Bon pour donner vie à ce topic et mettre en valeur les français qui y connaisent un peu en foot ( et oui ), je décide vous faire partager ce bel article du journal
L'Equipe ( et oui ) :
Merci l'ItalieLe public français risque de ne pas être le plus accueillant du monde, ce soir. Il risque même de faire preuve de mauvaise éducation, par exemple à l'instant des hymnes ou, pire encore, lors de la minute de recueillement espérée, à la mémoire de Giacinto Faccheti. Paris se déshonorerait s'il entachait de bêtise la célébration de cet immense défenseur de l'Inter, parfait honnête homme du footbal mondial.
Avec l'Italie, le grand arrière "révoltuionnaire" n'est venu qu'une fois à Paris. Cela se passait dans ce cher vieux vélodrome du Parc des Princes, au printemps 1966, et l'équipe d'Italie était également vêtue d'un maillote blanc barré d'azur.
C'était un temps ou le football français bavait d'envie devant l'étincelante réussite du Calcio. Quand un Reims finissant, un Monaco inconstant, un Nantes débutant ou un St-Etienne balbutiant bouclaient leur saison européenne dès l'automne, le moment venait de tenter de suivre les monumentales batailles menés ailleurs. Devant des télés aux formes rebondies, les nains regardaient jouer les géants. Les images en noir et blanc rendaient encore plus sombre la tunique rayée de l'Inter et donnaient à ses magnifiques gardiens - Sarti après Buffon - des allures d'anges ténébreux.
Un monde, plus d'une montagne, séparait les deux footballs. Celui de France pensait au jeu pour le jeu. Ce lui d'Italie pensait à gagner. Les Français étaient jaloux du Calcio mais ne l'aimaient pas. Ils estimaient que la vérité du jeu n'était pas italienne, même si un match franco-italien était presque couru d'avance. Au cours des vingts premieres années des Coupes européennes, il n'arriva qu'une fois qu'un club français élimine un club italien. L'exploit du Strasbourg de Paul Frantz, en 1964, contre le Milan AC en Coupe des Villes de Foire, fut un coup de clairon sans précédent ni suite, avant 1977. Quant à l'époque de Frabce, qu'elle joue en bleu, blanc ou rouge, elle dut patienter soixante-deux années après les JO de 1920, avant de batrre de nouveau la Squadra !
Malgrè cela, la France des années 60-70 faisait fine bouche. Selon l'expression consacrée, " en footbal pur", les Italiens ne nous apprenaient jamais rien. Ils nous battaient, c'est tout.
Le sport adorant les stéréotypes comme facteurs d'opposition, l'image d'un football calculateur, ultradéfensif, un peu truqueur sur les bords, collait assez bien à l'idée selon laquelle l'Italien serait fourbe, l'Allemand serait discipliné, l'Espagnol fier, l'Anglais perfide et le Suisse suisse. Les Français préféreraient perdre avec le panache de Cyrano plutôt que gagner avec les principes de Machiavel. Ils se flattaient comme toujours de partir à l'assaut la fleur au fusil, animés de cette
furia francese que leur avaient attribuée des Italiens évidemment battus sur leur terrain. Mais c'était en 1495, à la bataille de Fornoue.
Quarante ans plus tars, il reste encore quelque chose de cette façon de voir le football ialien, diable cynique et sournois, nourri de tricheries et de coups de vaches. Question cliché, ma finale de Berllin n'a rien arrangé. Les commentaires qui l'ont suivie, puis les sous-entendus qui se sont répétés tout l'été dès le mot "Italie" était prononcé à l'antenne ou dans la conversation, se sont nourris de l'idée que la victoire promise aux Français laur avait été volér par ces chapardeux de nature et de profession. Le pays tout entier avait occulté le fait que c'était quand même Zidane, ce héros de France, qui avait laissé les Bleus finir le match à 10 à l'instant crucial.
Même l'idée que les italiens ne sont que des bétonneurs perdure. Cela ne fait jamais que vingts ans qu'ils ont accompli leur révolution du jeu initiée par Arrigo Sacchi. En Allemagne, ils ont montré bien autre chose que leur talent de maçons, mais on préfère conserver l'image d'un Catenaccio repoussoir du "beau jeu". C'est une idée fixe. Même si le football français s'en est beaucoup inspiré, mieux vaudrait le taire. Remercier l'Italie pour ce qu'elle a apporté à la France, ce matin, ce serait une insulte.
Voilà j'ai tout recopier, j'espere que vous le lirez et que ça vous plaira
Forza Italia