
Si Bergkamp était Batman, alors Van Persie serait Robin. Le jeune hollandais est bien le digne successeur de son devancier au sein des Gunners d?Arsenal. Si le premier était un magnifique joueur de technique et de puissance, le second est plus en vitesse. Malgré tout, il reste l?une des pièces essentielles du dispositif d?Arsène Wenger cette saison depuis le départ de Thierry Henry. Tout comme Fabregas et Adebayor, il doit incarner le présent des Gunners. Auteur de cinq buts en huit rencontres, il doit cependant ronger plus souvent que prévu son frein en raison de multiples blessures qui ne l?ont pas épargné depuis son arrivée en Angleterre, comme cette fracture du petit doigt du pied droit, la saison dernière, en égalisant contre Manchester United, alors qu?il se remettait d?une blessure à la cheville qui l?avait fait manquer deux mois de compétition. Il était alors le meilleur buteur de son club avec onze réalisations. Cette saison encore, il n?échappe pas aux blessures. La dernière en date reste une contracture à une cuisse qui l?a une nouvelle fois contraint à déclarer forfait pour la rencontre face à Everton. Pourtant, à chaque fois qu?il joue, il s?avère essentiel au bon fonctionnement de l?attaque des Gunners. Rapide, technique, il s?avère adroit devant le but, des qualités qui ne sont pas sans rappeler le Thierry Henry de ses débuts. Wenger le décrit comme « techniquement parfait ». Van Persie est doté d'une frappe surpuissante redoutable sur coup franc. Un talent qu?il met également au service de sa sélection nationale. Auteur de quatre buts durant les éliminatoires de l?Euro 2008, un doublé contre la Biélorussie, le but du match nul contre la Bulgarie et un but contre l?Albanie, il reste une valeur sure de la sélection dirigée par Van Basten. Son talent est indéniable, seules les blessures viennent gâcher une progression qui pourrait le mener dans les années à venir vers les sommets du football européen.
Robin commence sa carrière dans les équipes de jeunes de l?Excelsior Rotterdam avant de rejoindre le grand club de la ville : le Feyenoord Rotterdam. Sélectionné dans les équipes de jeunes des Pays-Bas, il est élu Meilleur Jeune Joueur du championnat en 2001-2002. Son club en profita pour gagner la Coupe de l?UEFA. La saison suivante sera toutefois marquée par ses déboires avec son manager Bert Van Marwicik. Une forte tête qui le privera du match de Super Coupe d?Europe contre le Real de Madrid. Son talent ne passe pas inaperçu. Arsenal obtient finalement la signature du joueur lors de l?été 2004 au nez et à la barbe de clubs comme le PSV Eindhoven, le Werder de Brême ou encore le FC Séville. Son adaptation va prendre du temps, notamment en raison d?un caractère trempé, mais également de la présence de Antonio Reyes, au profil similaire. Son salut viendra de la blessure de Thierry Henry qui poussa Wenger à le titulariser. Il marque alors buts sur buts. Depuis, il reste un élément incontournable de l?effectif des Gunners. Enfin calmé, il s?épanouie dans une équipe de jeunes joueurs au talent indéniable, avec comme objectif de prouver que le départ de la star Thierry Henry ne marque pas la fin des ambitions du club londonien. Premier en championnat et qualifié pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions, la jeunesse triomphante d?Arsenal pourrait bien avoir trouvé en Van Persie le digne successeur de Dennis Bergkamp. Une nouvelle fois, l?apprenti est devenu le signe héritier du maître. Et si pour une fois, c?était Robin le véritable héros et non Batman ?