Walter Zenga

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TheWildBunch22


Le gamin est haut comme trois pommes. Disons quatre, car il est plutôt grand pour son âge. Neuf ans. C'est grand, oui, mais pas assez pour jouer au foot : en Italie, en ces temps reculés, il faut avoir au moins dix ans pour signer sa première licence. Alors, Waiter Zenga va mentir sur son âge. Un tout petit mensonge de rien du tout, pour pouvoir assouvir sa seule passion: le «calcio». D'une écriture tremblante, il appose sa grifle au bas de son destin : il sera le gardien de buts des poussins de la Macallesi, un club de la banlieue milanaise. Allonso Zenga, le papa, est lou de joie. Il a toujours rêvé de devenir gardien de buts professionnel, mais, bon, il n'était pas vraiment doué, alors il réalisera son rêve à travers son fils. El il remercie la Madone d'avoir eu un rejeton aussi brillant.
La suite est comme dans les livres : Zenga est bon et l'Inter de Milan le repère Vite lait, bien fait. On lui propose un contrat de stagiaire, cent mille lires, signe ici el dis merci. Le jeune Walter n'en revient pas : il va jouer à l'Inter, le club qu'il supporte depuis qu'il a ouvert les yeux. Il est aux anges, lui qui se souvient avoir été un jour ramasseur de balles à San Siro, figé derrière le but du légendaire Lido Vieri, lui qui passe ses dimanches à hurler sa passion pour les Nerazzurri, perché tout là-haut, dans le virage nord. Papa Zenga écrase une larme d'émotion, l'aventure, la vraie, commence. Mal. Walter est doué, mais il n'a pas encore la pointure pour jouer en équipe première. L'Inter décide de le prêter, afin qu'il puisse s'aguerrir. Le voici à la Salernitana, un club de Troisième division. Il y joue trois matches : trois matches ratés. Il a dix-huit ans, il doute, il veut tout plaquer. Walter Zenga est déjà Walter Zenga : impulsif, excessif, entier. On le raisonne, il comprend.



L'Inter le rappelle, éphémère espoir, puis le prête à nouveau : 23 matches à Savone, en Quatrième division, puis direction la Sambenedettese, un échelon au-dessus. Virage décisif. Sa première saison est prometteuse, la seconde marque un tournant dans sa carrière. Sous les ordres du célèbre entraîneur Nedo Sonetti et de Piero Persico, «coach» des gardiens de buts, Zenga prend de l'envergure et de l'assurance. Il flambe. Dans ses buts, il esquisse le portrait du gardien qu'il est aujourd'hui : acrobatique, spectaculaire, rassurant, toujours bien placé. Il se montre intraitable sur sa ligne et dans ses sorties. Walter Zenga s'éclate, il est bien dans sa peau. Il laisse libre cours à ses instincts de show-man, sur le terrain comme en dehors. Le voilà intenable : Sonetti doit jouer les Guy Roux. Lorsque, détective improvisé, il s'introduit par surprise dans la chambre de Walter, il y flotte toujours de douces effluves de parfum féminin. Car le goal play boy se démène aussi. bien dans ses buts que dans les boîtes de nuit. Sonetti lui explique qu'il faudra désormais faire des sacrifices. Walter opine, travaille assidûment, rencontre Elvira Carfagna, une «Miss» régionale, l'épouse Irais mois plus tard puis lait ses valises pour Milan. L'Inter l'a à nouveau rappelé. Cette fois, définitivement, car maintenant, il est mûr pour le grand saut. Le club «nerazzurro» lui confie une lourde tâche : assurer la succession du grand Ivano Bordon, celui que Zenga considère comme son modèle. Clin d'oeil du destin, Walter effectue ses débuts en Série A le 11 septembre 1983 contre la Sampdoria, la formation pour laquelle Bordon vient de signer. L'Inter perd, mais Walter est convaincant. Il rie quittera plus jamais le poste, s'affirmant au fil des rencontres comme un titulaire indiscutable. Les progrès fulgurants qu'il réalise le conduisent tout naturellement en équipe nationale. Azeglio Vicini, qui vient de succéder à Enzo Bearzot au lendemain d'un Mundial mexicain catastrophique, le sélectionne immédiatement.



Le 8 octobre 1986 à Bologne, contre la Grèce en amical (2-0), Walter Zenga signe son entrée dans une «Squadra Azzurra» dont il devient rapidement l'un des leaders. L'aventure le conduit dans un premier temps en demi-finale de l'Euro 88. Et c'est l'apothéose qui se profile à l'horizon de Walter: le Mondiale, ce Mondiale que l'Italie doit impérativement remporter. Zenga sait que son rôle sera déterminant. Décisif. Lorsqu'une équipe prétend à la victoire finale, il lui faut d'abord ne pas concéder de buts. «Je n'ai peut de tien, j'ai toujours l'impression d'avoir le monde à mes pieds », se plaît-il à déclarer. L'occasion n'a jamais été aussi belle de le prouver. Mais pour Waller, cette Coupe du monde n'est pas une fin en soi. Il confiait à la « Gazzetta dello sport » : « J'ai trente ans et ma vie commence aujourd'hui. Bien sûr, je rêve d'être champion du monde cet été, mais mon objectif est de disputer la Coupe du monde 1998, de jouer et de prendre du plaisir le plus longtemps possible car le football est toute ma vie. Je n'ai jamais imaginé faire quelque chose d'autre, je n'arrive même pas à imaginer un Zenga "normal". Sans doute serai-je devenu steward, car j'adore voyager. J'ai toujours été une "tête folle", j'ai fait beaucoup d'erreurs mais je ne regrette rien car l'expérience, la vraie, tu l'acquiers justement en tirant les leçons de tes erreurs. Ta vie n'appartient à personne d'autre qu'à toi. J'ai deux fils, et c'est ce que je leur apprendrai. »

Walter, lui, a appris la vie tout seul, comme un grand. Sa vie. «Chaque jour semble fait pour t'enseigner-quelque chose. Vivre au jour le jour, c'est ma philosophie. Ne jamais programmer l'avenir. Je suis en train d'apprendre que la vie est vraiment belle, à tous points de vue. Si je fais une erreur, lorsque quelqu'un me le fait remarquer, je ne me lâche plus. Je suis devenu plus disponible, plus serein, » A l'aube d'une Coupe du monde attendue par des millions de tifosi, Walter Zenga est cool. Son avenir ne le préoccupe pas. «J'ai Milan dans le sang. Hors de cette ville, je me sentirais mal. Il y a deux ans, on a évoqué mon possible transfert à Naples mais je n'envisage pas mon futur loin de Milan.»




Malheureusement, ses reves se briserent sur les os de Diego Maradona et des Argentins en Demi Finale du Mondial, ironie du sortà Naples.... Il resigna pour quatre ans à l'Inter, y gagna deux coupes Uefa puis finit sa carriere hors de Milan, à la Sampdoria puis au Calcio Padova avant de stopper aux New England Revolution. Walter Zenga, L'homme et le joueur se confondent à merveille, sincère et authentique. Ses pitreries cachent une extrême timidité. Cette bouille sympathique, expressive et un peu étrange est celle d'un homme mûr qui n'a jamais cessé d'être un gosse. Ce gosse qui a grandi à Verziere, un quartier de Milan rendu célèbre par le poète Carlo Porta, ce gosse trop vite adulte, qui rêvait d'être le meilleur et qui le fut. Walter Zenga, fils d'Alfonso, est un personnage. Un vrai.




BalkAn
Merci ! beau topic sur Zenga wub.gif
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