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Football Alain Dreyfus a démissionné
Moins de trois ans après son arivée à la tête du club mulhousien, Alain Dreyfus a présenté sa démission. Archives Vincent Voegtlin
Le président du FC Mulhouse Alain Dreyfus n’a pas souhaité commenter la nouvelle ce vendredi. Mais il a bel et bien présenté sa démission devant le bureau du comité directeur du club mardi soir.
Présent à Paris, hier après-midi, Alain Dreyfus a préféré botter en touche à l’autre bout du téléphone et ne faire « aucun commentaire sur le sujet. » Une non-réponse qui tenait plutôt de l’aveu puisque le président mulhousien aurait évidemment pris le soin de rejeter la rumeur si celle-ci s’était avérée infondée.
Mardi soir, celui qui était devenu l’homme fort du FCM depuis l’été 2008 a donc bel et bien présenté sa démission devant le bureau du comité directeur, comme l’a d’ailleurs confirmé l’un de ses membres sous couvert d’anonymat : « M. Dreyfus a effectivement dit qu’il arrêtait les frais et qu’il préférait jeter l’éponge. Il était désabusé. Nous avons, par principe, refusé en bloc sa demande, même si, dans les faits, cela ne l’empêchera pas de faire ce qu’il veut. Aujourd’hui, on ne sait pas précisément ce qui a pu le pousser à prendre cette décision. Et on ne sait pas trop de quoi sera fait l’avenir… »
En attendant que le principal intéressé ne décide de livrer le fond de sa pensée et d’expliquer quelles raisons exactes l’ont poussé à prendre cette décision, l’heure est donc aux supputations.
On savait déjà l’homme lassé des choses du football ( «Depuis quatre ans, le foot ne me procure aucun plaisir. Au contraire, chaque jour, il me ramène un nouveau problème », avait-il déclaré dans ces mêmes colonnes à la fin du mois de janvier). Pour un investissement financier maximum - il aurait sorti de sa poche plus d’un million d’euros en moins de trois ans au FC Mulhouse - l’homme de 65 ans n’a eu droit qu’à un retour minimum, à savoir une inutile 3 e place en CFA en 2009 et un 16 e de finale de Coupe de France face à Guingamp en 2010.
Cette saison encore, son équipe fanion n’occupe que le 10 e rang du championnat de France amateurs alors que la montée en National était l’objectif n°1.
La goutte d’eau après les propos de Hilali
Mais outre les déboires sportifs, ce sont les relations de plus en plus tendues avec la municipalité qui ont, semble-t-il, achevé de convaincre le président d’abandonner le FCM.
L’homme d’affaires mulhousien n’aurait pas apprécié d’avoir été invité cette semaine, par l’intermédiaire de Francis Daverio, vice-président, par l’adjoint aux sports Eric Schweitzer afin de présenter son projet pour la saison prochaine et s’expliquer sur les récentes déclarations du président du Racing Strasbourg, Jafar Hilali. Dans les colonnes des DNA, ce dernier proposait rien moins que la fusion des clubs de football de Mulhouse et de Strasbourg, avec un centre de formation à Strasbourg et des matches à Mulhouse, au stade de l’Ill, et précisait que M. Dreyfus était d’accord ! « Ce qui est faux et archi-faux, assure un proche du président mulhousien. À aucun moment, il n’a dit à M. Hilali: «Tenez, le stade de l’Ill est à vous !» Il sait parfaitement que la mise à disposition d’équipements sportifs municipaux ne relève pas de sa compétence. Il n’est pas fou. »
Fidèle à son caractère tempétueux, Alain Dreyfus a donc visiblement préféré renoncer à la présidence du FCM plutôt que d’être convoqué et d’avoir à se justifier.
Quid désormais de l’avenir proche du club mulhousien ? Le comité directeur parviendra-t-il à faire changer d’avis M. Dreyfus ? Trouvera-t-il une solution en interne ? Un successeur va-t-il toquer à la porte du club ? En existe-t-il déjà un ? Le club pourra-t-il repartir avec quelques ambitions en CFA sans son président et principal mécène ? Dans ce flou artistique, une seule chose est certaine : Alain Dreyfus s’en ira en laissant les comptes du club à l’équilibre. Il s’y est engagé par écrit et l’a toujours répété : « J’ai payé les dettes de mes prédécesseurs mais je n’en laisserai jamais une derrière moi. »