Citation (.RiiCky @ Aug 1 2008, 05:05)

J'ai pas parlé du salaire, et j'suis sur que ce que réclame Briand est plus élevé que Kezman ...
Je peux comprendre que vous soyez pas tous joyeux de le voir débarquer, mais faut pas raconter n'importe quoi non plus. Il est prêt à s'assoir sur toutes ces primes de transfert en cas d'arrivée et il ne demandera pas un salaire mirobolant non plus.
J.ROTHEN (I) : « La mentalité du vestiaire a changé »
Pour sa cinquième saison sous le maillot parisien, Jérôme Rothen affiche de nouvelles ambitions. L’arrivée de joueurs d’expérience et les difficiles leçons du passé lui donnent envie de croire à un PSG de nouveau au sommet. Jeudi 24 juillet. 16h00. Le championnat de Ligue 1 n’a pas repris mais la saison, elle, a débuté depuis plusieurs semaines. Jérôme Rothen vient ainsi de terminer l’entraînement quotidien avec ses coéquipiers du PSG. Il nous rejoint au Murat, l’un de ses cafés favoris, situé Porte d’Auteuil à deux pas du Parc des Princes. Détendu, souriant mais « cramé par ces séances de costauds », il commande un jus d’oranges pressées avant de se livrer pendant presqu’une heure à nos questions. En exclusivité pour Women365 by Reebok, l’équipementier dont il devenu l’une des icônes football début 2008 aux côtés notamment de Thierry Henry. Premier volet de cette interview vérité.Jérôme Rothen, on sait que le PSG est votre club de cœur. Malgré les saisons difficiles que vous venez de vivre sportivement, êtes-vous toujours autant attaché à ce club ?Je suis né en région parisienne et j’allais voir les matchs au Parc des Princes depuis que j’avais 4 ou 5 ans. J’ai toujours supporté Paris. J’aimais le maillot et les joueurs de l’époque. Cette passion s’est développée crescendo. Je peux vraiment parler d’amour pour ce club et cela aurait été un échec dans ma carrière si je n’avais jamais joué ici.
Est-ce le club par lui-même ou la ville qui vous fait vibrer ?C’est un tout. C’est la raison pour laquelle c’était un rêve de jouer ici. J’adore ce club, ce stade, les vrais supporters parisiens… (Rires) Cette ville est magnifique. Ma vie après le foot se fera à Paris donc j’ai déjà la chance de vivre ma passion dans la ville que j’aime.
Quel genre de caractère faut-il avoir pour s’épanouir au PSG ?Il faut être très ambitieux. Quand tu arrives dans ce club, le but n’est pas de se dire « j’ai atteint mon objectif car je joue à Paris ». Ce n’est pas une finalité. Il y a une pression médiatique et une obligation de résultats encore plus importantes qu’ailleurs. Les gens attendent beaucoup chaque saison, dès la première journée de championnat. Quand il y a une mauvaise ambiance, c’est compliqué aussi donc il faut avoir du répondant et du mordant. Au PSG, on ne peut pas se permettre d’avoir des joueurs qui regardent leurs chaussures quand cela ne va pas. Il faut être fier de porter ce maillot, c’est un caractère à part. On peut être très un bon joueur et ne pas réussir à Paris. Ce fût le cas de pas mal de monde. En règle général, quand un grand joueur signe ici, il y arrive parce qu’il a de l’expérience et un état d’esprit irréprochables. Avec des joueurs comme Giuly ou Makelele, il n’y aucun risque parce qu’ils ont les épaules pour endosser les responsabilités qu’on nous donne ici.
L’arrivée de ces deux joueurs vous rendent-elles optimiste ?Je l’espère. C’est la cinquième année que je débute avec le PSG. J’avais d’énormes ambitions quand j’ai signé ici et finalement, j’ai connu beaucoup de désillusions, même si on gagné deux coupes... Cette saison, le club montre qu’il est ambitieux sur le papier et qu’il veut sortir de cette mauvaise passe. Les deux années précédentes, le club a misé sur les jeunes. Mais trop de jeunes ici, cela ne peut pas fonctionner. Les dirigeants prennent des risques et c’est bien car on a tous envie de relever la tête.
Quel serait votre rêve le plus fou pour envisager la saison prochaine au PSG ?Tout gagner… Quand tu es compétiteur et que tu as vécu des moments pénibles, tu ne peux vouloir que cela : terminer tout là haut et tout gagner. Pour finir dans les trois premiers, il va falloir doubler quatorze ou quinze équipes par rapport à l’année dernière. Est-ce qu’on a les moyens de le faire ? Je ne sais pas. Mais si on reprend une place parmi les sept premiers du championnat, je veux déjà bien jouer le coup comme ca ! Mais ce ne serait pas être ambitieux… Lyon, Marseille et Bordeaux sont en avance sur nous qui sommes en reconstruction. Cela peut aller vite parce que j’ai vraiment l’impression que depuis quelques semaines, la mentalité du vestiaire a changé.
« J’étais au bord de la rupture »Le PSG est-il dans une nouvelle dynamique cette saison ?Il y a plus d’ambitions, une meilleure entente. Les joueurs expérimentés qui sont arrivés ont déjà beaucoup donné au football mais ont envie de donner encore. Ils ont toujours de l’ambition, ce sont de vrais passionnés et c’est ce qui nous manquait un peu aussi. La nouvelle génération est moins passionnée que nous à l’époque. Oui je sais, je parle comme un vieux. Mais dans le discours des jeunes, on entend surtout parler d’argent, d’aventures à l’étranger. Avec l’arrivée des plus d’anciens, cette mentalité de passionnés va prendre le dessus sur celle des plus jeunes…
Vous paraissez soulagé par l’arrivée de ces joueurs cadres ?Au moins, en cas de coup dur, il y aura davantage de joueurs visés et ce ne sera pas plus mal ! Plus sérieusement, chaque ligne aura un joueur d’expérience et cela va servir à toute l’équipe.
L’an dernier, vous avez reçu des menaces directes de supporters. Sans parler des dégradations commises à votre domicile... Avez-vous eu peur pour votre famille et vos deux enfants, Matéo et Ambre ?C’est désolant ce qui s’est passé. Je fais du foot pour vivre des sensations fortes mais pas celles-là… Ces gens ont dépassé des limites et m’ont donné envie d’arrêter. Honnêtement, je me suis posé la question de savoir si cela valait le coup de continuer. Oui, je fais du foot. Oui, je vis ma passion. Oui, je gagne bien ma vie et je suis heureux. Mais si cette passion doit devenir un cauchemar, j’arrête.
Etiez-vous vraiment prêt à mettre un terme à votre carrière ?Quand tu sais qu’ils sont capables de venir chez toi, de crever tes pneus avec des couteaux énormes ou te laisser des lettres de menaces, tu sais qu’ils sont capables de tout. Si la voiture n’était pas dehors, est-ce qu’ils n’auraient pas essayé de rentrer ? On se pose beaucoup de questions. Le plus important pour moi à ce moment-là, c’était de protéger mes enfants parce que c’est ce que j’ai de plus cher. Je me suis dit : « si jamais il arrive encore un truc, un seul, j’arrête tout et je range les crampons… » Ce n’est pas évident d’être suivi par un flic pendant plus d’un mois et qu’il soit là à la sortie de l’école pour être sûr qu’il n’arrive rien à vos enfants. Mon amour pour le club a finalement inversé la tendance mais vraiment, j’étais au bord de la rupture.
Etes-vous fier d’avoir su faire face à ce passage difficile ?Aujourd’hui, je suis surtout fier de ne pas avoir donné raison à cette poignée de pseudo-supporters qui ont voulu me faire basculer. C’est une énorme victoire, peut être la plus belle depuis que je suis à Paris. (Silence). Oui, c’est sûr, cela représente davantage à mes yeux qu’une victoire sur un match ou dans une coupe.
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J.ROTHEN (I) : « Personne ne croyait en moi »
Non retenu pour disputer l’Euro 2008, Jérôme Rothen est revenu sur cet épisode douloureux. Mais également sur ses dix ans de carrière et notamment son exceptionnelle saison 2003-04 avec Monaco. Le championnat de Ligue 1 n’a pas repris mais la saison, elle, a débuté depuis plusieurs semaines. Jérôme Rothen vient ainsi de terminer l’entraînement quotidien avec ses coéquipiers du PSG. Il nous rejoint au Murat, l’un de ses cafés favoris, situé Porte d’Auteuil à deux pas du Parc des Princes. Détendu, souriant mais « cramé par ces séances de costauds », il commande un jus d’oranges pressées avant de se livrer pendant presqu’une heure à nos questions. En exclusivité pour Women365 by Reebok, l’équipementier dont il devenu l’une des icônes football début 2008 aux côtés notamment de Thierry Henry. Deuxième volet de cette interview vérité.Jérôme Rothen, il y a trois mois, Raymond Domenech vous écartait de sa liste élargie pour l’Euro. Comment avez-vous digéré cette déception ?Très honnêtement, j’étais sûr d’être dans cette liste élargie. Et j’ai regardé la liste à la télé juste pour voir avec qui j’allais partir en stage ! Pendant un an, j’ai toujours été sélectionné, même quand nous n’étions que 20. Donc parmi 29, c’était une évidence… Je n’ai pas compris et j’avoue que j’ai été plus surpris que déçu. J’ai toujours montré quelque chose quand j’étais sélectionné mais bon, c’est le choix d’un homme et je l’ai respecté.
Raymond Domenech vous a-t-il expliqué pourquoi il vous avait évincé du groupe ?S’il ne m’a pas pris, c’est qu’il avait ses raisons. Je n’ai pas dû donner assez sur le terrain. Je n’ai pas eu d’explications mais je m’en fous parce que de toute façon, je ne les aurais pas comprises.
Comment avez-vous vécu l’Euro dans cette situation ?Vous savez, j’ai fait mon deuil de l’Euro. Et malgré tout, c’était dur, surtout quand j’ai regardé les matchs. J’ai vu certains de mes amis souffrir sur le terrain. Après cette élimination précoce, j’aurais préféré être avec eux pour partager cette période difficile. Mais paradoxalement, j’ai pris tellement de recul que je n’arrivais pas à être déçu pour eux.
Jérôme Rothen en Bleu, ce n’est pas pour autant terminé…Des sélections, il y en aura d’autres et je n’ai pas dit mon dernier mot. Je n’ai que 30 ans et je ne suis pas carbo ! Quand je vois ce que les joueurs qui jouent au même poste que moi ont montré à l’Euro, je me dis que j’ai encore ma chance. Après si le sélectionneur annonce qu’il ne prendra plus Rothen, ce sera clair. Mais là, il ne l’a jamais dit ou fait comprendre…
« J’ai pas mal vieilli quand même »Vous êtes joueur professionnel depuis plus de dix ans maintenant. La plus belle saison de votre carrière reste-t-elle la saison 2003-04 à Monaco ?Cela reste l’année la plus enrichissante. Nous avons connu une année exceptionnelle au niveau de la vie du groupe et de l’ambiance au sein du groupe, du staff technique et médical. Et c’est grâce à cela que l’on a eu des résultats. Cette année-là, on aurait pu taper n’importe qui parce qu’on se sentait vraiment forts. Je souhaite à tout joueur pro de connaître une saison comme celle-ci. Tu vis ta passion de manière intense dans ces moments-là et c’est exceptionnel. Vraiment. C’est frisant… Quand tu connais des moments comme cela, je le crie haut et fort : le football est magnifique. Mon seul regret, c’est qu’on n’a rien gagné et je le garde un peu en travers de la gorge. Sur les quatre compétitions, on pouvait s’imposer…
Cette année, vous retrouvez Ludovic Giuly qui était aussi votre coéquipier à Monaco…On parle encore de cette belle année et d’ailleurs, on se fait un peu allumer par Paul Le Guen et Yves Colleu. Ils nous chambrent parce que nous avons quand même terminé le championnat derrière eux cette saison-là (ndlr : Le Guen et Colleu étaient à Lyon).
Deux anciens Monégasques se retrouvent donc au PSG pour se faire chambrer par des anciens Lyonnais...C’est bon signe. Cela veut dire que l’ambiance est bonne. Et si je peux vivre des années comme la saison 2003-04, je veux encore jouer au moins quinze ans ! Par contre, des saisons comme celle de l’année dernière, je ne suis pas sûr d’en faire beaucoup d’autres. Dans ma tête et physiquement, je l’ai sentie passer. Je vois les photos quand je suis arrivé à Paris et j’ai pas mal vieilli quand même (rires) !
A 30 ans, dix ans de carrière professionnelle derrière vous… Est-ce que vous réalisez l’ampleur du chemin que vous avez parcouru ?Je suis un privilégié. Quand j’ai débuté mon métier, personne n’y croyait. On ne pensait pas que je pouvais devenir pro. J’étais frêle et tout petit. J’ai galéré, j’ai tout tenté, je me suis accroché... Je me suis forgé un mental qui me sert encore aujourd’hui. Ce que j’ai vécu, j’ai envie de le transmettre à certains jeunes. On dit toujours que le train ne passe qu’une seule fois et qu’il faut accrocher le bon wagon. Mais ce n’est pas vrai. Moi, il est passé un paquet de fois avant que j’arrive à monter dedans. Certains, à 13 ans, on leur a déroulé le tapis rouge et ils n’avaient plus qu’à le suivre parce qu’ils avaient les qualités, un talent naturel. Moi, j’ai dû le trouver ce talent car il était caché.
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