Citation
Mais qui est ce Tyrone Mears ?
Douze ans après Chris Makin, arrivé à l'été 1996 et dernier Anglais à avoir porté le maillot du club, l'OM s'est tourné vers Tyrone Mears pour clôturer son mercato. Comme son prédécesseur, ce dernier évolue au poste de latéral droit. Et comme Makin encore, débarqué tout droit de la modeste équipe de Oldham Athletic, le néo-Olympien opérait jusqu'ici dans un club de seconde zone, Derby County, pensionnaire, cette saison, de Division One — l'équivalent de notre Ligue 2 — après avoir passé le précédent exercice à fond de cale, en Premier League. Le prêt d'un an (la transaction s'élèverait à 200 000€ environ avec option d'achat) de Mears, arrivé la veille au soir à Marseille pour passer la visite médicale, a officiellement été annoncé par l'OM, hier après-midi. Sa venue est appelée à soulager Laurent Bonnart qui pourra difficilement enchaîner la L1, la Ligue des champions et les deux coupes nationales sans éprouver le besoin de souffler.
La saison dernière, l'ex-Manceau avait été l'Olympien le plus utilisé, toutes compétitions confondues (50 matches!) et il n'est pas garanti qu'il puisse réitérer pareil rendement. La sagesse a donc conduit ses dirigeants à doubler le poste et le choix s'est finalement porté sur Mears. Une décision pour le moins inattendue si l'on se penche sur le cursus de cet Anglais de 25 ans, né à Stockport, près de Manchester. C'est justement chez les Blues de City que Mears a appris ses gammes, entrant même en jeu en Premier League face à Nottingham Forest en 2002. Mais ne trouvant pas sa place dans un effectif pléthorique, il préférera se diriger, à 19 ans, vers Preston North End, en Division One. Il y restera quatre saisons et au fil de 70 apparitions, il deviendra progressivement un cadre qui compte.
Sa régularité et son rendement vont inciter West Ham à l'engager. Or, Mears peine à gagner ses galons de titulaire (5 matches) en Premier League. Au bout de six mois, il quitte les rangs des Hammers pour descendre à nouveau d'un cran, à Derby County, participant à l'accession du club parmi l'élite. Un retour express puisque l'ancien champion d'Angleterre (1972, 1975) ne décollera jamais du dernier rang. Malgré ce parcours cauchemardesque (11points seulement et 89buts encaissés en 38 matches!), Mears serait arrivé à se signaler sur son côté, un couloir où son activité et son abattage auraient séduit plusieurs observateurs, parmi lesquels des émissaires de l'OM. "On nous en a dit le plus grand bien", avait confié Pape Diouf, en fin de semaine dernière (La Provence du 30août).
À ce moment-là, Mears, tenu au courant de l'intérêt des dirigeants olympiens, aurait claqué la porte de son club qui envisageait, alors, de ne pas le libérer. Il n'a pas eu besoin de fuguer trop longtemps, l'OM et Derby County ayant trouvé un terrain d'entente. L'histoire est rocambolesque et inspire aujourd'hui une certaine retenue à l'heure de juger le potentiel d'un élément qui n'a que 30 matches de Premier League à West Ham et à Derby pour véritable vécu. Mais ce jugement pourrait tout aussi bien être atténué. Mears a ainsi rejoint l'OM avec le statut de doublure même si le club voit en lui davantage qu'un simple remplaçant. "À ce poste, rappelait hier soir le président Diouf, on ne cherchait pas un grand nom. "
On s'était mis en quête d'un joueur en mesure de suppléer Laurent Bonnart le cas échéant et qui saurait s'adapter rapidement au football français. On s'est ainsi appuyé sur nos connexions et on nous a recommandé Tyrone. J'ai même contacté des personnes que je connais en Angleterre. Kevin Keegan, notamment, m'a décrit un joueur de grande qualité." Mears suivra-t-il la trajectoire d'un autre latéral, Taiwo en l'occurrence, arrivé comme réserviste en janvier 2005 avant de prendre place sur le côté gauche de la défense olympienne deux mois plus tard? Le Nigérian y est toujours.