iNTERVIEW DE ZAGALLO
MARIO ZAGALLO, comment voyez-vous la Coupe du monde 2006 et quelles seront les différences par rapport à 2002 ?
M. Z. : Je crois que lors de la Coupe du monde 2002, après l'élimination de la France et de l'Espagne, les choses sont devenues plus faciles. C'est pourquoi, selon moi, la différence est très grande et cette Coupe du monde verra une amélioration des performances de tous les Européens. Donc, ce sera beaucoup plus dur pour nous.
S'il advenait que le Brésil ne gagne pas le titre, ce serait un échec ?
M. Z. : Non, je touche du bois ! Nous ne sommes pas les grands favoris

, je touche du bois, mais nous avons les atouts pour y arriver et gagner la Coupe.
Des adversaires et des grandes personnalités du football, tels Maradona et Beckenbauer, considèrent le Brésil comme le grand favori. Est-ce que cela pourrait être un piège ?
M. Z. : Beaucoup aimeraient déstabiliser la sélection brésilienne. Mais nous ne laisserons pas faire.
L'équipe du Brésil sera-t-elle la même au début du tournoi que celle qui a terminé les éliminatoires ?
M. Z. : La liste des sélectionnée sera publiée le 15 mai, mais nous avons déjà une équipe en tête. Il est possible de se tromper sur un joueur...
Dans le schéma de jeu du Brésil, Ronaldinho demeurera libre ou devra-t-il aider au marquage ?
M. Z. : Il sera très libre mais il devra aussi défendre. Il va devoir le faire parce que le football d'aujourd'hui l'exige. Si quelqu'un joue sans penser à la possession du ballon, alors il ne gagne pas la Coupe du monde. Il faut maintenir cet équilibre pour jouer au football.
Et vous pensez que Ronaldinho peut déjà être comparé à Pelé ?
M. Z. : C'est difficile de comparer des époques. Je n'aime pas les comparaisons. Ce sont des styles différents. Pelé fut le meilleur joueur du monde, il a inscrit 1300 buts. Le but est ce qu'il y a de plus beau, c'est ce qui donne la victoire. A l'heure actuelle, il est clair que Ronaldinho est brillant, je demande seulement qu'il joue à la Coupe du monde comme il le fait à Barcelone.
Parmi les joueurs, pensez-vous que Robinho pourrait briller à la Coupe du monde ?
M. Z. : C'est difficile de parler de quelqu'un qui n'est pas titulaire. Choisissons-en plutôt un autre, par exemple Messi, qui est titulaire de l'Argentine et qui a une chance de briller, parce qu'il joue aussi dans une équipe comme Barcelone.
Outre les équipes traditionnelles, qui, selon vous, pourrait créer la surprise ?
M. Z. : Je pense que ce sera un Mondial très équilibré. Il y a une équipe qui me plaît, le Mexique

. C'est une équipe dont on parle peu mais qui pourrait donner beaucoup de fil à retordre à plus d'une. Je la respecte car je vois ses possibilités.
Vous pouvez consolider votre position de recordman du football, devenir celui qui a remporté cinq Coupes du monde (deux fois comme joueur, deux comme sélectionneur et assistant du de Parreire en 1994). Pensez-vous poursuivre avec la sélection si Parreira continue ?
M. Z. : Je ne pense pas me retirer. Je suis en bonne santé et je prends plaisir à être ici. Si on me le demandait, je pourrais même être entraîneur. La vérité est que je n'ai jamais cessé d'être entraîneur. Avec Parreira, nous parlons comme des frères, je le connais depuis 1970.