Projet d'un futur stade à Metz :
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Bernard Serin:«Rattraper la concurrence»
Le motif du vice-président du FC Metz ces dernières années, la reconfiguration du stade Saint-Symphorien n'a plus aujourd'hui ses faveurs. Conformément au vœu présidentiel, Bernard Serin milite désormais pour la construction d'un nouveau stade, « vitale pour rattraper notre retard. La plupart de nos concurrents, comme Valenciennes, Le Mans, Lille ou Grenoble, sont partis sur des projets de stade neuf ». Une solution idéale, selon lui, pour donner un nouvel essor économique au FC Metz : « Ce n'est pas en terme de capacité que le bât blesse, mais du point de vue de l'accueil de nouveaux partenaires ou de VIP. Saint-Symphorien ne nous offre pas la possibilité d'étoffer notre cercle de sponsors. Aujourd'hui, c'est inutile d'aller sonder par exemple le Grand-duché du Luxembourg car nous ne sommes pas en mesure de lui offrir de bonnes prestations ».
Projet résolument moderne, la délocalisation du FC Metz sonnerait le glas du "mythe Saint-Symphorien". Très en vogue actuellement, le "naming", dispositif consistant à mettre en vente le nom d'un stade, aurait les faveurs du dirigeant messin : « A l'instar de l'Emirates Stadium à Arsenal, ou de MMA au Mans, nous pourrions nous associer à un sponsor privé. Cela permettrait de dégager entre 1 et 2 M € par saison, sachant que les contrats prévoient, dans ce type d'accord, des durées relativement longues ».
Nouvelle enceinte, nouvelle dénomination, autant d'innovations ne laisseront pas insensibles les supporters historiques du FC Metz. Déjà, certaines âmes chagrines s'insurgent contre cette politique ambitieuse, qui remiserait au second plan l'intérêt sportif du club. Une critique que Bernard Serin balaye d'un revers de main : « Pourquoi ne serions-nous pas capables de mener de front le sportif et les infrastructures ? Toutes proportions gardées, on prédisait bien à Arsenal un déclin en championnat avec leur nouveau stade. Cela n'a pas été le cas. Au contraire, disposer d'une nouvelle structure permet de dégager des fonds pour constituer une belle équipe ». Reste plus qu'à convaincre les collectivités territoriales...
Jean François (conseil général) : « Ce n'est pas farfelu »
Parlez au vice-président, délégué aux sports du Conseil général, d'un grand stade pour le FC Metz, il ne sera pas « surpris. En aucune façon, l'idée flotte dans l'air. Ce n'est pas récent... » Bon... Mais il s'empresse de préciser la position officielle de l'assemblée départementale : « Ce projet n'a pas encore été l'objet d'un débat. Nous n'en sommes pas encore là mais tout le monde est conscient que le football a besoin d'un renouveau. Celui-ci ne passe par uniquement par le renouvellement de l'équipe. On ressent la nécessité d'une évolution : il faut que cela bouge, notamment au niveau de l'infrastructure. »
Alors un stade gigantesque accoucherait-il d'un club pouvant tenir les premiers rôles ? « Je n'ai pas de religion précise. C'est l'éternelle question. Est-ce l'organe qui créée la fonction ? Dans mon collège, où je travaille, on m'a fait cette réflexion : un nouvel établissement augmente-t-il le niveau des élèves ? Ce genre d'affirmation reste à vérifier ! » Jean François, à l'instar d'autres élus et responsables, a été amené à établir des constats évidents au sujet de la réalité actuelle : Saint-Symphorien présente des accès délicats pour les automobilistes. « Reconnaisssons qu'il n'est pas tellement pratique. » Qu'en ferait-on alors de cette enceinte légendaire ? « On lui trouvera d'autres vocations ! »
Le conseiller général, en tout cas, de prendre très au sérieux les propos des dirigeants du FC Metz : « Si on veut vraiment relancer le club, il faut envisager positivement cette éventualité. Donc, je ne considère pas cette démarche farfelue. Je dis : pourquoi pas ? » Tant d'enthousiasme amènerait-il les politiques mosellans à participer au sacro-saint financement... « Il faut se mettre autour d'une table pour réfléchir à la possibilité d'un partenariat public-privé car l'un sans l'autre, ce sera impossible. » Il reste à trouver le lieu. Jean François d'avoir son idée, comme s'il y avait déjà mûrement réfléchi ! « Je vois bien le Sud de Metz, près de la rocade qui fait le lien entre l'A4 et l'31. La gare TGV et l'aéroport seraient proches, non ? »
Bekhir Belhaddad (mairie de Metz) : «Une solution intéressante»
Evidemment que l'équipe municipale, récemment élue, est dans la confidence ! L'ajoint aux sports de la Ville se trouvait encore hier en contact avec le FC Metz : « Nous dialoguons avec lui comme avec d'autres associations mais c'est vrai, on a parlé de ce projet. Aujourd'hui, il en est à un stade où on ne peut pas se prononcer. Mais les dirigants messins nous en ont parlé. Nous sommes donc à l'écoute en sachant qu'une nouvelle construction nécessite un tout autre budget qu'un réaménagement de l'enceinte existante : 60 ou 70 millions € environ, peut-être plus. » Pour Bekhir Belhaddad, il est urgent d'attendre : « Nous avons pris connaissance des desiderata du club. On étudie. Se prononcer à l'heure actuelle serait un manque de professionnalisme. Néanmoins, ce genre de projet peut dynamiser le FC Metz. Il est une solution intéressante et permettrait de nourrir d'autres ambitions. Envisagons donc la possibilité d'un nouveau stade. Le lieu ? Au nord vraisemblablement, proche des axes routiers. Il n'en existe pas 50 000 ! »
Saint-Symphorien priez pour lui
Où ? En voilà une question épineuse ! Où ce grand stade sera-t-il implanté ? Côté club, par la voix du n°2 Bernard Serin, on admet volontiers une attirance vers le nord de Metz (où en est la rumeur Aménville ?). Le vice-président du Conseil général Jean François préférerait le sud. La base de discussion est lancée... Mais n'enterrons pas trop vite Saint-Symphorien. Les solutions pour une seconde vie existent. En voici une : en faire un stade couvert, de 10 ou 15 000 personnes (Lyon planche actuellement sur 20 000). C'est le minimum de capacité demandée par les fédérations, maintenant, pour accueillir des rencontres entre équipes nationales. Ce stade pourrait bénéficier d'un toit rétractable construit déjà à Melbourne (tennis), prévu à Wimbledon et Roland-Garros. Ajoutons une piste d'athlétisme à huit couloirs. Naissance d'un Bercy mosellan à Metz entre match NBA, duels de coupe Davis, motocross, championnat de France ou d'Europe d'athlétisme sans oublier les concerts ou grand-messes de toutes sortes. Saint-Symphorien, priez pour lui !
Un nouveau stade écolo
Moderne, le nouveau stade qui germe dans l'esprit des dirigeants messins ne répondrait pas qu'aux attentes des amoureux de ballon rond. L'enceinte devrait également prendre en considération un phénomène très en vogue actuellement : l'écologie. La confession est de Patrick Razurel, directeur général délégué du FC Metz : « Si nouveau stade il y a, il serait de bon ton de l'inscrire dans un projet de développement durable. Le mettre en adéquation avec des réalités écologiques représenterait une originalité française ». Pour le reste, les références de Patrick Razurel dépassent les frontières hexagonales : « Le modèle à suivre est à chercher du côté de l'Allemagne ou des Pays-Bas. Un stade comme celui de Kaiserslautern ferait l'affaire ».
Génération Grenat botte en touche
L'amertume d'une saison cauchemardesque pas encore dissipée, Génération Grenat vit aujourd'hui mal les projets d'exode du FC Metz. L'annonce d'une possible délocalisation du club provoque, en tribunes, un fort désarroi mêlé à un sentiment d'incompréhension : « On n'y entend plus rien, confie Xavier Schmitt, en charge de la communication du club de supporters. Il y a dix ans, on nous vendait la nouvelle tribune Ouest comme une tribune à l'anglaise. Et aujourd'hui, la direction du FC Metz nous annonce que le stade n'entre plus dans une bonne configuration ! » Attaché au mythe fondateur de Saint-Symphorien, le porte-parole loue les mérites de la localisation actuelle du stade : « On a la chance d'avoir une enceinte au centre-ville, dans un coin sympa de Metz. Quant aux considérations économiques mises en avant, nous, on préférait largement que de l'argent soit investi pour rebâtir une équipe compétitive ! » A bon entendeur...