Cissé, c’est trop fort !
Pour ses débuts avec Sunderland, l’ancien Marseillais a inscrit le but de la victoire face à Tottenham (2-1).
C’EST DEVENU une habitude.
Djibril Cissé marque toujours pour ses débuts anglais. Et cela se passe toujours à White Hart Lane, contre Tottenham. Titulaire pour son premier match de Championnat avec Liverpool, le 14 août 2004, il avait ouvert le score, avant que les Spurs n’égalisent.
Quatre ans plus tard, Cissé a marqué à nouveau. Mieux : hier, il a donné la victoire à Sunderland (2-1), deux jours après son arrivée. Un succès historique pour les Black Cats, qui ne s’étaient plus imposés dans le nord de Londres depuis plus de trente ans en Championnat (*) !
« Espérer mieux, c’est impossible, confiait-il après la rencontre. Je joue vingt minutes (vingt-cinq en réalité).
Je marque le but qui donne la victoire, c’est beau. Ça fait du bien de retrouver le chemin du but. À la fin, j’étais mort. J’avais du mal à respirer. J’étais stressé. J’avais envie de bien faire. » C’est réussi. Attendue à la pointe de l’attaque au coup d’envoi, la nouvelle recrue de Roy Keane a d’abord pris place sur le banc.
« Je n’avais pas l’intention de le faire jouer d’entrée, expliquait l’entraîneur de Sunderland. Il ne s’est entraîné qu’une seule fois avec nous, hier (vendredi) et je pensais que ce serait bien qu’il s’assoie et regarde comment nous jouons. » Entré à la 66e minute, Cissé n’avait touché que deux ballons, dont un engagement après l’égalisation de Jenas (73e), lorsqu’il s’éleva plus haut que Ledley King pour reprendre d’une tête smashée le centre de Murphy et tromper Gomes (83e). Tout s’est donc passé très vite, comme son transfert.
« J’ai pris ma décision dimanche, après le match d’Auxerre (4-0 pour Marseille au Vélodrome, dimanche dernier, en Ligue 1) », a précisé Cissé.
Lundi matin, il en a averti Pape Diouf après le décrassage. Mercredi, le transfert était officialisé. Jeudi, il est arrivé à Sunderland, où il a aussitôt posé avec le maillot. Vendredi, il s’est entraîné pour la première fois avec ses nouveaux coéquipiers. La suite, on la connaît.
« Je suis fait pour l’Angleterre »
« C’est comme ça, c’est la vie, il y a des choses qui arrivent et qu’on n’avait pas prévues. Car je n’avais vraiment pas prévu de partir », a-t-il répété. Mais Cissé n’a pas voulu s’étendre sur les conditions de son départ précipité de Marseille :
« Posez la question à Pape (Diouf), il vous expliquera. On avait eu une bonne discussion. Je voulais rester et, finalement, c’est tombé à l’eau. » Mais il s’est dit « soulagé » d’être parti : « Ce n’est pas que je n’étais pas bien à Marseille, mais je n’entrais pas dans les plans du coach (Éric Gerets). Parce que jouer vingt cinq minutes en deux matches (Bergen, 1-0 en tour préliminaire aller de la Ligue des Champions, et Auxerre), ce n’était pas assez pour moi. Après, voilà, le coach a fait ses choix, j’ai fait le mien. On verra. » Alors pourquoi Sunderland, quinzième l’an dernier, plutôt que Manchester City ?
« Cela a surpris les gens, admet Cissé. Mais je pense qu’après ce match, ils vont réfléchir un peu plus. Le projet est bon, le centre d’entraînement, c’est… (Il souffle.) J’en ai rarement vu des comme ça. La présence de Roy Keane, quelqu’un qui connaît le haut niveau, a aussi joué dans la balance. Et on a démontré aujourd’hui qu’on pouvait rivaliser avec les grands. Parce que Tottenham, c’est une grosse équipe et on l’a battue. Je pense avoir fait le bon choix en venant ici. Sunderland va surprendre beaucoup d’équipes.
Et puis c’est le jeu que j’aime, je suis fait pour l’Angleterre. L’ambiance, l’accueil des gens... je me régale. »
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