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Il y a six mois de cela, personne n'aurait misé un sou sur la modeste équipe de Sivasspor. Et pourtant, après 17 journées de championnat, cette formation imprévisible occupe la première place du classement du championnat de Turquie devant les trois géants stambouliotes que sont Fenerbahçe, Galatasaray et Beşiktaş. Certes, trois points seulement séparent Beşiktaş, quatrième, du leader, mais il n'en reste pas moins que l'exploit accompli par Bülent Uygun et sa troupe a de quoi forcer l'admiration.
En 2000/01, le club accède enfin à la deuxième division et s'impose d'emblée comme l'un des principaux candidats à la montée. Au cours des saisons suivantes, Sivasspor se mêle régulièrement à la lutte pour les premières places. Après plusieurs essais infructueux, le club d'Anatolie finit par remporter le titre en 2005 et fête par la même occasion sa promotion en Süper Lig.
Dès son arrivée au sein de l'élite du football turc, Sivasspor séduit les observateurs par son jeu léché, récompensé par une huitième place au classement. La saison suivante sera placée sous le signe de la confirmation, le club terminant cette fois septième. Alors, comment expliquer que cette sympathique mais modeste formation de milieu de tableau tienne aujourd'hui la dragée haute aux géants d'Istanbul ? Avec 37 points et une meilleure différence de buts, Sivasspor s'est imposé comme la grande attraction de ce début de saison.
Le succès de cette équipe, fondée en 1967, repose en grande partie sur l'insolente réussite de son duo de buteurs, Mohamed Kurtulus et Mehmet Yildiz. Le premier, un milieu de terrain de 33 ans, a déjà trouvé le chemin des filets à huit reprises, tandis que le second compte déjà sept réalisations à son actif. Dans le même temps, la défense n'a cédé qu'à 17 reprises depuis le début de la saison, malgré l'absence prolongée, pour cause de blessure, du gardien international autrichien Michael Petkovic, ce qui en fait la deuxième plus hermétique du championnat.
Le formidable esprit d'équipe qui règne au sein du club semble être l'autre facteur décisif. Car si Sivasspor s'est incliné face à Fenerbahçe et Galatasaray, il a en revanche battu Beşiktaş et fait preuve, sur l'ensemble de cette première partie de saison, d'une constance que les autres formations ne peuvent que lui envier.
Jusqu'à maintenant, nous avons réussi quelque chose d'exceptionnel avec un budget et des moyens très limités, alors je ne vois aucune raison pour que tout s'arrête subitement
Bülent Uygun, entraîneur de Sivasspor
Quand on sait que Sivasspor doit encore recevoir ses trois grands rivaux au stade Sivas 4 Eylül, une petite enceinte de 18 500 places connue pour son atmosphère, on comprend mieux l'optimisme affiché par Uygun en ce début d'année 2008. " Jusqu'à maintenant, nous avons réussi quelque chose d'exceptionnel avec un budget et des moyens très limités, alors je ne vois aucune raison pour que tout s'arrête subitement", explique ce jeune technicien de 36 ans.
L'ancien attaquant international de Fenerbahçe s'est également appuyé sur deux joueurs étrangers de qualité. Le premier n'est autre que l'international malien Mamadou Diallo, qui dirige la manœuvre en défense. Mais, convoqué pour participer à la Coupe d'Afrique des Nations au Ghana avec sa sélection, celui-ci va manquer la reprise du championnat. Sur le plan offensif, Pini Felix Balili, présent au club depuis trois saison, s'est illustré. Et s'il n'a inscrit que deux buts en 14 matches, l'international israélien a été l'un des grands animateurs du jeu de son équipe.
Toutefois, le plus dur reste à faire pour Bülent Uygun et ses hommes, à savoir prouver que cette bonne entame de championnat n'avait rien d'un feu de paille dû à un simple concours de circonstances ou à l'instabilité chronique dont souffre la Süper Lig. Quoi qu'il en soit, les matches retour s'annoncent passionnants, d'autant que les équipes d'Istanbul ont la mainmise sur le titre de champion depuis 24 ans. Trabzonspor, en 1984, est le dernier à avoir brisé cette hégémonie.
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