Jafar Hilali : « Il faut bien comprendre que j’ai fait le deuil de mon investissement dans ce club. » [L'Alsace]
Jafar Hilali annonce également qu'il ne demandera pas le renouvellement du statut pro en cas de maintien en National, refusera une éventuelle montée de la réserve en CFA et que la SASP n'offrira pas de contrat aux jeunes du centre pour 2011/2012. [L'Alsace]
Jafar Hilali a annoncé par courrier à Patrick Spielmann son intention d'assigner en référé l'association support pour obtenir les 3,2M€ qu'il réclame au nom de la SASP. Il n'exclut pas de poursuivre son action au pénal. [L'Alsace]
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Racing
Au paroxysme du délire
Le président du RCS Jafar Hilali a lancé hier une charge surréaliste contre l’association support : il annonce pêle-mêle qu’il va l’attaquer en justice, s’opposer à l’accession éventuelle de la réserve en CFA, mais aussi refuser de garder le statut pro si le club reste en National et de faire signer les jeunes du centre de formation.
L’actionnaire londonien Alain Fontenla, disparu depuis du devant de la scène, avait qualifié il y a plus d’un an Strasbourg de « zone de non-droit » et reproché aux actionnaires minoritaires alsaciens « des méthodes de mafieux. » Plus récemment, son comparse, le président Jafar Hilali, avait suspecté publiquement les administrateurs de l’association support RCS foot « d’abus de biens sociaux » qu’aurait couverts le commissaire aux comptes Jean-Brice de Turckheim (1).
Les Londoniens pouvaient-ils aller plus loin dans la provocation ? À l’évidence, oui. Jafar Hilali, dont « L’Alsace » écrivait hier qu’il était « financièrement aux abois et visiblement disposé à entraîner tout un club par le fond », a donné tout son sens à cette analyse par le biais d’un courrier adressé mercredi à 23 h 49 à Patrick Spielmann, le président de l’association.
Cette lettre vengeresse, publiée dans son intégralité ci-contre, a « interloqué » (dixit Spielmann) tous ceux qui en ont pris connaissance. Il en ressort que le propriétaire londonien, qui, pour la première fois, avoue « avoir fait le deuil de son investissement » au Racing, est disposé à mener jusqu’au bout son « opération mains propres », titre ahurissant donné au mail envoyé à Patrick Spielmann. Il se prépare à assigner en référé l’association pour qu’elle restitue « tout l’argent » qu’il l’accuse de devoir à la SASP (2). Autrement dit : les 3,188 millions qu’il réclame depuis deux semaines (nos précédentes éditions). Si son référé échouait, il engagerait alors une procédure pénale — forcément longue — pour juger le fond du différend qui l’oppose à l’asso. A-t-il seulement le temps d’attendre ?
« C’est gravissime »
Pour la première fois officiellement aussi, Jafar Hilali annonce vouloir « refuser de garder le statut pro en cas de maintien en National et refuser que l’équipe 2 accède au CFA. » Une dernière menace toute théorique. Car encore faudrait-il, pour la mettre à exécution, que la réserve soit en position de monter en fin de saison et que l’équipe pro accède dans le même temps à la L 2. Si cette dernière devait rester en National, sportivement ou administrativement après son passage devant la DNCG fin mai, la formation de François Keller serait de toute manière interdite d’accession.
Évidemment, Patrick Spielmann a « pu apprécier la gravité » de cette charge à l’artillerie lourde. Peu enclin à la commenter à chaud, il met cependant en lumière les sombres desseins du propriétaire londonien. « Jafar Hilali annonce pratiquement la mort du club et du centre de formation. C’est gravissime. Il va chaque jour plus loin. Il pense tromper le public en se posant en victime, mais je ne crois pas que les gens soient si naïfs. Surtout, il ne suffit pas qu’il affirme que dorénavant, le foot va se jouer avec un ballon ovale pour qu’on change les règles du jeu. »
Certains de ses administrateurs sont moins diplomates. « Hilali est en train d’essayer de tout foutre par terre », stigmatise l’un d’eux, « Sa sortie est un énorme coup de poker qui a le mérite d’être clair. Est-ce une forme de gestion par la terreur ? Je ne sais pas. Mais je n’ai pas peur. Ce qui est sûr, c’est que bientôt, les hommes de loi vont prendre le relais et nous éclairer sur notre capacité et notre façon de réagir. S’attaquer aux enfants du centre n’est pas digne. »
« C’est inadmissible », lui fait écho Thierry Wendling, actionnaire minoritaire représentant de l’association au conseil de surveillance de la SASP. « Que Hilali veuille défendre ses intérêts, après tout, c’est logique. Mais il n’a pas le droit de prendre en otages les gamins. Il sait qu’il est en train de perdre la partie et applique la politique de la terre brûlée, au moment même où l’équipe joue chaque semaine des matches à quitte ou double pour l’accession. Tous les acteurs concernés par le centre (Région, Département, CUS, Ville, Ligue d’Alsace), qui est un lieu de vie et d’éducation, doivent se réunir autour d’une table pour dégager une solution rapide. Nous ne pouvons pas rester à la merci de quelqu’un, Hilali ou un autre, qui joue avec la vie du centre, de ses salariés et ses gamins. »
Dans la droite ligne d’un Léonard Specht qui invite « à prendre beaucoup de recul, parce que c’est trop grave », l’adjoint strasbourgeois aux finances, Alain Fontanel, se contente d’une déclaration a minima. « Je pense préférable de prendre le temps de réfléchir. Tout le monde peut juger. Les gens n’ont pas besoin d’un qualificatif de ma part pour se faire une opinion. »
Depuis un an et demi, certains acteurs du dossier Racing ont souvent ménagé la chèvre et le chou avec Hilali et consorts. Ils découvrent aujourd’hui que la chèvre n’est autre qu’un taureau en furie, rouge de colère d’avoir perdu trop de sous et prêt à piétiner le chou avec ses gros sabots.
(1) Jafar Hilali tentera d’obtenir sa révocation aujourd’hui à Colmar.
(2) Société anonyme sportive professionnelle.
(3) Ce numéro, détenu par l’asso, est indispensable pour s’inscrire en championnat.
Dix-sept à Fréjus. L’agitation des coulisses éclipse une nouvelle fois l’actualité sportive. Pour le match de demain (19 h) à Fréjus/Saint-Raphaël, Laurent Fournier, qui a boudé ses joueurs hier matin, en a convoqué dix-sept : Gurtner, Kéhi, Donzelot, Pichot, Outrebon, Sikimic, Tchato, Betsch, Damour, Genghini, Peuget (dont c’est le grand retour après sa blessure début janvier), Brahmia, Noro, Ledy, Mathlouthi, Belvito et Yenga.
le 25/03/2011 à 00:00 par Stéphane Godin
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