L'OM et le ridicule achèvent Lille
Vainqueur d'une seule rencontre ces neuf dernières journées, l'OM s'est rassuré dimanche soir en doublant ce maigre capital victoires aux dépens du Losc, dans le cadre de la 31e journée de L1 (4-1). Un succès déterminant, qui condamne certainement les ambitions européennes de Lille, terni toutefois par la piètre prestation de Monsieur Piccirillo au sifflet. Avec deux penalties imaginaires et une expulsion injustifiée, entre autres incohérences, l'arbitre francilien peut se targuer d'avoir pesé plus que de raison dans le match.
Monsieur Piccirillo expulse Emerson. Le tournant du match... dès la neuvième minute.Crispée, voire crispante, la confrontation entre l'OM et le Losc devait l'être. Comme toute opposition décisive qui se respecte, ce match estampillé "tournant de la saison" par les observateurs - dans une perspective européenne s'entend - promettait son lot de suspense, d'angoisse et d'émotion. Quelle qu'en fut l'issue. Mais parmi tous les scénarii possibles imaginés par ces deux camps en mal de victoire, aucun certainement n'avait réservé le premier rôle à l'homme en noir.
Vêtu d'un maillot rouge pour l'occasion, Monsieur Piccirillo a pourtant brillé de mille feux sur la pelouse du Vélodrome. A commencer par ceux du courroux des supporters. Car tandis que les 22 acteurs abordaient la rencontre dans le meilleur état d'esprit qui soit, certes conquérants, en bons prétendants à la Ligue des champions, mais corrects dans leurs engagements, l'arbitre de la ligue francilienne s'empressait de gâter les débats, par deux coups de sifflet aussi décisifs que grotesques.
Monsieur Piccirillo expulse Emerson. Le tournant du match... dès la neuvième minute. Les bonnes droites de CivelliL'on jouait depuis neuf minutes à peine en effet lorsque Pagis, bien lancé dans l'axe du but de Sylva, était repris dans sa course par un tacle impeccable d'Emerson au-delà de la ligne des 18 mètres. Surpris par cette excellente intervention défensive, le Phocéen, préféré à Cissé sur le front de l'attaque olympienne, finissait son action sur le séant. Une posture peu orthodoxe qui justifiait la double peine selon Hervé Piccirillo. Niang transformait alors le penalty généreusement accordé pendant que le jeune dogue, titulaire en L1 pour la première fois de sa carrière, rentrait aux vestiaires la tête basse (1-0, 9e).
Le temps que les brumes des fumigènes emplissent l'atmosphère survoltée du Vélodrome et le maître du jeu, pris de remords ou tout simplement gêné par les vapeurs rougeâtres, usait à nouveau de son instrument. Un deuxième coup de sifflet synonyme de penalty - cette fois à l'encontre de Rodriguez et de l'OM - qui ne sonnait cependant pas plus juste que le premier. Qu'importe ! Bastos n'avait pas plus d'états d'âme que Niang et ramenait les deux formations à 1-1, deux minutes à peine après l'ouverture du score (11e).
En large supériorité numérique - à douze contre dix si l'on considère le puissant impact du public marseillais - les hommes d'Albert Emon ne se laissaient pas déstabiliser pour autant par cette égalisation et s'évertuaient à construire patiemment leur succès. L'hyperactivité d'un Nasri en état de grâce et d'un Ribéry bel et bien de retour aux affaires tardait toutefois à faire mouche. La solution venait alors du pied droit de Civelli. Lui, le défenseur gaucher à la fiabilité controversée, trouvait la faille à deux reprises, opportuniste à la conclusion de deux coups de pieds arrêtés porteurs de panique dans la surface nordiste (2-1, 38e puis 3-1, 63e). La victoire ainsi assurée, Niang s'octroyait le privilège de parachever l'oeuvre phocéenne, au terme d'une belle action conduite par ses soins (4-1, 91e). La messe était alors dite depuis bien longtemps. L'OM, cinquième, n'est plus qu'à quatre points du fauteuil de dauphin.
Par Yannick SAGORIN
De Sports.fr