Ziani, un homme neuf
L’international algérien veut repartir sur des bases nouvelles après sa mise à l’écart la saison dernière.
KARIM ZIANI revient de loin. Très en vue pour sa première titularisation de la saison contre Auxerre (0-4), la semaine dernière,
il semble enfin repartir du bon pied avec l’OM. Avec son entourage, l’international algérien a pourtant pensé quitter Marseille en juin dernier. Son transfert très médiatisé de l’année dernière avait accouché d’une saison calamiteuse. Complètement dérouté par son placement sur le flanc droit en début d’exercice, il n’avait jamais pu trouver ses marques sur le terrain. Errant de blessures en incompréhension,
Ziani n’est alors plus que l’ombre de lui-même. Lorsque
Éric Gerets remplace
Albert Émon, fin septembre 2007, il est traité avec la même exigence que les autres, mais ce joueur au caractère bien trempé a aussi besoin d’être aimé pour se sentir en confiance. Lors du huitième de finale de la Coupe de France face à Carquefou (0-1, le 19 mars), il se rebelle dans le vestiaire quand son entraîneur lui demande de sortir à la mi-temps. Il se retrouve écarté du groupe pendant quelques semaines. On pense que son aventure avec l’OM est déjà terminée.
« L’année dernière, ce fut vraiment difficile à certains moments. Mais aujourd’hui tout est oublié et je n’ai plus envie d’en parler, s’agace Ziani. J’ai tiré un trait sur ce qui s’est passé,
j’en ai un peu marre de sans cesse revenir sur cette saison. Je n’ai même pas essayé d’analyser ce qui s’est passé. J
e veux juste jouer de nouveau à l’instinct et redonner le meilleur de moi même. » - Une franche discussion avec Éric Gerets
Sa préparation a, cette fois-ci, été exemplaire. Ziani a retrouvé du dynamisme en sélection algérienne. Il a marqué deux buts en quatre matches comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2010. Il a aussi flambé pendant les matches amicaux notamment à Nantes, où il réalise trente minutes étincelantes. Avant le début de la saison, il a eu une « franche » discussion avec Gerets qui a permis d’apaiser les choses.
« Il m’a montré qu’il pouvait mériter ma confiance, explique l’entraîneur marseillais.
Si un joueur te prouve qu’il n’est plus le même, alors il faut lui redonner sa chance à un moment donné. » Malgré une blessure à la cuisse début juillet, l’horizon s’est soudain éclairci pour l’ancien Sochalien. Pour la première fois depuis Carquefou,
Gerets en a fait un titulaire contre Auxerre. Mais en le replaçant dans une position axiale que le joueur dit préférer à tout autre. « J’aime avoir le ballon dans les pieds et organiser le jeu. Sur un côté, je peux évoluer dans un 4-4-2,mais dans le système actuel de l’OM, je préfère jouer dans l’axe. Je me sens plus libre, je peux aller chercher des ballons, m’excentrer sur un côté. Avec
Hatem (Ben Arfa) et
Baki (Koné), nous bougeons énormément pour perturber l’adversaire. » Les consignes sont claires. Le milieu algérien prend du plaisir à les appliquer :
« L’entraîneur me demande de me placer entre les lignes et d’offrir beaucoup de solutions, de créer du mouvement. Ensuite, il nous demande,où qu’on soit, de nous replacer pour assurer le travail défensif. » Grâce à cette coupure de cinq mois, Ziani a appris l’humilité et la patience.
L'Equipe Papier