Chalmé : "Plus rien à perdre"
Vainqueur d'une seule rencontre ces neuf dernières journées, le Losc traverse une mauvaise passe préoccupante depuis près de deux mois. En cause notamment selon Matthieu Chalmé, la cruelle désillusion de la Ligue des champions, à l'origine d'un relâchement d'abord consenti, puis rapidement difficile à endiguer. Si le défenseur lillois souligne que les Dogues n'ont plus d'objectif en mire jusqu'à nouvel ordre, le groupe nordiste cherche malgré tout à renouer au plus vite avec la victoire. Les Sochaliens pourraient en pâtir.
Matthieu Chalmé et les Lillois ont décidé de jouer au jour le jour désormais.
Avez-vous digéré la défaite au Vélodrome ?Oui et non. Oui, parce qu'il faut savoir accepter de perdre. Et non parce que dans notre situation actuelle, nous devions prendre les trois points. Cette défaite nous contraint à réagir au plus vite. Chose que nous allons nous employer à faire à Sochaux ce week-end.
Le scénario du match ne vous laisse pas plus amer que cela ?Non. Nous n'en voulons pas plus que ça à Monsieur Piccirillo. L'erreur est humaine. C'est vrai que l'arbitrage a changé la donne du match et a offert à l'OM un net avantage mais il faut prendre conscience que les arbitres ont besoin d'aide. Que ce soit avec un assistant dans la surface ou, pourquoi pas, avec la vidéo. Ce genre d'erreurs arrivera encore tant que l'on ne traitera pas le problème.
Selon vous, les joueurs sont-ils majoritairement partisans de la vidéo ? Nous ne sommes pas forcément pour la mise en place de la vidéo dans le foot mais il devient urgent d'agir. Beaucoup de sports ont évolué dans ce sens. Personnellement, je pense que les arbitres de surface peuvent être une bonne solution.
Croyez-vous toujours en une qualification européenne ? Après tout, l'UEFA n'est qu'à quatre longueurs, la Ligue des champions à six points...Nous avons décidé de ne plus nous fixer d'objectif. L'important aujourd'hui, c'est de renouer avec la victoire. Dans deux, trois matches, nous pourrons peut-être parler à nouveau de nos ambitions. Au vu de nos derniers résultats, l'Europe n'est pas forcément d'actualité. Mais ce n'est pas pour autant que nous n'y croyons plus !
Est-ce votre manière d'atténuer la pression que de ne pas vous focaliser sur un but précis ?Ce n'est pas la pression qui nous a fait perdre des matches. C'est même plutôt l'inverse. Depuis les huitièmes de finale de la Ligue des champions, nous avons perdu la combativité qui nous valait d'être en haut de tableau. Nous nous sommes relâchés après Manchester. Nous avions besoin d'évacuer pendant quelques matches. Et aujourd'hui, nous avons du mal à remonter la pente et nous accumulons les coups du sort.
Les circonstances du huitième de finale aller de la C1 seraient à l'origine de votre actuel passage à vide ?Pas les circonstances. L'élimination ! C'est ça qui nous a fait mal. Nous avions fait de la Ligue des champions notre priorité. Du coup, nous avons oublié que pour avoir la chance de jouer contre Manchester, il fallait d'abord passer par le championnat. Nous nous sommes trompés de cible.
"Nous avons gaspillé trop de jokers"Au-delà de cela, le Losc semble surtout marquer le pas offensivement ces derniers temps. Vous n'avez inscrit qu'un but en quatre journées, sur penalty...Oui mais il s'agit là avant tout d'un problème collectif. Il n'est pas question de faire le procès de nos attaquants. C'est à chacun de donner un peu plus de sa personne. Nous, les défenseurs, avons également notre part de responsabilités. Il faut que nous apportions davantage de bons ballons, que nous débordions plus sur les côtés. Nous avons tous conscience que la clef de la réussite est collective.
En ce sens, les nombreuses blessures qui ont frappé votre équipe ne vous ont pas aidé à redresser la barre... Nous n'avons pas été épargnés, c'est vrai... C'est un tout. Et le fait de ne jamais jouer avec la même équipe ne facilite pas les choses. En plus, ce sont à chaque fois des joueurs cadres qui ont été touchés... Maintenant, il ne faut pas se chercher d'excuses. Nous avons un effectif suffisamment étoffé normalement pour faire face à ces imprévus. Même si c'est difficile.
Vous n'avez gagné qu'un match ces neuf dernières journées et vous demeurez au contact des Européens. Que vous inspire ce paradoxe ?Je trouve ça plutôt positif. Il reste peu de matches avant la fin de la saison et au moins, on est sûr que tout le monde va jouer sa chance à fond. Toutes les équipes vont avoir à coeur de jouer le jeu jusqu'au bout et je pense que c'est une bonne chose d'avoir un championnat si serré. On se plaint souvent que Lyon n'a pas d'adversaire à sa taille mais derrière, tout est possible ! Le suspense reste entier.
Si vous ne vous êtes pas fixé d'objectif avant Sochaux, peut-on malgré tout parler de match de la dernière chance ?Nous ne parlons plus de dernière chance. Nous avons gaspillé bien trop de jokers pour ça. Remonter six points, ça signifie que nous devons gagner deux fois sans que nos concurrents progressent et nous n'en sommes pas encore là. Nous devons avant tout retrouver le goût de la victoire pour terminer le mieux possible cette saison. Nous ferons les comptes en temps voulu.
Les Sochaliens sont-ils les adversaires idéaux pour vous relancer ?C'est une équipe qui fait une bonne saison et qu'il nous faut respecter. Ils sont devant nous au classement, ce qui fait que nous ne serons pas forcément favoris sur ce match. Vu notre situation actuelle, ce n'est pas plus mal que nous soyons outsiders. De toutes façons, nous n'avons plus rien à perdre.
Propos recueillis par Yannick SAGORIN
De Sports.fr