Italie
Le record atypique de la Roma L'AS Rome se congratule après avoir marqué face à la Lazio, une image souvent répétée ces dernière semaines, les Giallorossi ayant remporté leur 11 dernières rencontres du Campionato.
(AFP) Giulio NAPOLITANO
(FIFA.com) 28 févr. 2006En battant la Lazio 2:0 dans le tant attendu derby de la capitale, dimanche après-midi, la Roma a remporté sa onzième victoire consécutive, un record depuis la création de la Série A italienne à poule unique, autrement dit depuis 1929/30.
Le Championnat d'Italie Par le passé, seules trois équipes avaient obtenu dix succès de suite : la Juventus dans le championnat 1931/32, le Milan AC en 1950/51 et Bologne au cours de la saison 1963/64. En 1989/90, le Milan d'Arrigo Sacchi avait pour sa part réalisé la même série victorieuse que les Romains (de la dix-septième à la vingt-septième journée), mais la séquence avait été interrompue par le nul enregistré dans le match en retard de la seizième journée, contre Vérone.
Aussi, pour certains statisticiens, le record de la Roma n'est-il qu'un record égalé, avec pour particularité une continuité dont les Rossoneri du défenseur Franco Baresi ne peuvent se vanter.
Une chose est sure, les 28 buts marqués pour seulement cinq encaissés, dont trois au cours de la plus rocambolesque des victoires, obtenue à domicile par quatre buts à trois contre Cagliari, après une double remontée au score et deux penaltys, sont impressionnants. Par huit fois, les cages défendues par le Brésilien Doni et, dans la disposition de base, par Panucci, Mexès, Chivu et Cufrè, sont demeurées inviolées.
Le capitaine Francesco Totti a inscrit huit buts, fruits de quatre doublés. Malheureusement pour lui, il s'est gravement blessé contre Empoli et sera privé de terrain, dans le meilleur des cas, pendant les trois prochains mois. Les autres réalisateurs sont le Brésilien Mancini (7), Simone Perrotta (4), De Rossi (3, tous de la tête), le jeune Aquilani (2), l'Italo-Brésilien Rodrigo Taddei et le Roumain Chivu.
Ce record est d'autant plus atypique qu'il a été obtenu au cours d'une saison que l'on ne peut qualifier de triomphale tant elle a démarré de façon laborieuse, bien loin de l'objectif affiché, à savoir la quatrième place, synonyme de qualification pour la Ligue des champions.
Après le championnat tourmenté de l'an passé, secoué par des changements répétés d'entraîneurs et une relégation évitée de justesse dans les toutes dernières journées, la nouvelle saison ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices pour les couleurs sang et or. Et puis, irrésistiblement, la tendance s'est inversée. Quelles causes ont pu produire un redressement aussi incroyable ? Cinq points identifiés peuvent sans doute, parmi d'autres critères, l'expliquer.
Le calendrierLe calendrier a sans nul doute donné un coup de main aux Giallorossi, qui ont disputé au Stade olympique, derby compris, sept des onze derniers matches. Toutefois, la victoire même dans le derby romain donne encore plus d'éclat à ce record et doit être considérée, avec celle obtenue contre le Milan, comme la pièce la plus précieuse de la collection. Pour le reste, les succès ont été obtenus contre des équipes motivées, mais à la lutte pour le maintien, ou bien face à des formations en proie au doute. Ainsi, le Chievo et Livourne, reçus au Stade olympique, ont fourni une prestation bien au-dessous du niveau optimal atteint durant la saison.
La maturité attestée de TottiLa série victorieuse de la Roma a coïncidé avec les deux mois qui ont suivi la naissance du premier enfant de Francesco Totti, joueur phare de l'équipe par sa classe et son charisme. De toute évidence, le capitaine a fait montre, au cours des dernières semaines, d'une combativité et d'une constance exemplaires. Qui sait dans quelle mesure le désir de Totti de pouvoir exprimer son bonheur après chaque but marqué en l'honneur du petit Christian, pour la plus grande joie des tifosi giallorossi, aura contribué à cette réussite ? Aujourd'hui blessé, il n'est pas sûr de pouvoir participer à la Coupe du Monde de la FIFA. La Roma et l'Italie croisent les doigts.
L'envie de Coupe du MondeAprès les départs de Mido et de Cassano, et la blessure de Montella, Spalletti s'est retrouvé sans avant-centre titulaire. Il a donc opté pour un dispositif inédit en faisant jouer Mancini, Taddei et Totti dans une positon plus avancée, sans pour autant que l'on puisse les considérer comme des attaquants de pointe. C'est ainsi qu'est né un module dans lequel l'insertion des milieux de terrain revêt une importance capitale.
Dans ce contexte, Daniele De Rossi et Simone Perrotta, mais aussi le prometteur Fabio Aquilani, se sont révélés, offrant un rendement excellent et trouvant régulièrement le chemin des filets. Si De Rossi, né en 83, a de bonnes chances d'être convoqué par Marcello Lippi pour Allemagne 2006, Simone Perrotta, qui semblait avoir raté le coche, le récupère de façon tout à fait méritée. Aquilani sera, quant à lui, l'un des joueurs clef de l'équipe espoir qualifiée pour la phase finale du Championnat d'Europe U-21, qui doit se dérouler au Portugal.
La nouvelle explosion de Mancini
Après une première saison tonitruante sous le maillot romain et la houlette de Fabio Capello, le Brésilien Amantino Mancini avait pratiquement disparu de la scène. Sa deuxième explosion est peut-être ce qui le caractérise le mieux, d'un point de vue technique. Mancini est un joueur atypique, qui peut être employé comme milieu de terrain, tout en possédant les pieds et le sens du but d'un attaquant.
Traversant actuellement une période fantastique, il est pratiquement irrésistible quand il s'échappe balle au pied. Parmi ses récentes prouesses, la plus mémorable reste son action étourdissante contre l'Udinese, qui a obligé Valerio Bertotto, défenseur aguerri s'il en est, à concéder le penalty. S'il continue sur sa lancée, Mancini pourrait sans doute envisager de porter le maillot de la Seleçao, même si la concurrence y est impitoyable.
La gestion du vestiaire par SpallettiComment ne pas mettre en lumière la capacité dont a fait preuve Luciano Spalletti pour donner une identité à l'équipe, en lui transmettant la confiance et en sachant utiliser au mieux les pions dont il disposait ?
Il ne fait aucun doute que les choix opérés pour la ligne d'avants étaient incontournables et devaient nécessairement faire appel à la créativité, mais cela n'enlève rien aux nombreux mérites du technicien toscan, artisan l'année dernière de la qualification historique de l'Udinese pour la Ligue des champions. Il s'est ainsi avéré fondamental de croire dans le gardien de but brésilien Alexandre Marangon Donieber, dit "Doni", et dans l'explosion du talentueux Philippe Mexès.
La victoire dans le derby, une semaine après la blessure de Totti, arrive, à n'en pas douter, comme la cerise sur le gâteau. Spalletti a déclaré : "Nous sommes arrivés à onze et nous avons démontré que nous étions capables de gagner même en l'absence d'un joueur aussi essentiel que notre capitaine. Maintenant, je vais dormir avec son maillot". Et il y a fort à parier que ses rêves commencent à se peupler de maillots noirs et bleus. Car c'est l'Inter qui sera leur prochain adversaire. Battre les Milanais signifierait arriver à douze victoires, mais surtout continuer à défendre cette quatrième place inespérée qui ouvrirait les portes de la plus prestigieuse scène européenne.
La série en cours :ROMA - Chievo 4:0 Totti 2, Perrotta, Taddei
Trévise -
ROMA 0:1 Aquilani
ROMA - Milan 1:0 Mancini
ROMA - Reggina 3:1 Totti 2, Mancini
Udinese -
ROMA 1:4 Mancini 2, De Rossi, Chivu
ROMA - Livourne 3:0 Totti 2, Taddei
Parme -
ROMA 0:3 Mancini 2, Perrotta
ROMA - Cagliari 4:3 Totti 2, Perrotta, De Rossi
Sienne -
ROMA 0:2 De Rossi, Mancini
ROMA - Empoli 1:0 Perrotta
Lazio -
ROMA 0:2 Aquilani, Taddei