Mdr Benja

Citation
La Dépêche :
TFC: une révolte et une victoire
Menés 2-0, les Toulousains arrachent la victoire dans les arrêts de jeu, grâce au premier but de Rivière
Pour la deuxième fois consécutive, le TFC a arraché la victoire dans les arrêts de jeu de son match, hier soir au Stadium. Mais la comparaison s'arrête là. On n'avait pas franchement eu l'occasion de vibrer à Caen samedi dernier, match solide, sérieux, appliqué, point. On s'est rappelé hier soir que le football est quelquefois inexplicable. Et si cette incertitude est aussi savoureuse, c'est que l'adversaire avait nom Bordeaux, et que les Girondins menaient 2-0 au repos, avant de se faire culbuter par un TFC aussi déchaîné que vexé par sa prestation de la première mi-temps.
Car il y a eu deux équipes toulousaines hier. Une, empruntée, à l'arrêt, en retard dans tous ses duels, battue sur toutes les conquêtes, humiliée sur les deux buts, mystification de Jussiê sur Capoue dans le rond central, puis passe décisive plein champ de Ninkov, des cadeaux comme on n'en voit qu'en minimes, et encore. Une autre, déterminée, furax même, qui a refait son retard en six minutes dès le retour des vestiaires, où Météo France n'avait pas prévu la tempête qui a soufflé chez les Violets.
Si on a beaucoup vu les Girondins avant le repos, surpris par autant d'offrandes, bien en place dans leur nouveau système à une pointe, on ne les a plus revus ensuite. Il y a bien eu une ou deux alertes qui ont rappelé que la défense toulousaine ne fonctionne que par à-coups, mais la deuxième période a consisté en une révolte d'autant plus significative que ce n'aurait pas été le cas il y a peu. C'est là, dans cette réaction d'orgueil et cette remise à plat de son jeu, que le TFC a puisé ce qu'il fallait pour asphyxier son adversaire.
La puissance toulousaine a fini par payer, sur des coups de pied arrêtés qui ont valu à Carrasso un deuxième penalty indiscutable, un rouge direct et une bordée de sifflets. Mais si Tabanou avait été le déclencheur des deux premières sanctions, penalty en finesse puis corner sur lequel Capoue y est allé d'un joli ciseau, son échec sur le deuxième penalty a mis encore plus de sel dans une soirée qui a doucement basculé dans la folie, jusqu'à l'explosion finale, dans les arrêts de jeu : en quinze minutes seulement et après quatre mois sans jouer, Rivière a énormément montré, beaucoup plus que Bulut sur ce match en tout cas, il a marqué son premier but et pris son premier jaune. Mais sa joie, torse nu dans les bras de ses entraîneurs et coéquipiers, était humaine et compréhensible. Parce que ce match va rester dans les mémoires, bien au-delà du simple derby de la Garonne, pour sa seule folie.
TFC 3- Bordeaux 2
Stadium. 15453 spectateurs. Arbitrage de M. Castro assisté de MM. Durussel et Luzi. Temps additionnel: 4' (1+3).
Pour Bordeaux: Diabaté (19 et 38).
Pour Toulouse: Tabanou (52, pen.), Capoue (58), Rivière (90+1).
TFC: Ahamada - Ninkov, Congré (cap), Abdennour, M'Bengue - Capoue - Braaten, Sissoko puis Machado (84), Devaux, Tabanou - Bulut puis Rivière (78). Entr.: Alain Casanova.
Avertissements: Capoue (42, tacle en retard sur N'Guémo), Ninkov (71, tacle en retard sur Maurice-Belay), Rivière (90+1, maillot enlevé).
Girondins: Carrasso - L. Sané, Henrique, Ciani, Trémoulinas - Plasil (cap), N'Guemo - Ab. Traoré puis A. Keita (75), Jussiê puis Sertic (75), Maurice-Belay puis Krychowiak (89) - Diabaté. Entr.: Francis Gillot.
Avertissement: Ciani (81, pied haut dangereux sur Tabanou).
Expulsion: Carrasso (75, plaquage sur Tabanou dans la surface).
Ils ont dit
Alain Casanova : « Oui, je crois que quelque chose est né ce soir… La force mentale, c'est la marque de fabrique du groupe. Assurément. Le scénario ? C'est toujours facile à dire après coup, mais à la mi-temps j'ai essayé de mettre dans la tête de mes gars que c'était toujours possible en football. Qu'on s'était mis tout seuls en difficulté, parce qu'on avait été particulièrement faibles où Bordeaux était fort. Je pense à leur flanc gauche, Trémoulinas - Maurice-Belay, qu'on n'avait pas su bloquer. Et c'est plutôt rageant car on était à créditer d'une bonne entame. Après, le premier but nous coupe les jambes et on leur permet dans la foulée de mener 2 à 0. Le tournant, sûrement, c'est qu'on recolle très rapidement et qu'on revient d'autant plus vite - à l'heure de jeu, on avait remis les pendules à l'heure. Mieux : dès lors, on a pris l'ascendant psychologique. Et Manu (Rivière) a bénéficié du travail de sape d'Umut (Bulut) ; néanmoins, naturellement qu'il va nous apporter beaucoup… »
Francis GILLOT : « On ne mérite pas de perdre ; notre gardien non plus. C'est un revers qui fait très mal pour la confiance. Il va falloir remobiliser tout le monde d'ici mardi et la réception de Lille. Pas évident. Tout n'est pas à brûler non plus, en revanche ! J'ai aussi vu de bonnes choses, des séquences intéressantes. Le premier penalty ? Je ne sais pas, c'est un mauvais réflexe. Puis, on prend l'égalisation bêtement sur un nouveau coup de pied arrêté. Quant au troisième, au lieu d'aller au piquet de corner... Enfin, tout cela prouve qu'on reste très fragiles. »
Rivière : « J'en ai rêvé »
Il était attendu comme le Messie, il n'a pas déçu. Le plus gros transfert téféciste de l'intersaison - 6M€ - est entré hier soir à 13 minutes de la fin (un signe, déjà). S'est procuré une occasion avant de forcer la décision dans le temps additionnel. Qui dit mieux ?… Interview d'un homme heu-reux.
Emmanuel, vous ne pouviez espérer meilleur début…
(grand sourire) Bien sûr. J'en ai rêvé de ce but. Depuis ma signature ici (pour 4 ans, ndlr) !
Comment votre rentrée a-t-elle été programmée ?
Avec l'entraîneur et le docteur. Dans la semaine on a parlé, et je savais que je pouvais tenir un quart d'heure/20 minutes.
Plus d'appréhension ?
Juste la persistance de quelques petites douleurs. Normal, le doc' m'a confirmé que ça allait durer une semaine encore.
Allez, racontez-nous votre but.
Je vois Capoue qui récupère le ballon. On se connaît depuis longtemps, on jouait ensemble en Espoirs ; il me lance directement en profondeur - ce que j'affectionne particulièrement. Après, le défenseur (Ciani) revient, donc je mets mon corps en opposition. Je ne me pose pas de question, je sais où le gardien est, va plonger ; et je frappe fort.
Et alors ?
Toute la joie du monde… Ce goût me manquait. Vous savez, lorsque vous marquez il y a un petit goût - pas sucré, pas salé. Je ne saurais le définir mais il est magnifique. J'ai montré à tout le club qu'il pouvait compter sur moi. Pour la petite histoire…
Oui…
Franck (Tabanou) m'a dit qu'il avait fait exprès de louper le penalty pour que je score (rire).
Vous n'avez pas gambergé après la première occasion que le gardien repousse (86e : un ballon, anodin, rebondit sur la poitrine de Keita ; Rivière reprend du plat du pied mais bute sur le goal) ?
Un petit peu. Le coach a su trouver et me donner les paroles qu'il fallait. Il m'a dit de lever la tête. Je me suis dit que j'en aurai une autre.
Très frustrant du banc, non ?
Nous les remplaçants, on voyait que l'équipe n'avait pas de réaction. Et vous ne pouvez rien faire, c'est dur. à la mi-temps on s'est tous remobilisés, et franchement on a fait une super entame de seconde.
Au fait, 4 mois : ça a été plus long que prévu.
Oui. à mon arrivée à Toulouse, j'ai passé des examens poussés. Résultat : avec le staff médical, depuis le départ, on avait fixé comme date de reprise le 15 septembre. Ils ne s'étaient pas trompés…
A quand un match en entier ?
C'est encore trop tôt pour le dire. Je pense que demain déjà (NDLR : ce matin), je vais faire l'opposition interne, prendre du jus dans les jambes et on verra pour la suite.
La suite, justement, c'est un voyage à Saint-Étienne dès mercredi…
Oui, oui. Je crois que c'est le destin. C'était décidé comme ça depuis le début ; que Geoffroy-Guichard arrive à ce moment-là.
Les joueurs
Une maille à l'envers…
AHAMADA (11/20).- Dur, dur... le gardien toulousain ne peut rien sur les deux buts girondins. Sur l'ouverture du score, le Franco-Comorien est mystifié d'un pointu à 6m (0-1, 19e) ; sur le break, il lui manque une main pour toucher la frappe tendue des 20m de Diabaté (0-2, 38e). à part ça, l'international Espoirs s'est plutôt fait respecter sur les balles aériennes.
NINKOV (9).- Première demi-heure catastrophique du Serbe, qui s'est littéralement fait manger dans son dos. Après une première alerte signée Trémoulinas (5), il est pris par Trémoulinas et lève la main croyant au hors-jeu : but de Bordeaux à l'arrivée (0-1, 19e). Le pire est à venir… L'ancien capitaine de l'étoile rouge sert, plein axe (!), Diabaté qui bat Ahamada (0-2, 38e). Mais dans les arrêts de jeu, c'est son sauvetage à l'arraché sur Sertic, pleine surface, et sa relance qui est à l'origine du but vainqueur (3-2, 90+1). Ouf !
CONGRÉ(9).-également à mi-temps, le grand Dan'. Éliminé par Jussiê (12), contré par Maurice-Belay (29)… Un peu mieux après le passage aux vestiaires.
ABDENNOUR (9).- Le Tunisien n'aura pas été incisif non plus, hier soir. à preuve : il ne saute pas sur une tête de Henrique, consécutive à un coup franc distillé par Plasil (15).
M'BENGUE (11).- Cheikh est en train de recouvrer 100% de son potentiel physique. Il est vrai qu'il n'a pas trop été embêté - le FCGB votant à gauche.
Capoue (10).- Troisième réalisation en trois rencontres pour le « serial killer » des Violets (2-2, 58e). Un ciseau qui… retourne son match, étienne n'étant visiblement pas dedans. Il «double» avec son ouverture sur Rivière qui fait basculer les débats dans la folie (3-2, 90+1).
Braaten (10).- Il n'avait plus été titulaire depuis un mois, à Nice (20 août, 1-1 ; 3eJ). Il est passé à côté en première, avant de sonner le réveil obtenant le premier penalty (1-2, 52e).
Sissoko (12).- Il a beaucoup couru. Il est sur le chemin de la forme. En témoigne son occase contrée (75). Remplacé par Machado, de suite dans le bain.
DEVAUX (12).- Mine de rien, c'est lui qui aura été le plus en vue durant les 45 minutes initiales. Par l 'intermédiaire de deux têtes (2, 44).
Tabanou (13).- Bien sûr il a raté son deuxième péno (77e : trop mou, pas assez bien placé), mais quel danger sur chacune de ses prises de balle !
BULUT (9).- Le Turc court toujours après son deuxième but : aïe, aïe, aïe… Remplacé par Rivière