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avram grant

Sujfan Stevens


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Sufjan Stevens (né le 1er juillet 1975 à Détroit dans le Michigan) est un auteur-compositeur-interprète américain. Il est connu pour ses chansons qui portent autant attention aux textes qu'à l'instrumentation. Il joue de plusieurs instruments différents, avec une préférence pour le banjo. Il est aujourd'hui un des artistes américains les plus prolifiques et connaît un grand succès critique aux États-Unis.

a Sun came 2000

Sufjan Stevens fait parti de ces artistes qui ont un peu trop de talent. Et pour cause, autodidacte, il s'essaie, pendant ses années d'université, et excelle à la guitare, basse, batterie mais aussi au banjo, piano, vibraphone, et j'en passe. Le garçon enregistre des dizaines de chansons qu'il triera pour sortir finalement A Sun Came sur Asthmatic Kitty Records, label maison qu'il a créé avec son beau-père.

Ce premier opus s'ouvre donc avec ce florilège d'instruments et dévoile un univers qui paraît enfantin, où des airs de flûtes se glissent aux mélodies et nous charment d'entrée. "We Are What You Say" nous entraîne dans cette folie créative aux contours musicaux variés et subtils. L'instrumentation de ce premier titre est à l'image du disque. Complexe aux mélodies recherchées et profondes, elle appuie avec caractère les longs textes de Sufjan, tantôt sincères, tantôt cocasses ("Super Sexy Woman" est pas mal dans le style). Ce côté symphonique n'est pas étouffant, mais simplement poignant et semble sortir de certains contes de fées. Les cordes produisent une magie et un charme fou. Le virtuose sait cependant aussi user de sa guitare ou de son piano avec parcimonie sur des ballades minimalistes pour nous narrer ses histoires d'amour comme sur "Rake", "Dumb I Sound" ou sur "Kill" paisible mais aux paroles troublantes. Ces titres sont sans aucun doute les meilleurs de l'album et font briller la voix de l'américain, délicate et éclatante de pureté. A Sun Came continue alors de plus belle son parcours croisant et confondant des sonorités orientales, irlandaises, folk, country ou pop. "Joy! Joy! Joy!" nous offre même un drôle de morceau entre de la world et de l'électro. Quelques courts dialogues ou "Rice Pudding" et "Satan's Saxophones" (petits quarts d'heure de folie) viennent couper cette succession de moments raffinés et de quiétude mais la féerie opère toujours. On subit ces changements de paysages, subjugué par leur diversité, leur réalisme et leur élégance. Les mélodies nous transportent malgré nous jusqu'à un dernier "You Are The Rake" magnifique, où la voix de Sufjan transpire une nouvelle fois d'émotion et d'humilité.

Et dire que tout a été enregistré sur un quatre pistes...

Sufjan définit A Sun Came comme une ‘traditional pop music, medieval instrumentation with Middle Eastern inflections, tape loops, digital samples, literary vocals, manic percussion, woodwinds, sitar, amp distortion and Arabic chants.'

C'est assez bien résumé.

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Enjoy your rabbit 2001

Lorsqu'il était à l'université, Sufjan Stevens s'est acheté un magnétophone à cassette quatre pistes avec lequel il a enregistré des concept albums de 90 minutes pour les neuf planètes, les douze apôtres ou encore les quatre humeurs. C'est avec cette même ambition et créativité que l'artiste de Détroit sort un deuxième album consacré aux signes du zodiaque.

Enjoy Your Rabbit est saisissant et à de quoi déboussoler l'auditeur. Il s'agit d'un disque à part dans l'œuvre de Sufjan puisqu'il regroupe quatorze titres instrumentaux très divers, riches et dissemblables, dont la durée varie entre trente secondes et treize minutes. Il ressemble d'avantage à la bande originale d'un de ces films burlesques ou complètement extravagants comme Arizona Dream. Le genre de long métrage où on ne comprend rien mais qui captive. Ici, les années s'enchaînent et les humeurs changent dans une logique qui nous échappe mais dès "Year Of The Asthmatic Cat" on ne peut s'empêcher à chaque fois d'écouter le morceau suivant. On passe alors d'une atmosphère oppressante avec le singe et le verrat, tranquille avec le chien, apaisante avec le mouton ou le tigre où on reconnaît cette flûte irlandaise qui avait ouvert le premier album. "Year Of The Rat" ressemble à une composition de Yann Tiersen avec en fond une sonnerie de réveil et fait peut être le plus musique de film.

Les compositions sont aussi riches que A Sun Came et puisent dans des registres toujours plus différents les uns que les autres. On perçoit par exemple l'air du Boléro de Ravel sur "Year Of Snake" ou Sufjan fait de "Enjoy Your Rabbit" une chanson très rock, inhabituelle avec des bruitages dignes de R2-D2.

Ce disque est très contrasté mais reste quand même agréable.

Sufjan Stevens est un artiste touche à tout et il nous le démontre avec une grande inspiration.

Greetings fromage Michigan ,the great lake state 2003

Greetings From Michigan est l'introduction du projet complètement barré. En effet, Stevens veut illustrer son pays avec ses albums, soit un par état. Le Michigan, où il est né, est la première étape d'un jeune homme plein d'espoir donc.

Le jeune homme, bien qu'optimiste, nous gratifie d'une musique rare et parfois pompeuse. Oui, mais rare. Rare dans le sens où l'on s'était peu imaginé quelques américains jouant un folk psychédélique pareil.

Poursuivit d'une dizaine d'instruments derrière lui (basse, guitare, piano, banjo, xylophone, flûte, tambourin...) Stevens nous surprend dès sa première piste "Flint (For The Unemployed Underpaid)", au piano intimisto-melancolique. Après cela on se demande comment le bougre pourra tenir tout l'album (la même sensation dans Illinoise, sa deuxième étape). En véritable architecte, Sufjan Stevens concocte un album absolument magistral, symphonique, d'une finesse et d'une complexité rare.

Sa sobriété transparaît à travers l'album et son concept. Mais il fera encore plus fort avec Illinoise, où on aura l'étrange sensation de retrouver dans les rues de Chicago durant les périodes de Noël !

Seven Swans 2004

Sufjan Stevens en plus d'être talentueux est très inspiré et productif. Il se permet sur Seven Swans de faire une pause dans sa traversée des états américains qui est à l'origine une blague pour la promotion de Greetings From Michigan.

Avec le même principe que sur les albums précédents (pas de frontière), le répertoire s'étend du lo-fi de A Sun Came au baroque du dernier disque. C'est cependant dans un folk souvent épuré que les mélodies sont les plus belles et nous prennent à la gorge. Je pense en particulier à "To Be Alone With You" ou "Size Too Small" divines et à fleur de peau. La majorité des chansons combine des boucles de guitare, banjo ou piano minimalistes qui sont petit à petit agrémentées d'arrangements gracieux et rayonnants comme "In The Devil's Territory". Elles sont de l'ordre de l'intime, complètement dénudées et dévoilent des textes posés et complets. "Abraham", "Seven Swans" et "The Transfiguration" abordent le sujet de la religion qui est cher à l'artiste lorsque que d'autres s'ouvrent au monde ou à l'amour.

Seven Swans est une œuvre à la beauté contemplative, subtile, tendre et délicate.

Un véritable tour de force si l'on peut dire.

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Illinoise 2005

Un album synonyme de paix intérieure, qui délivrerait amour, humilité, et espoir à outrance en même temps, pourriez-vous seulement y croire? Eh bien si vous n'avez pas encore eu la chance d'entendre son nom, voilà un artiste ambitieux qui, en plus d'arriver à proposer tout ça en même temps sur une même galette, a le projet de couvrir chaque État des USA par un album.. (souhaitons lui bon courage !)

Son entreprise, même si titanesque, semble plutôt bien partie, ce premier disque d'une hypothétique série de 50 disques, nommé "Illinoise" (pour l'Illinois donc) est un chef-d'œuvre, autant par la qualité des ambiances légères et reposantes qu'il distille que par son originalité et les sentiments neufs qu'il partage. Comment ne pas esquisser de sourire à l'écoute du son frais et transporteur d'un "Come On ! Feel The Illinoise !", comment ne pas se retrouver dans les textes de morceaux tels "Casimir Pulaski Day", décrivant la banalité et la beauté des petites choses de la vie.

"Illinoise" est un disque où on y trouve assez aisément son compte, son caractère universel et simple faisant foi. Assez gracieux et habile pour concéder un peu de vénusté à cette pochette hideuse (pour dire!), assez original pour rester coincé dans nos têtes un bon moment.

Ce disque semble d'ailleurs avoir récemment bouleversé bien des âmes. Reste à comprendre quel est le secret de ce jeune prodige américain.

La solution dans le numéro suivant?

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The avalanches 2005

Après avoir appris peu de temps après la sortie d'Illinoise que Sufjan Stevens avait mis "une dizaine" de chansons de côtés et apprécié avec ardeur cet opus, j'ai attendu ce disque avec une impatience indicible.

Le virtuose américain, ne parvient pas à se refréner selon lui. C'est ainsi que profondément inspiré par cet état, il aurait pu composer un double album. Seulement par soucis d'éviter une indigestion à ses auditeurs il a du s'y résigner et mettre de côté un grand nombre de chansons de qualité. Car Avalanche nous persuade une fois de plus que ce gars là possède un talent monstre et a de quoi rendre un certain nombre de songwriters de sa génération jaloux. Disposer d'une écriture si délicieuse et avoir la prétention de pouvoir choisir vingt-deux chansons sur une quarantaine alors que toutes ont une finesse irréprochable relève presque de la perfection.

Sufjan Stevens aurait donc pu intituler son album avec un autre nom d'état pour poursuivre son fameux road movie du côté de chez l'oncle Sam. Il ne l'a pourtant pas fait. Plus besoin d'impressionner son public maintenant que sa réputation est faite (il faut rappeler que l'idée d'intituler ses albums avec des noms d'états était à la base un coup maketing bien qu'il se soit finalement pris au jeu). De plus, l'empreinte d'Illinoise, est très présente dès les premières notes, dans toutes les compositions ("Chicago" apparaît à trois reprises dans des versions instrumentales différentes). Les arrangements sont très familiers, les paroles détiennent le même entrain, le même lyrisme...

Ce côté sosie architectural aurait pu pénaliser Avalanche, trop proche de l'album "officiel", constituant au final une masse homogène de titres pas vraiment identifiables avec la même couleur, le même folklore. Heureusement pour nous, plutôt que de nous balancer ce ‘pot pourri' brut sans rien retoucher, Stevens a la présence d'esprit d'en faire un disque à part entière et donc d'avoir retravailler chaque outtake. Il subsiste cependant cette légère impression de déjà vu mais il ne fait aucun doute que la carrière du chanteur a évolué et qu'il nous présente là une nouvelle œuvre.

Ce nouveau déluge de comptines et d'historiettes dévoile encore plus d'une heure de gaieté et de bonheur. La musique éclabousse de sonorités chaleureuses et délicieuses provenant la plupart du temps d'un nombre incroyable d'instruments, elle nous chatouille, fanfaronne dans les deux sens du terme. La passion et la beauté qui émanent de ce répertoire sont sans borne, aussi bien dans l'écriture que dans l'interprétation. Que ça soit de l'ordre de l'intimiste sur "Saul Bellow", de l'electro avec "Inaugural Pop Music For Jane Margaret Byrne" ou du rock cuivré dont le compositeur a le secret, cet album regorge de petites pépites.

Sufjan Stevens à réussi à égaler son dernier album ce qui était loin d'être concevable vu la qualité de ce dernier. Avalanche résulte de l'effet boule de neige d'un génie de plus en plus reconnu par la profession et poursuit une carrière des plus florissante et fructueuse. Ce n'est peut-être pas un hasard si il a enfilé le costume de Superman sur la pochette. Un peu de fierté n'a jamais fait de mal à personne...

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The BQE 2009

Avant d’être l’un des projets les plus excitants de ces dernières années, The BQE est une voie rapide. Comme son nom l’indique, The Brooklyn-Queens Expressway relie deux quartiers de New York. Construite entre la fin des années 30 et le milieu des années 60, elle est devenue le symbole de la société de l’automobile et d’un urbanisme éventreur peu regardant sur la qualité de l’ouvrage et la vie censée se réorganiser tout autour, tout en dessous et au dessus aussi. En choisissant d’y consacrer un film pour répondre à une commande de la Brooklyn Academy of Music, Sufjan Stevens réinjecte de la beauté et du sens dans ces territoires urbains. Réalisé et présenté en 2007, le projet ne manque pas de panache : sur un écran partagé en trois parties indépendantes, défilent des images tournées avec une antique caméra 16 mm, par Sufjan Stevens et le photographe Reuben Kleiner.

Accélérées, ralenties, montées en miroir, les images se répondent ou se complètent, recomposant des paysages abstraits, créant tantôt un léger effet de saturation impressionniste, tantôt un aspect documentaire brut que l’on regarde comme tel. La ville, les voitures, les échangeurs routiers, les maisons et les tours, les friches industrielles, le fleuve, la quasi absence des gens, tout fascine. Avec ces trois écrans, le montage ménage des surprises et des micro événements : The BQE peut se revoir à l’infini, il n’est jamais tout à fait le même. Histoire d’enfoncer le clou dans le cercueil d’une époque bercée par la croyance en un développement économique et urbain infini et une certaine innocence (les années 50 et 60), Sufjan Stevens a fait appel aux Hooper Heroes, un flamboyant trio de jeunes femmes qui pratiquent l’art délicat du… Hula Hoop. Insérés aux images de la ville, les plans de ces jeunes femmes costumées comme des majorettes créent un effet poétique saisissant (comme avant elle les cheerleaders de la tournée Illinois en 2005).

Composée par l’enfant prodige de l’Amérique pop, la bande-son orchestrale est éblouissante, épousant les différents tableaux thématiques avec une grâce et une puissance hors du commun, mobilisant cordes, cuivres, piano, percussions pour des compositions qui évoquent encore et toujours les minimalistes américains mais aussi la souplesse et l’élégance populaire des musiques de Gershwin. Au beau milieu du film, Movement IV: Traffic Shock réserve une belle surprise électronique. On aurait tort de considérer The BQE comme un luxueux projet récréatif pour Sufjan Stevens. Il prend place au cœur d’une œuvre dont on n’a pas fini de mesurer l’importance ni la portée. On peut déplorer que le New-Yorkais n’ait toujours pas donné de suite à son Fifty States Project, mais en réalité, The BQE est cette suite tant attendue et New York son objet. Sufjan Stevens a simplement cette fois préféré les images aux mots. Elles sont tout aussi parlantes et touchantes.

The adges of adzs 2010

Il y a ceux qui crieront au scandale (Sufjan c'est fini ! Plus jamais on ne me prendra à m'acoquiner avec un individu au prénom imprononçable) et il y a ceux qui seront séduits. Pour sûr que Stevens va en laisser au bord de la route, des fidèles qui ne juraient que par Illinoise. Mais sans doute pour récupérer de nouveaux auditeurs égarés sur le chemin. C'est là une conséquence logique à tout changement de direction musicale. Enfin, aimer un genre ne contre indique pas d'apprécier l'autre. Qu'on se le dise.

De quelle planète vient-il cet Américain-là ? The Age Of ADZ apparaît un peu comme la rencontre inattendue entre une fanfare démodée et la bande son grossière d'un jeu vidéo futuriste. Il y a fort à parier que le lecteur (à présent ô combien éclairé par la limpidité de la phrase précédente) n'ait plus qu'une envie : celle de prendre ses oreilles à son cou pour aller écouter un album approuvé par Benoit XVI en personne et s'éloigner de cet opus trop peu folk pour être honnête. Qu'il ne parte pas tout de suite ! Cet enregistrement n'est point diablerie ! Le résultat est étrangement réussi, il nait de ce décalage un ensemble convainquant. A la fois désuet et moderniste, il en ressort finalement quelque chose qui nous ancre profondément dans le présent. Ca frôle dangereusement la cacophonie, le bruit gratuit rode tout près mais pourtant (détendez-vous bon Dieu) tout est à sa place, la cohésion permet à l'émotion de s'inviter. Paradoxalement, cet album résolument électronique possède un charme légèrement suranné.

Un album tout de matière donc. De la matière jusqu'à l'écœurement condamneront les détracteurs. De la matière parfaitement maitrisée pour les autres. Les pépites : "Futile Devices", "Now That I'm Older", "I Walked", "Vesivius". Seul "Get Real Get Right" engendre plutôt le mal au crâne que le baume au cœur. Chacun jugera. L'ultime titre de plus de 25 minutes est pas loin du sans faute. A noter toutefois que la perfection n'existant pas, vers 10 minutes la perplexité s'approche pour carrément s'imposer à 10 minutes et 53 secondes. Ca ressemble à une faute de gout, Stevens aurait-il eu subitement de la nostalgie pour les heures où il se trémoussait tout d'acné sur les dancefloor inondés de musiques synthétiques douteuses ? Passons-lui ce caprice puisqu'il se ressaisit assez rapidement.

The Age Of ADZ pourrait se résumer de la sorte: vous attendez des amis dans un jardin mille fois parcouru. Ils ont 5minutes de retard, juste le temps nécessaire pour dérouler " I Walked" sur votre lecteur mp3. Le décor prend alors un aspect inédit. La saveur est précieuse car vous savez qu'à la prochaine écoute les lieux se dévoileront encore sous un jour différent. Vous avez maintenant l'impression que le but de votre sortie n'était pas ce rendez-vous, mais bien cet instant où ne patientez pas. Non, vous ne patientez pas, vous vivez, tout simplement.


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Merci d'avoir créé cette page sur un artiste que j'adore :hi:

Age of Adz :wub:

Illinois :wub: :wub: :wub:

Edited by Guru

 

On 10/30/2018 at 9:00 AM, Modern Talking's Legacy said:

Ozil est un artiste, il faut l'admirer et en profiter tant qu'il est là.

 

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Tout en chant murmuré et dépouillement acoustique, Carrie & Lowell, le nouvel album de Sufjan Stevens, s’affiche à l’opposé de The Age of Adz (2010), précédent opus dont les tourbillons protéiformes superposaient la psyché torturée du chanteur et les visions schizophrènes d’un peintre, « Prophet » Royal Robertson (1936-1997), obsédé par l’apocalypse.

Avec le calme dévasté qui suit une tempête, avec la douceur frémissante d’un garçon délavé par le chagrin, le troubadour de Detroit, exilé à Brooklyn, se met à nu dans un disque de deuil, baptisé des prénoms de sa mère, morte d’un cancer en 2012, et de son beau-père.

Cette facette folk de Sufjan Stevens nous est familière. Son don des ballades, inspirées par le folklore américain, sa voix d’angelot mélancolique ont pu imprégner des disques entiers – le mystique Seven Swans (2004) – ou s’enchâsser dans des œuvres luxuriantes tels Michigan (2003) ou son chef-d’œuvre, Come on Feel the Illinoise (Illinois, 2005), qui fit de lui une icône de la pop orchestrale.

Touches impressionnistes

On sait aussi, depuis le sublime John Wayne Gacy Jr (tiré d’Illinois), consacré au serial killer du même nom, que ce goût pour l’harmonie et la délicatesse chorale n’est pas synonyme de mièvrerie. L’intimisme de Carrie & Lowell puise ainsi dans une douleur qui, au-delà de la perte d’une mère, réveille les multiples blessures d’une enfance chaotique.

Par touches impressionnistes ou avec une précision analytique, l’écriture de ce poète tout juste quadragénaire, que Carrie abandonna à son père alors qu’il n’avait qu’un an, tente d’appréhender la perte de son innocence, les racines de son instabilité.

Parfois égrainée en picking, avec le classicisme pastoral de Simon & Garfunkel, la guitare peut ciseler la netteté d’un souvenir doux-amer (Eugene), un besoin désespéré de réconciliation (« I forgive you mother, I can hear you/And I long to be near you », « je te pardonne mère, je peux t’entendre/et j’ai envie d’être près de toi » dans Death With Dignity).

Le plus souvent, sa façon de chanter à l’oreille et d’effleurer sa six-cordes ou son piano en accords aériens évoque le vide d’une absence, des images trop vite évaporées et les fantômes qui peuplent ses chansons. Ceux d’un être disparu (« How do I live with your ghost ? », « comment vivre avec ton fantôme ? ») ou de son propre corps épuisé par la tristesse (« There’s only a shadow of me/In a manner of speaking, I’m dead », « il n’y a qu’une ombre de moi-même/d’une certaine façon, je suis déjà mort »).

Enregistrés avec la sobriété de moyens domestiques (et même sur un iPhone), parfois dans l’intimité nocturne d’une chambre de motel, ces morceaux vibrent d’un écho spectral, d’un rapport à l’au-delà qui ébranle aussi une foi religieuse, qu’on connut plus rayonnante chez ce chrétien épiscopalien.

L’unité conceptuelle du disque, la nudité de son instrumentation et de son invariable tempo pourraient lasser. Mais, à quelques très rares exceptions près (la chanson-titre), Sufjan Stevens parvient à nourrir ses chansons de mélodies aussi bouleversantes (All Me Wants All of You, Drawn to the Blood, No Shade in the Shadow of the Cross) que ses textes. Son album le plus personnel devenant du même coup un des sommets de sa discographie.


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Il faut que j'écoute son nouvel album as soon as possible


 

On 10/30/2018 at 9:00 AM, Modern Talking's Legacy said:

Ozil est un artiste, il faut l'admirer et en profiter tant qu'il est là.

 

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Il est tellement puissant et badant en même temps... Bordel quand je l'écoute je partage à la fois sa peine et mes peines, du coup je suis au fond du gouffre...

Quand on sait en plus comment il a enregistré ses chansons (parfois dans sa chambre d'hôtel avec rien d'autre que son téléphone pour enregistrer et sa guitare), on est vraiment pris dans le flot de tristesse avec une acoustique rare, et une voix parfois tremblotante... :snif:

Son album est tellement réussi que ça en est bluffant.


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Fourth of july est la plus belle chanson du monde et puis c'est tout ....


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Quel album, pour moi le meilleur de cette année so far..

J'ai particulièrement aimé Death with Dignity, Should have known better, Drawn to the Blood, Carrie & Lowell, Blue Buckets of Gold.... En fait elles sont toutes bien :ninja: :ninja:

C'est sûr que c'est assez déprimant, de ce que j'ai compris l'ensemble de l'album tourne autour de son histoire familiale avec sa mère Carrie (" When I was 3, maybe 4, she left us at that videostore") et son beau-père Lowell d'où le titre de l'album :suspens:

On comprend que Stevens a ressorti ce passé familial qui le tourmentait et l'a mis en musique (au style le plus minimaliste possible) pour créer une sorte d'effet cathartique, comme si faire cette album Carrie & Lowell lui permettait d'exprimer ce qu'il avait sur le coeur depuis si longtemps et de tourner la page, se libérer de ce passé qui lui a fait mal.

C'est peut-être la meilleure oeuvre de Stevens jusqu'ici, un album qui fera date en tout cas. :hi:

PS: A lire, l'extraordinaire interview de Sufjan par Pitchfork qui donne des pistes pour comprendre l'album: http://pitchfork.com/features/interviews/9...sufjan-stevens/


 

On 10/30/2018 at 9:00 AM, Modern Talking's Legacy said:

Ozil est un artiste, il faut l'admirer et en profiter tant qu'il est là.

 

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Perso, je trouve Age of Adz vraiment surcoté au possible, les effets et bidouilles électroniques tuent vraiment les compos et les étouffent; à part deux ou trois titres qui en sortent indemnes (et qui sont vraiment excellents), le reste laisse à désirer.

Je le préfère clairement en Eliott Smith qu'en Of Montreal.

Excellent album, probablement le mieux écrit cette année (et 2015 est une année riche en albums folk bien écrits). Les instru minimalistes font ressortir le songwriting de Sufjan. Bizarrement, je vois cet album, très contextuel pourtant, comme une vraie progression. Il a toujours été très fort pour les ballades, y a eu des perles sur Illinois et Michigan, mais le chant surtout est beaucoup plus maîtrisé.

Fourth of july est la plus belle chanson du monde et puis c'est tout ....
Avec Should Have Known Better, titres de l'année.

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Bon ben je le met sans problème dans un top 10 des albums de 2015. Excellent album


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Nouvel album sorti ce mois-ci avec Planétarium (je viens juste de le découvrir)


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Le 13/04/2015 à 8:33 PM, avram grant a dit :

Fourth of july est la plus belle chanson du monde et puis c'est tout ....

Texte magnifique, référence à sa mère j'imagine?

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Oui et oui. 

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On 10/30/2018 at 9:00 AM, Modern Talking's Legacy said:

Ozil est un artiste, il faut l'admirer et en profiter tant qu'il est là.

 

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