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Metz, après la tempête
Son printemps infernal enfin achevé, le FC Metz va maintenant chercher comment ne pas renouveler pareil gâchis, la saison prochaine. Vaste chantier !
Une équipe à (re) construire
C’est devenu l’activité estivale préférée du FC Metz : revoir le calibrage de son effectif en conciliant projet sportif et réalité économique. Vaste chantier, quand il s’agit par exemple aujourd’hui encore de devoir composer avec l’inflation d’embauche des dernières années, une erreur plusieurs fois commise, déjà, depuis dix ans. Car enfin, le football ne se pratique pas à quarante et la saison qui vient de s’achever a montré les nuisances que pouvaient produire, inconsciemment ou non, des joueurs plus ou moins tenus à l’écart. Quelques uns «n’ont pas été sur la même dynamique de projet», «ont tiré le groupe vers le bas», a consenti à dire Yvon Pouliquen, à la veille du Metz - Guingamp terminal, sans toutefois étayer son propos.
Réduire un groupe pléthorique, parvenir éventuellement à le débarrasser de ses poids morts, qui n’arrivent sans doute pas tous en fin de contrat, voilà la mission première qui incombe au club messin. En parallèle, il va falloir aussi penser à renforcer l’effectif, non à le compléter, nuance. Il y a encore un mois, les recruteurs maison travaillaient sur la perspective de la Ligue 1. Le projet n’est plus le même, les moyens non plus, et l’intérêt que Metz est susceptible de susciter a radicalement changé, en quelques semaines. Là-dessus, il va pourtant bien falloir (re) construire une équipe qui devra réussir là où sa devancière a échoué, c’est-à-dire être capable de gagner un match de plus, d’en perdre un de moins : avec soixante-neuf points, Metz se serait réveillé hier matin en champion de la Ligue 2…
Un entraîneur pour remonter
Lié contractuellement avec le FC Metz jusqu’en juin 2010, Yvon Pouliquen souhaite affronter l’échec et «monter avec ce club», comme il l’a répété depuis la défaite fatale à Ajaccio, le 22 mai. Mardi, il présentera son analyse de l’échec à ses patrons, qui auront sans doute beaucoup de questions à lui poser avant, probablement, de le maintenir en place : sur la nature de la panne subite qui a éjecté Metz du podium ; sur la gestion de son groupe, en interne comme en externe ; sur le parcours des joueurs qu’il a souhaité recruter, comme Cyril Chapuis, Pascal Johansen ou Guillaume Rippert.
Yvon Pouliquen devra surtout convaincre Bernard Serin et les autres actionnaires du club qu’il a tiré les leçons de cet échec en forme de gâchis, pour ne pas le voir se reproduire, dans un an.
Un club à réinventer
Vendredi soir, sur tous ces sujets, l’entraîneur messin a semblé vouloir réserver à sa hiérarchie, qu’il rencontrera mardi, ses réponses à nos questions. Son analyse est-elle prête ? «Bien sûr.» L’échec complique-t-il sa mission, s’il reste en place ? «Non. Dans ce métier, la défaite vous en apprend au moins autant que la victoire.» Yvon Pouliquen et ses adjoints ont dû beaucoup apprendre, depuis avril…
Parallèlement au volet sportif, l’aréopage messin planche, depuis huit jours, sur la structure même d’un club dont le fonctionnement n’a pas vraiment été modifié par le changement intervenu à sa tête, en mai 2008. Le partage du pouvoir entre Bernard Serin, nouvel actionnaire majoritaire, et Carlo Molinari, toujours président, a parfois donné une impression de confusion admise, à mots couverts bien sûr, jusque dans les arcanes du club. Ces jours-ci, les administrateurs du club planchent sur une répartition nouvelle du capital, induise par la nécessité de réinjecter des fonds nouveaux dans les caisses. Lundi dernier, dans les colonnes du Républicain Lorrain, Bernard Serin a lancé un ballon d’essai : «Il y a des réflexions à mener sur la structure même de ce club qu’il faut remettre sur les rails […]. Ce coup de semonce nécessite un électrochoc et cet électrochoc, il est temps de le provoquer.»
Des décisions de quelle nature ? Des changements de quelle ampleur ? Les patrons de l’entreprise FC Metz y travaillent. Une chose est sûre : un statu quo ressemblant au changement dans la continuité d’il y a un an ne constitue pas exactement le signal attendu par un public gagné pour partie par la colère et, plus grave, par l’indifférence. Vendredi soir, les spectateurs pacifiques (une écrasante majorité) ont assisté au meilleur match du printemps, en troisième mi-temps : il opposait quelques excités du fumigène aux forces de l’ordre proportionnellement équipés de flash-ball !
Alors que le projet de développement à l’horizon 2010, lancé en janvier 2007, n’en finit plus de donner l’impression de ne pas avancer, le FC Metz engage une autre bataille, qui s’étend au-delà des limites du terrain de jeu : il s’agit de retrouver une crédibilité. Car en dix ans, il est passé du statut de club envié dans toute la France à celui de modèle à ne pas reproduire. Montpellier vient de lanterner pendant cinq saisons en Ligue 2, avant de remonter, un même long chemin déjà emprunté par Nancy, aux virages des siècles. En un an, Troyes est passé des portes de la Ligue 1 à la descente en National. En 2009, Metz a découvert qu’il n’y avait pas d’automaticité à rebondir après la chute. Alors, on fait quoi ?
Yvon Pouliquen présentera son analyse de l’échec à ses patrons, qui auront sans doute beaucoup de questions à lui poser.
Sylvain VILLAUME.
Je suis pressé d'etre demain pour voir les raisons invoqués par Yvon pour la non montée en L1