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Même après treize éditions*, le Trophée des champions reste une compétition étrange du calendrier français. Il est difficile d'y accorder plus d'importance qu'un simple match amical. Et pourtant il y a une coupe en jeu, que Lyon remporte de façon méthodique depuis 2002, date de son premier titre de champion (sur sept). Toujours, la joie des joueurs dégage la plus sincère spontanéité. Celles qui épousent les rages de vaincre les plus sincères. En opposant l'OL «superchampion» à Bordeaux, c'est-à-dire à une équipe qui n'a rien gagné la saison passée, la commission des compétitions de la LFP n'a rien fait pour éclaircir le sens réel de ce match, sinon pour le ramener à sa nature profonde : un aimable gala estival (coup d'envoi 17h55). Evidemment, Lyon, champion de France, ne pouvait pas affronter Lyon, tenant de la Coupe de la France. En 1996, Auxerre ne l'avait pas fait : il n'y avait pas eu de trophée mis en jeu. Vainqueur de la Coupe de la Ligue et finaliste de la Coupe de France, le Paris-SG avait plus le profil de l'emploi que les Girondins. La LFP a bizarrement zappé la possibilité de valoriser sa deuxième compétition. Bordeaux ne s'en plaint pas : les Aquitains organisent même le match.
Le choix est paradoxal, mais il demeure appétissant. La rumeur, pour la deuxième année consécutive, dit que Lyon serait plus prenable en L1 que les saisons précédentes. Les deux chasseurs les mieux armés sont Marseille, et justement Bordeaux. Symboliquement, il y aurait quelque chose de prenant à voir l'OL défait pour une fois de ce trophée que Jean-Michel Aulas comptabilise toujours avec fierté dans les bilans de fin d'année. Deux fois, Lyon a dû aller le chercher aux tirs au but (2004 et 2006, contre le Paris-SG). Deux fois, il s'est arraché pour entretenir sa culture de la victoire, affichant la couleur avant même la première journée. Bordeaux aurait aussi beaucoup à gagner en entretenant chez Lyon le goût amer né de sa défaite amicale de mardi contre Monaco (0-1). L'an passé, l'équipe de Laurent Blanc avait réalisé une saison de L1 aussi bonne que Lyon. Sauf, justement, dans leurs affrontements directs, où elle avait été soufflée (1-3, 2-4). Le moment est venu de montrer que quelque chose a peut-être changé.
Puel du 4-3-3 au 4-2-3-1 ?
Bien sûr, le perdant dira qu'il est en phase de préparation, qu'il n'avait aucune raison d'être prêt avant l'heure, et il faudra peut-être écouter. Les deux entraîneurs assureront même que leurs choix ne présagent rien de ce qu'ils mijotent pour entamer la saison. Il faudra être plus prudent. A Lyon, Claude Puel est en train de suivre une voie très différente de celle d'Alain Perrin. L'an dernier, celui-ci avait annoncé vouloir installer le 4-4-2 avant d'instaurer à nouveau, assez vite le 4-4-3 traditionnel de l'OL. Claude Puel s'est d'abord montré sensible à l'intérêt de conserver ce système, mais bifurque en ce moment vers un 4-2-3-1 qu'il pourrait encore tester ce soir. L'absence de cinq joueurs importants (Ederson, Mensah, K. Keita, Fred, Fabio Santos) empêchera cependant de dresser une conclusion hâtive sur ses choix d'hommes. A Bordeaux, Blanc devrait cultiver son souci du jeu avec un 4-4-2 en losange plaçant Yoann Gourcuff derrière deux attaquants. Le Girondin parlera aussi du souci de la victoire. En gagnant le match, Bordeaux mettrait fin au débat sur sa légitimité dans le Trophée des champions. Celui-ci, à nouveau, porterait correctement son nom.
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