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La Voix des Sports - 11/09/2006
Claude Puel : une ambition taillée dans la pierre
Le LOSC en Ligue des champions
Mardi dernier, Claude Puel était un homme heureux. Détendu. Le costard bien arrangé, il s?est glissé avec sa discrétion naturelle parmi la petite foule de convives rassemblée sous une tente, à quelques mètres de l?immense corps de ferme de Luchin. Il n?a pas pris la parole, tout juste a-t-il serré quelques mains, histoire de soigner ses relations avec les élus de la Communauté. Histoire, aussi, de prendre le pouls des discours et des bonnes paroles, ceux concernant le futur grand stade lillois notamment. Comme tous les invités, l?entraîneur lillois était venu assister à la pose symbolique de la première pierre du Domaine de Luchin, le futur centre de vie lillois.
Symbolique. Le mot n?est pas galvaudé pour le meilleur entraîneur de France, la saison dernière, selon ses pairs. Celui qui a posé ses valises dans le nord de la France, il y a maintenant plus de quatre ans, couve d?un oeil attentif l?évolution du chantier, en partie le sien. De la formation au groupe pro, du centre d?entraînement au grand stade, il ne laisse rien grandir sans lui, comme un petit jardin que l?on bichonne.
Il partage le poids médiatique du projet avec son président, Michel Seydoux, avec lequel il forme un tandem efficace. Deux têtes d?affiche, soutenues par un club et ses salariés, une petite équipe qui tente de compenser sa relative jeunesse dans le métier par sa faculté à bosser vite et bien dans la discrétion.
Depuis deux ans, cette entreprise ne connaît pas la crise. Ou presque. « J?aime bien la devise du président, quand il parle du club, comment il dit? ?On dit ce qu?on fait et on fait ce qu?on dit?. Cette transparence l?honore, j?aime ces valeurs-là », explique Puel.
Luchin qui grandit, donc, même symboliquement, c?est une étape supplémentaire dans l?esprit du bâtisseur. Le projet vit. « Je suis surtout satisfait par rapport aux salariés, aux supporters et au président. Quand il est arrivé, beaucoup l?ont accusé de n?être là que de passage, ou à diverses fins? Et quand on voit toutes les initiatives prises, ce centre d?entraînement financé sur fonds propres, ce qui est unique en France, on peut être satisfait. » Malgré les retards, malgré les coups d?arrêt, passés ou à venir, ce projet est un fil invisible qui noue le destin d?un entraîneur et d?un club, pour quelque temps encore.
Sollicité par des clubs français et étrangers depuis deux ans, l?ancien joueur et entraîneur de Monaco a toujours opté pour la stabilité. Même s?il a réfléchi : « A chaque fois que j?ai pris la décision de rester, oui c?est vrai, c?est le projet qui m?a retenu. On est partis de rien ou presque et on voit que tout le monde avance. Et tant que je penserai que le projet est viable, je resterai. » Ce n?est donc pas un contrat aveugle. « Cette saison est cruciale, il va y avoir des décisions importantes au niveau structurel, concernant le stade, le financement, etc... J?y serai très attentif, car on doit continuer à avancer. » La Ligue des champions, qui s?élance mercredi à Anderlecht, est sans doute l?élément qui offre le plus de visibilité. Le signe des temps qui changent, même si c?est la deuxième participation en deux saisons, et même si, encore une fois, Lille ne jouera pas dans son stade.
Pourtant, encore une fois, avec ses moyens, le club lillois tentera de bousculer la hiérarchie existante. Les joueurs sont à bonne école : c?est ancré dans la nature même de leur entraîneur, dans ses tripes de compétiteur. « J?avais décidé de parler aux joueurs avant même le tirage au sort : je leur ai tout de suite dit de ne pas faire trop attention à nos futurs adversaires, que ce serait dur de toute façon et qu?il fallait être prêt a affronter n?importe qui. » Il dit aussi : « On est plus ambitieux cette fois, oui, mais c?est logique. La saison dernière, c?était la découverte. Cette année, il y a le Milan au-dessus, normalement, et ensuite on est tous sur la même ligne. » A peine concède-t-il que démarrer et finir le groupe par un match à l?extérieur « ne (nous) facilite pas la tâche . » La visibilité n?est pourtant pas un gage de reconnaissance. Cette campagne devra être brillante, pour renverser les a priori, ceux qui font de Lille la petite bête qui monte, mais ne fait pas rêver. Puel le sait, mais ne s?y fait pas. « Quoi qu?on en ait dit, je suis très fier de notre parcours de la saison dernière en C1, avec cette bande de jeunes. Je crois que tout le monde ne s?est pas bien rendu compte de ce que l?on a réalisé. Avoir progressé aussi vite, dans un contexte difficile, entre notre première sortie à Lisbonne et notre victoire sur Manchester United? » Dans les faits, l?entraîneur lillois a compris qu?il faudrait du temps pour que le bébé devienne sexy. « On est peu médiatisés, les gens ont une fausse idée de notre jeu, même les techniciens. Ça me dérange toujours, surtout qu?il n?y ait pas une certaine reconnaissance. Abidal, qui est sélectionné quinze jours après avoir signé à Lyon, ce sont des choses que je n?accepte pas trop. » A Lille, même si l?édifice est loin d?être érigé, les pierres ne manquent pas. La Ligue des champions en est une dans le jardin de ses détracteurs.
Antoine PLACER
Franchement
Puel c'est la tres tres grande classe que ce soit en tant qu'entraineur ou en tant qu'homme! Quoiqu'il arrive dans l'avenir il aura laissé une trace imperissable au Losc! Et apparament si nos elu veulent bien se bouger le cul il va continuer a la laisser encore un bout de temps sa trace!
C'est vraiment genial d'avoir dans un club des gars comme lui et Seydoux qui sont super concerné par les projets sportifs et culturels! Et quand en plus il sont tombés amoureux de la region et defendent c'est valeur c'est encore mieux!