Vittel. Quand l’arbitre de Toulouse-Nancy Pascal Viléo lui a infligé un carton jaune à la 58’ le 24 septembre (1-0), Samba Diakité avoue qu’il a « tout de suite pensé au match de Lyon ». Ce rendez-vous à Gerland, samedi, qu’il manquera à cause de son avertissement reçu au Stadium. Parce que Samba était sous le coup d’un match de suspension avec sursis suite à son expulsion très sévère subie contre Auxerre en Coupe de la Ligue. Son carton de Toulouse a fait tomber ce sursis même si la commission de discipline de la LFP a oublié de le mentionner dans son communiqué officiel du 29 septembre dernier qui comportait le nom d’un autre Diakité, celui de Nice, prénommé Drissa.
Une erreur qui ne change rien à l’arrivée. Utilisé au poste de latéral droit lors du dernier match contre Evian-Thonon-Gaillard, l’habituel milieu nancéien sera bien suspendu samedi et ça le chagrine profondément : « C’est vrai que je suis très déçu de rater le déplacement à Lyon. Jouer à Gerland, c’est toujours un moment fort de la saison. Et ce match aurait été encore plus particulier pour moi après ce qui s’est passé à la fin du Mercato ».
Diakité fait allusion, évidemment, aux huit millions d’euros mis sur la table par l’OL pour le recruter le 31 août, dernier jour du marché des transferts. « En plus, Lyon voulait prêter Grenier et Gassama à Nancy »

précise Samba en restant aujourd’hui impressionné par l’ampleur de l’offre lyonnaise. Une proposition hallucinante pour un joueur de 22 ans qui possède seulement une trentaine de matches de L1 dans les jambes et qui jouait encore à Noisy-le-Sec (CFA) en 2009.
Les coups de fil d’Aulas et de Garde
Mais l’ASNL a donc dit non à l’OL le 31 août au sujet de Diakité après avoir perdu quelques heures plus tôt Youssouf Hadji (Rennes) et Michaël Chrétien (Bursaspor). « Franchement » confie le joueur, « J’ai compris la décision de Nancy mais je dois dire aussi que ça n’a pas été facile à vivre pour moi sur le coup. C’est humain je crois. Avoir l’opportunité de signer dans un club comme Lyon, c’est quelque chose d’extraordinaire. J’avais eu plusieurs fois le président Jean-Michel Aulas au téléphone. L’entraîneur Rémi Garde m’avait aussi appelé. ça donnait forcément envie de les rejoindre ». Il lui a fallu digérer ce transfert avorté et ça ne s’est pas fait immédiatement comme il le reconnaît : « J’essayais de ne pas trop y penser mais c’était plus fort que moi. Mes performances sur le terrain s’en sont ressenties ». Quand on lui glisse qu’il a effectivement réalisé un début de saison moyen par rapport à son potentiel, Samba se montre carrément plus sévère encore : « Non, j’ai été mauvais ». C’est assez rare pour être souligné dans ce monde du football où les joueurs ont plutôt tendance à penser qu’ils sont très bons même lorsqu’ils ratent à peu près tout ce qu’ils tentent.
Mais tout ça, c’est derrière lui maintenant. C’est en tout cas ce qu’assure le joueur déniché par Rachid Maatar en 2009 : « Je suis passé à autre chose, je n’ai plus la tête à Lyon. Tout le monde peut voir que j’ai retrouvé mon sourire. Cette mini-trêve internationale m’a fait du bien, elle m’a permis de me reconcentrer à 100 % sur l’ASNL ».
Devant sa télé samedi, d’ailleurs, le milieu suspendu adorerait assister à la première victoire de Nancy dans ce stade Gerland qui a bien failli devenir sa nouvelle maison à l’intersaison. Et qui le deviendra peut-être un peu plus tard. « C’est possible. Je sais que Lyon va continuer à me suivre. L’OL doit bien m’aimer vu tout l’argent qu’il était prêt à sortir pour m’acheter en août ! ». Le tout est dit dans un grand éclat de rires. Preuve que le vrai Samba semble bien de retour. mais l’ASNL devra malheureusement se débrouiller sans lui samedi.