Je comprend qu'ça ait pu en déranger certain.. Normal car avec ce genre on attend tous un choc! Choc qui est venu un mois après avec la finale de le CDF..
Au fait 2 articles trouvé sur Lequipe.fr et sur OM.net qui retracent un peu l'histoire de ces rencontres!
Décryptages d'une rivalitéDe vendredi à dimanche, Jean-François Peres, journaliste à RMC et (co)-auteur de deux livres sur la rivalité OM - PSG, décrypte pour notre site les racines et l'actualité du clasico, à travers six petites phrases qui resteront.
Bernard Tapie, à côté de Michel Denisot, ancien président du PSG, se vante d'être à l'origine de la rivalité entre le club de la capitale et l'OM.Bernard Tapie, juin 2003 :
« Les explications des sociologues sont une vaste connerie. PSG - OM, c'est moi qui l'ai créé, j'ai tout orchestré. »«Il a raison et c'est plus compliqué que ça. Tout commence au printemps 1988, peu avant que Bernard Tapie se présente à la députation dans les Bouches-du-Rhône. Nous sommes à quelques jours d'un OM-PSG et il mesure le potentiel de cette rivalité pour sa carrière et pour son club. La rencontre est marquée par un incident d'arbitrage et Tapie descend en personne sur la pelouse pour gueuler. Pour ce geste, le Vélodrome l'acclame. « Lui, il nous soutient, il ose s'opposer à Paris ». Voilà ce que suscite le candidat à Marseille. Les germes sont semés, même si la récolte aura lieu plus tard. Le match de 1989 (2-1), décisif pour le titre, sera pour la première fois marqué par des échanges verbaux durs avec Francis Borelli. La cerise sur le gâteau, c'est quand Canal+ rachète le PSG en 1991 avec l'idée d'en faire un grand club français. Au cours d'une discussion en avion, Denisot et Tapie auraient compris comment faire affaire autour de PSG-OM. Canal avait un bon feuilleton, Marseille avait un rival à sa mesure : tout le monde en profitait. Avant ça, les OM-PSG étaient plutôt sympas, avec de vrais échanges entre joueurs.
« J'ai l'impression que les Marseillais n'aiment pas les Parisiens, mais comme il semble qu'il y ait une réciprocité... » Bernard Mendy, janvier 2004
« OM-PSG, c'est aussi cette distance entre la capitale qui regarde cette ville située à 1000 kilomètres plus au Sud avec un certain dédain, même si, apparemment, la plus grande partie du ressentiment se trouve à Marseille. Historiquement, la ville a toujours eu un certain rejet du pouvoir central. La rivalité a prospéré sur ce terreau-là. On l'a vu en 1993-1994 avec l'exclusion de l'OM des coupes d'Europe, le dépôt de bilan et la privation de la Coupe intercontinentale. Tout a été perçu à Marseille comme un complot parisien. « La Ligue, le PSG, tout ça c'est la même bande qui veut tuer l'OM », voilà l'idée. Il y a eu, à ce moment-là, une manifestation dans les rues de la ville dont le mot d'ordre était explicitement "anti-parisien". Les années de reconstruction, à partir de 1996, se sont faites dans la rancune de cette tension-là, et la rivalité OM-PSG s'est auto-alimentée. »

Edouard Cissé, juillet 2005 :
« Pour moi, tu es soit Parisien, soit Marseillais. A un moment, il faut prendre position. »« Une quarantaine de joueurs ont porté le maillot des deux équipes en quarante ans. C'est un chiffre important et cela s'est accéléré avec le côté un peu mercenaire des footballeurs d'aujourd'hui, qui s'identifient moins à un maillot. Ça se fait plutôt dans un sens Paris vers Marseille. L'autre trajet est moins fréquent. Le maillot de l'OM semble un peu plus engager les joueurs. Il ne vont à Paris que s'ils ont la certitude que cela ne choquera pas, comme Makelele, qui a signé très longtemps après son passage à l'OM, dont il n'était pas un joueur emblématique. A Paris, le foot est dilué dans un ensemble d'activités énorme. A Marseille, le lien entre l'équipe et la ville est plus intime. Du reste, les dirigeants des deux clubs s'entendent très bien. C'était chaud entre Diouf et Blayau, il y avait un courant qui ne passait pas. Il y a eu une sorte de lune de miel avec l'arrivée de Cayzac, un président emblématique, mais qui comprenait bien la relation PSG-OM et cela permettait de la vivre de façon saine. Les deux clubs ont pu souffrir d'avoir des présidents qui ne connaissaient pas le contexte et les ressorts de cette rivalité, et qui ont cru bon d'en rajouter. »
David Ginola, sur le match du 29 mai 1993 :
« Trente secondes après le coup d'envoi, Boli me tombe dessus comme un fou, les deux pied à hauteur de mes tibias. Je suis à terre et je lui dis : Mais Basile, ça va pas non ? Il se penche alors sur moi, le visage déformé, et me répond : Non, non, y'a pas d'arrangement ! »« Tout clasico qu'il soit, ce match a rarement eu pour enjeu la lutte pour les premières places, quasiment jamais. Il y a le match de 1989, bien sûr. L'autre saison qui compte, c'est 1992-1993, avec le match de décembre 1992 (1-0 pour l'OM au Parc) : le plus détestable. A l'époque, Marseille est sur la route de sa victoire en Ligue des champions et le PSG construit une équipe de gala avec des internationaux brésiliens et français. Il ne faudra pas attendre longtemps : Paris sera champion en 1994 après notamment des exploits européens contre le Real Madrid. Cela aurait pu faire un magnifique match, et cela a été une bataille de chiffonniers. Artur Jorge était tombé dans le piège tendu par Bernard Tapie, alors que le PSG, avec ses joueurs un peu classe (Roche, Le Guen, Guérin, Valdo) n'était pas outillé pour un match à l'intimidation contre des Casoni, Boli ou Di Méco. En quelque sorte, le match de mars 2009 au Parc peut être rangé dans cette catégorie. Mais après la victoire de l'OM (3-1), on se dit qu'il peut être champion, pas qu'il va l'être. C'était une lutte pour le titre plus diluée. »
Et le 2ème article:
Clasico, appellation d’origine contrôléeDepuis le début de la décennie, un OM-PSG se sous-titre « Clasico ». Mais « Clasico », kezako ?
Match banal pendant deux décennies (70 et 80), OM-PSG est devenu au début des années 90 (et la gouvernance Canal+) un incontournable rendez-vous médiatico-passionnel. Encore fallait trouver un petit nom au sommet, histoire de l’élever encore un peu plus haut. A l’instar du « Old Firm » écossais désignant les Rangers-Celtic ou des Fla-Flu (Flamengo-Fluminense) au Brésil.
« Derby » ? Usé jusqu’à la corde. On y a eu droit un temps, avant qu’heureusement la logique sémantique ne l’emporte. Avouez qu’un derby entre deux villes distantes de 776 kilomètres…
Un néologisme ? L’exercice n’est pas simple. Car conditionné à la réussite de deux étapes : créativité et propagation du terme. La saison dernière, la chaîne cryptée avait ainsi fait de Lyon-OM un « Olympico ». L’expression n’a pas survécu au match aller.
Dès lors pourquoi ne pas aller puiser à l’étranger, et notamment dans un pays à la culture foot plus développée ? Au début des années 2000, OM-PSG a ainsi hérité du sceau « Clásico », jusqu’ici apposé en Espagne sur la mythique opposition Real-Barça. Difficile de trouver plus glorieux. Personne n’a depuis revendiqué la paternité de l’adaptation, même si l’on songe là encore à Canal+.
En Espagne et… en Amérique du Sud
Avantage, bien qu’étranger le mot ne nécessite pas de traduction. Un « Clasico » s’entend instantanément « classique ». Au sens de « référence » plutôt que de « conventionnel », bien entendu. Comme un « classique » de la littérature. Seule francisation, l’accent (« á ») a disparu.
A l’inverse, parfois lit-on « Clasico » avec deux « ss », écrit à l’italienne. Impropre puisque les amateurs du calcio ne l’emploie pas. Pas même pour un Milan-Juve. Idem en Angleterre où les tabloïds sont pourtant friands de diminutif accrocheur.
A l’inverse, « Clásico » est extrêmement répandu en Amérique du Sud, dans tous les pays hispanophones, pour désigner les affiches survoltées de championnat. En Argentine, on parle même de « Superclásico » quand Boca affronte River. De l’importance du préfixe.
En France, la « marque » prospère et désormais dépasse le cadre du football. En rugby, Stade Toulousain-Stade Français a, à son tour, eu son vernis « clasico » cette saison. Mieux qu’un sous-titre, un véritable label d’enjeu, de rivalité et de passion.