
Après une première saison réussie sous les ordres de Guy Roux, le défenseur auxerrois Bakari Sagna, 22 ans, entend conserver sa place de titulaire malgré la concurrence avec Radet. Avant le derby contre Troyes, l'international espoirs fait le point sur un début de saison irrégulier et sur la confiance que lui accorde Santini.
«Une revanche à prendre contre Lens»
« Bakari Sagna, comment jugez-vous le début de saison de l'AJ Auxerre ?
Globalement, il est assez bon. On a quand même eu une mauvaise passe avec notamment la gifle de Lens (0-7) qui nous a bien secoués. Ensuite, on est bien reparti, avant la défaite à Toulouse (0-2). Nous manquons de régularité et c'est un défaut qu'il faut à tout prix corriger.
La gifle de Lens est-elle vraiment oubliée ?
Je pense que oui. C'était un match raté, voilà tout. Ça peut arriver. Il faut tout faire pour que cela n'arrive plus.
Vous rejouez Lens à la fin du mois en Coupe de la Ligue. Pensez-vous déjà à la revanche ?
On aura à coeur de montrer à toute la France que c'était juste un accident et qu'on est pas des "guignols". On sera deux fois plus attentifs. Le 7-0 sera là pour nous rappeler les mauvais souvenirs. Nous nous devons de réagir. Mais, ce sera très difficile car Lens est une grosse équipe.
Habitué à faire de bons parcours en Coupe de l'UEFA, Auxerre a été éliminé au 1er tour par le Levski Sofia (2-1, 0-1). Comment le club a-t-il vécu ce résultat ?
Pas trop mal. Dans un club comme Auxerre, une défaite passe un peu mieux qu'ailleurs. Nous sommes tombés face à une très bonne équipe et je suis persuadé que tout s'est joué au match aller. Au retour chez eux, une fois qu'ils avaient marqué, c'était fini. C'est comme ça.
Et à Toulouse (défaite 0-2), vous êtes également passés au travers. Que s'est-il passé ?
Nous sommes tombés sur une équipe qui était bien en place, à l'aise chez elle. Ils ont bien attaqué. On a défendu comme on a pu et le but, en tout début de seconde période, nous a mis dans une mauvaise posture. Il faut oublier ce faux pas et gagner le prochain match contre Troyes.
Justement, samedi se profile à l'Abbé-Deschamps le derby contre l'ESTAC. Y-a-t-il une excitation particulière ?
Oui. Nous avons beau être devant au classement et évoluer devant notre public, je m'attends à un match très difficile. Jouer à domicile va nous obliger à imposer notre rythme. Dans les têtes, la notion de derby change beaucoup de choses. Il faudra donc vraiment être présent du début à la fin. Je me méfie de cette équipe de Troyes. A mon avis, leur motivation sera décuplée.
«Santini me demande de progresser»
Votre début de saison est également frustrant avec une blessure dès la deuxième journée contre Monaco (2-0). Cela ne doit pas être facile de débuter la saison ainsi ?
Effectivement, sur le coup, ça fait mal. J'ai commencé à cogiter et c'est souvent lors des premières journées qu'une équipe se met en place. Et moi, je n'étais pas là... Pour rester un peu dans le coup, j'ai suivi tous les matches à la télé. J'ai repris la compétition il y a une quinzaine de jours et ma blessure n'est qu'un lointain souvenir.
Jacques Santini a pris la place du monument Guy Roux. Quelles sont les principales différences entre ces deux entraîneurs ?
Guy Roux avait pour habitude de tout contrôler et tout faire lui-même. Jacques Santini, lui, s'occupe essentiellement de ses joueurs. Mais le plus gros bouleversement concerne la gestion du vestiaire. Alors que Guy Roux était très présent, voire constamment avec nous, Santini nous laisse entre nous. Il sépare le terrain et le vestiaire.
Les semaines d'entraînement sont-elles différentes ?
Ce ne sont pas les mêmes directives. Nous travaillons davantage la tactique. Jacques Santini nous fait travailler par rapport à l'adversaire alors que Guy Roux voulait que l'on se concentre essentiellement sur notre jeu. Quand il est arrivé, Santini nous a dit qu'il avait visionné les cassettes de l'année dernière. Il a vite souhaité améliorer certaines choses. Je ne suis pas contre le changement, ça fait du bien.
Comment Jacques Santini vous motive-t-il ?
Il reste calme sur son banc mais il fait tout pour nous motiver avant. Pendant la semaine d'entraînement, il sait trouver les mots justes. Parfois, il n'hésite pas à nous prendre à part individuellement. Il essaye de trouver les bons mots.
Quel discours vous tient-il personnellement ?
Il me demande de progresser, tout simplement. Sinon, il attend que je sois plus décisif, surtout dans les vingt derniers mètres. Je dois également m'améliorer sur les centres. J'ai bien discuté avec lui et j'ai senti sa confiance, surtout lors de mon retour de blessure. Il m'a dit qu'il comptait bien sur moi.
Cela a du vous réconforter, d'autant que la concurrence existe à votre poste avec Johan Radet.
C'est vrai, mais ma relation avec Johan est très bonne. C'est un grand monsieur et, lors de sa blessure il y a un an, il m'a souvent appelé pour me supporter. Il n'y a pas de rivalité entre nous. Si Johan joue à gauche en ce moment, c'est pour pallier la blessure de Jaurès. Il est capable de jouer à ce poste là et a plus de repères que moi. Après le retour de Jean-Sébastien (Jaurès), Jacques Santini fera peut-être tourner. Je ne sais pas, c'est difficile à dire.»