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Depuis jeudi soir, 22H41, les supporters lensois n?en sont toujours pas revenus. Issam Jemâa, venu délivrer les siens tel le Zorro que le tout Bollaert attendait, a crucifié Castellazzi et la Sampdoria, et les fans artésiens demeurent assis sur leur nuage. Ils contemplent tous l?année 2005 traversée au rythme des matches enlevés et des rencontres fantastiques. Ils rêvent encore d?une année du Centenaire ornée de titres et de bonheurs.
A bien y regarder, pourtant, il n?est quand même pas si loin le temps où Caen et Istres venaient s?imposer en terre lensoise. C?était en janvier dernier. Il y a onze mois. Et le Racing vacillait encore aux portes de la zone de relégation. Un temps où Saint-Etienne étrillait des joueurs lensois amorphes en quart de finale de la Coupe de la Ligue (0-3). Et où tout un peuple Sang et Or regardait le classement les yeux dans le rétroviseur et la peur au ventre.
53 buts à domicile !
Et puis, le grand chambardement de la fin janvier a modifié la donne. Enchaînant succès et opérations séductions, le Racing a alors décidé de se retrousser les manches et de retrouver ses envies de solidarité et d?enthousiasme. Un homme, Francis Gillot, incarne totalement ce bouleversement radical en quelques mois.
Sous ses ordres, Bollaert est redevenu une citadelle imprenable. Si Auxerre, en Coupe de la Ligue, a bien réussi à faire tomber Lens, ce fut la seule défaite, et seule véritable fausse note, d?un parcours proche de l?excellence à domicile. La preuve en chiffres qui, s?ils ne veulent pas toujours dire grand-chose, sont quand même parfois révélateurs : le Racing a joué 24 matches toutes compétitions confondues à Bollaert en 2005, en a remporté 17, y a concédé 6 nuls pour une seule défaite. Les Sang et Or y ont inscrit la bagatelle de 53 buts et n?en ont encaissé que 16. Désormais, on ne s?ennuie plus en Trannin ou en Delacourt niveau 2 !
bien finir 2005
Ce matin, Lens n?a plus perdu en championnat depuis 17 matches. En ayant pris des points à Monaco, Lyon, Paris ou Lille et en ayant montré un allant offensif que peu de formations hexagonales, les Gones mis à part, peuvent afficher, les Artésiens ont le sourire. Ce matin, les Lensois ont l?occasion de devenir les dauphins de cet Olympique Lyonnais qui semble si lointain. Mais, on l?a vu, en quelques mois, il peut se passer énormément de choses. Ce matin, ce n?est ni avec les yeux dans le rétroviseur ni avec la peur au ventre que le public Sang et Or se prépare à recevoir Le Mans.
Les 40 000 drapeaux qui virevolteront dans le ciel de Bollaert au moment du coup d?envoi seront autant de déclarations d?amour pour un club qui déclenche toujours autant de passion. Oui, c?est avec le regard fier et les yeux tournés vers les cimes du classement de Ligue 1, que les supporters Sang et Or entonneront la « Lensoise » ce soir. Il sera alors temps de bien finir 2005. Et d?attendre 2006, année ô combien symbolique, avec une impatience non dissimulée. Même à 100 ans, on peut encore avoir des rêves plein la tête.
source: lensois.com