Citation (McNulty @ Feb 14 2011, 00:06)

Justement non, niveau rivalité et histoire, ce derby n'est clairement pas au dessus. Mais y'en aucun qui l'est de toutes facons.
La rivalité entre Saint-Etienne et Lyon dépasse le cadre sportif (football). Bien que les deux villes soit distantes seulement de 62km, elles sont très éloignées. Car avant tout c’est une véritable rivalité sociale, économique, historique entre la bourgeoise (Lyon) et l’ouvrière (Saint-Etienne).
Déjà d’un point de vue historique.
Durant la Révolution Française, le département de Rhône-et-Loire est créé. Lyon dû à son passé glorieux de capitale des Gaules devient la préfecture de ce département.
En 1972, Lyon prend le parti des Girondins, contre la Convention. La ville est alors investie par l’armée, ravagée, de nombreux citoyens sont massacrés (d’ailleurs dans le 6ème arrondissement se trouver une plaque commémorative). L’année 1793 marque la scission au sein du département de Rhône-et-Loire. En conséquence, Lyon capitale d’une grande contrée devient alors préfecture d’un petit département (le Rhône) tandis que Saint-Etienne, petite vielle rurale se retrouve à la tête d’un grande département très peuplé (la Loire.
Dès lors, l’histoire des deux villes se structure sur la bse d’une rivalité en forme de balancier, le succès alternant avec le déclin pour Lyon comme pour Saint-Etienne. Au XIXème siècle, l’industrie chimique et l’industrie de la soie font briller Lyon, alors que Saint-Etienne développe une industrie du textile moins noble (le coton) et axe son économie sur l’armement et la mine.
Il y a tellement d’antagonismes entre les populations des deux villes que c’est impossible de les rapprocher (comme le projet de grande mégalopole prévue). C’est comme si un provincial aller vivre à Paris...
A l’heure actuelle, Lyon bénéficie toujours de l’image prestigieuse que lui ont apporté ses diverses activités économiques et marchandes. La ville est aussi réputée « bourgeoise » - autrement dit ringarde, voir réactionnaire. En revanche Saint-Etienne a toujours revendiqué son esprit « de gauche ». Rivalité historique, économique et sociale...
Pour en revenir au sportif, en dehors de la proximité des deux villes, de l’antagonisme historique et social de Saint-Etienne et Lyon. Les deux clubs ont des valeurs différentes, alors que l’ASSE est un club populaire, et donc avec la passion que ça engendre. L’OL s’est construit dans un milieu « bourgeois » où le foot n’est pas l’intérêt principal, bien au contraire. Le public de l’OL s’est surtout construit grâce aux résultats probants, c’est triste à dire mais beaucoup de « supporters » plutôt spectateurs c’est le bon mot vont à Gerland comme si ils allaient au théâtre (tribune Jean Jaurès – Jean Bouin).
C’est le seul derby en France, à réunir le facteur de proximité et de facteur social, aucun n‘autre ne possède les deux. A moins que tu m’en trouves car je ne vois pas (c’est surement pas le derby du Nord, Metz-Nancy, ou celui de Monaco-Nice qui peut rivaliser).
Bien que la rivalité entre les joueurs se perd de plus en plus, vu que les effectifs de chaque équipe ne comportent pratiquement aucun joueurs imprégnés de cette rivalité (Gonalons, Pied, Janot, Perrin, etc...), elles perdurent chez les supporters.
D’un point de vue sportif, faut arrêtez de dire que le derby n’a aucun intérêt où l’on sait par avance que l’OL va gagner. Dans les années 80 et 90 les deux équipes ne jouaient pas l’Europe, donc ce derby représentait bien le match de la saison. De plus, Lyon et l’ASSE ont des destins croisés, pendant que l’un brillé, l'autre était en déclin... et inversement. La supériorité de l'un était toujours mal ressenti par l'autre (70's pour l'ASSE et 2000 pour l'OL).
C’est peut être difficile à ressentir d'un point de vue extérieur, faut le vivre pour comprendre cette rivalité qui n'a aucun égal en France.
Quelques petites phrases sorties par les joueurs :
Laurent Fournier "Lors du match à Gerland, je n'ai pas été épargné. Je me suis fait copieusement insulter. C'est un peut ça le jeu des derbies. Cette rivalité dépasse parfois les bornes. Mais c'est un tel plaisir de jouer ces matches... J'entends parler des Lens-Lille, des Bordeaux-Toulouse, mais le vrai derby, c'est Lyon-St Etienne. Il n'y a aucun doute là-dessus. Paris-Marseille n'a également rien à voir, c'est seulement une guerre au niveau des journalistes. Alors que le derby, c'est une question de fierté sur la région. (...) Encore aujourd'hui, Lyon, c'est ma ville."
Raymond Domenech : "Les Stéphanois m'ont fatigués pendant 20 ans. Tout leur réussissait. C'est ce qui m'a fatigué. Je suis Lyonnais. C'est la base ça. Je le suis dans l'âme, dans le coeur, donc anti stéphanois. Je n'ai qu'une envie, c'est qu'on parle de l'OL et que St Etienne devienne la banlieue de Lyon. Les Stéphanois vivent sur une réputation qui les favorise, par l'arbitrage notamment. On leur passe tout, sous prétexte que l'ASSE fut l'équipe phare du football français. Il faut arreter l'injustice entre Lyon et St Etienne."
Rémi Garde "Raymond Domenech savait évidement le rendre particulier (le derby), à sa manière. Une fois, il nous a demandé, pour évacuer la peur et l'angoisse, d'aller s'échauffer devant le Kop Stéphanois."
Jacques Santini : "Je suis content, non pas pour moi, mais parce que si nous avions perdu, les Lyonnais auraient été heureux."
Florian Maurice : "Les derbies, j'en joue depuis que j'ai 10 ans. Chaque année, en jeûnes, il y avait un match contre St Etienne. C'est là que j'ai connu Sebastien Perez, contre qui j'ai joué des années. On est devenu potes en sélection régionale, mais avant, il n'était pour moi qu'un enfoiré de Stéphanois."
Chez les jeunes "C'était encore plus tendu que chez les professionnels. Chez les pros, il faut se tenir, il y a les caméras, les arbitres. Alors que chez les jeûnes, il n'y a pas eu de derby sans bagarre générales. Le pire, c'est que les parents sont là,et ce sont eux les plus virulents. J'ai vu des trucs assez durs. Pas étonnant que je considère ce match comme le plus important de la saison."
Coupet "Mes début à Lyon n'ont pas été faciles. Je cummulait les handicaps: j'étais Stéphanois, je venais de D2, et je succédais à Olmeta... c'est beaucoups pour un seul homme. Les supporters, à mon arrivé, ont tagué le siège de l'OL: "Olmeta président, Breton titulaire, pas de chien vert à l'OL". Quant à l'entrainement, un joueur me marquait un but, j'entendais les supporters qui me criaient: "ça tu vois, c'est un but lyonnais!". Une fois quelque supporters m'ont même lancé des boules de neige!"
Govou"C'est marrant, je n'ai jamais aimé Saint Etienne. Pourtant tous mes copains sont des accros de l'ASSE"
Loulou Nicollin "J'aime bien les Stéphanois dans la vie, mais en football, je ne peux pas les voir. J'ai souvent été Bulgare, Allemand, Russe... Sauf pour la final 76, où j'étais Français. Mais j'étais bien content qu'ils aient perdu."
Plusieurs anecdotes sur ce derby
C’est à la fin des années 60 (1967 exactement), le fameux match à Annecy en Coupe de France. Lyon avait gagné 2-0, mais en jouant la défense à fond. A la fin du match, devant les journalistes, Jean Snella, l’entraineur historique des Verts, avaient alors dit que Lyon avait « joué la carotte ». Un mois plus tard, les deux équipes se retrouvaient en championnat, à Geoffroy-Guichard. Les supporters lyonnais - les supporters de l’Ours Blanc comme on disait, car avant chaque déplacement ils se réunissaient dans un bar qui s’appelait l’Ours Blanc - étaient alors venus avec des sacs remplis de carottes et ils les ont balancées sur le terrain au moment de l’entrée des joueurs ! Larqué s’en rappelle, tout le monde s’en rappelle. Bereta en avait même mangé une en regardant les supporters lyonnais. C’était vraiment sympa.
Le 23 mars 1969, l'ORTF retransmet pour la première fois un match de championnat de France en direct, et il s'agit de la deuxième mi-temps du derby, match commenté par le tout jeune Michel Drucker
23 mars 1977, le derby se joue sur la piscine olympique de Gerland.Malgré les trombes d’eau qui s’abattent sur une pelouse de Gerland quasi impraticable, Mr Wurtz maintient le match pour éviter une émeute.Il y a 42 000 spectateurs, et l’OL 2e du championnat derrière Nantes devance pour la 1ere fois l’ASSE à 10 journées de la fin.St Etienne s’imposera finalement 2-0 grace au seul but que Larqué aura marqué de la tete dans sa carrière.Le lendemain les journaux titrent « les stéphanois meilleurs nageurs que les lyonnais »
18 aout 1978.40 000 lyonnais viennent voir Bernard Lacombe jouer le derby sous le maillot stéphanois.Lacombe, apres s’etre trompé de vestiaire, et avoir été ovationné par le public de Gerland est passé complètement à coté de son match. "j’ai assité à une belle rencontre" dira-t-il après, Mais dans ce match 2 joueurs volent la vedette à Nanard, deux nouveaux, Jean Tigana lancé comme milieu defensif par Jacquet qui enchantera Gerland et Xuereb qui à 19 ans pour son 1er match marquera le 2e but (victoire 2-0 de l’OL)
Les derbies « rollerball ». Dans les années 70 le derby n’était pas toujours une franche partie de camaraderie, et ces rencontres avaient été baptisées les « derbies rollerball » par la presse.Le paroxysme est atteint le 13 octobre 1971 avec 7 joueurs bléssés, 4 stéphanois et 3 lyonnais
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Salif Keita , l’un des meilleurs attaquants de l’histoire de St Etienne parle du derby « Je n’aimais pas trop jouer contre l’OL, la défense était trop rude à mon gout.Les Baeza, Lhomme, Mihajlovic et Domenech étaient tout sauf des enfants de chœur, j’avais parfois la trouille de jouer contre eux.Et pour me protéger, je mettais deux protège-tibias à chaque jambe, un devant et un derrière »
J'ai trouvé une citation sur le forum olweb qui résumé bien cette rivalité entre les villes.
C'est un extrait du livre de J.-P. Vacher : "(...) la grande rivale. Lyon. Tout l'opposé de Saint-Etienne, c'est sûr. Une ville beaucoup plus ancienne, à l'histoire plus riche, d'une autre dimension puisque capitale régionale. Et de tradition beaucoup plus marchande et financière que Saint-Etienne. Rien de commun également entre le Stéphanois bonhomme et avenant et le Lyonnais discret et pincé."