sécurité... » Et Jacques Martin d'insister : « On n'a pas encore le cahier des charges mais quand on l'aura, on verra bien s'il y a nécessité d'un nouvel effort financier. » Reste à savoir si un simple "ravalement" sera à nouveau suffisant, à l'heure où les stades se pensent désormais comme lieux de vie multifonctionnels. « Je sais, c'est l'avenir et c'est d'ailleurs ce qu'on a fait avec le rugby et le stade Yves-du-Manoir. Maintenant, on ne va pas en construire un exprès pour l'UEFA... » , souffle le patron des Sports de l'Agglo.
3 Une exigence : des infrastructures modernes
C'est peu dire que ce discours n'a que peu de chance de trouver écho du côté de Paris. Président de la Ligue de football professionnel et, à ce titre, vice-président délégué à la FFF, Frédéric Thiriez n'a pas caché les ambitions de la candidature française : « Ce doit être l'occasion pour notre pays de se doter enfin des infrastructures dignes de son rang. Une mise à niveau s'impose, il y a même urgence » , a-t-il martelé. « Profitons de 2016 pour saisir l'occasion manquée en 1998. » Bref, dix ans après, le stade de la Mosson serait déjà devenu obsolète. Et si cela vaut aussi, par exemple, pour un stade Vélodrome ouvert à tous les vents, ça ne consolera pas forcément au moment de la distribution des prix... De fait, la Commission a déjà répertorié, outre le Stade de France, incontournable, quatre projets de nouvelles enceintes (Lille, Lyon, Strasbourg, Nice), qui ont évidemment ses faveurs, quatre modernisations de stades (Marseille, Nancy, Lens, Saint-Étienne), et ceux pour qui des aménagements sont possibles (Nantes, Rennes, Bordeaux, Toulouse, Parc des Princes et Montpellier).
Autant dire qu'à ce jour, une désignation de la France pour l'Euro 2016 n'aurait franchement rien d'automatique pour Montpellier. Textes, Jérôme BARBIER Dix mois pour tout boucler - 9 mars 2009 : l'UEFA officialise les quatre candidatures à l'organisation de l'Euro 2016 : France, Italie, Turquie et un tandem Suède-Norvège.
Source :
Midi Libre