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La folle ascension de Drancy
Les larmes aux yeux, Alain Mélaye jette un regard ému sur cette pelouse du stade Charles-Sage inondée de bonheur. Le président de la Jeanne-d’Arc Drancy cherche ses mots pour décrire sa joie : « Drancy, c’est juste ça… » Ça, c’est le résultat d’une montée officielle en CFA obtenue samedi à l’issue de la victoire (2-1) face à Sens.
Tout le match, les portables ont frisé la surchauffe, mais la bonne nouvelle est venue d’un coup de fil passé à Pantin, où Les Lilas ont battu (2-1) Ivry. Une défaite qui, à une journée de la fin du championnat de CFA 2, condamne le dauphin ivryen et sacre le leader drancéen.
Ce sacre, mérité, perpétue la tradition maison. Car, dans cette ville de 65 000 habitants, ce club atypique qui a célébré son centenaire en 2003 connaît depuis une décennie une folle ascension. En sept ans, la Jeanne-d’Arc a connu six montées et est passée du niveau départemental au deuxième échelon national.
Il a aussi joué un 32 e de finale de Coupe de France (défaite 4-0 contre Metz, L 1 en 2006) et atteint quatre fois le 8 e tour. Seul accroc au tableau : la défaite en barrages d’accession en CFA 2 il y a deux ans à Chaumont (1-0). Un revers qui ponctuait une saison 2006-2007 ternie par une sombre histoire de matchs arrangés.
Mais depuis, la JAD a redoré son blason. Et n’a pas volé tout ce qui lui arrive aujourd’hui. « Avec William (NDLR : Longuet, l’entraîneur arrivé en 1998 au début de l’aventure), notre challenge était d’accéder au niveau national, et de faire monter tous les jeunes en Ligue de Paris, confie après avoir retrouvé ses esprits le président Mélaye. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est qu’un petit club comme le nôtre arrive à rivaliser avec les grosses écuries. » La saison prochaine, l’émergent Drancy pourrait croiser le fer avec les historiques rivaux du 9-3 : Noisy-le-Sec, Villemomble et le Red Star, si celui-ci se sauve le week-end prochain.
Après une courte nuit, William Longuet (37 ans seulement) a envoyé hier matin ce texto à ses troupes : « Les deux joueurs écartés (Bekka et Soihili) avant Lesquin marquent les deux buts de la montée. Il y a des histoires qui s’écrivent et qui sont belles à vivre… » A Drancy, plus qu’ailleurs.