Jump to content

Recommended Posts

Résultat de recherche d'images pour "Monos""

 

 

Réalisateur : Alejandro Landes

Scénaristes : Alejandro Landes & Alexis dos Santos

Pays : Colombie, Argentine, Uruguay, USA, Suède, Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Suisse

Langues : Espagnol et anglais

Genre : Drame, thriller

Durée : 102 min

Casting : Sofia Buenaventura, Moises Arias, Julianne Nicholson etc...

Sortie en France : 4 mars 2020

 

 

 

Huit adolescents entraînés à combattre forment une brigade enrôlée par une mystérieuse organisation rebelle. Ils commettent une grave erreur qui les pousse à s'enfoncer dans la jungle où un cauchemar les attend. Haletante immersion dans un univers tragique emprunt de fantastique, Monos est une allégorie de l'histoire de la Colombie marquée par la guerre et le besoin de paix de la jeune génération.

 

 

(Monos a remporté le prix spécial du Jury lors du Sundance Film Festival 2019 et été présenté à la Berlinale)

 

 

 

Esclaves de la violence

 

A quoi jouent-ils, ces adolescents d'une quinzaine d'années, seuls dans une forteresse en ruines sur une montagne nue où traîne le brouillard ? Ce n'est pas un camp de vacances comme on a pu l'imaginer au premier abord en les regardant s'entraîner physiquement : ces huit-là, filles et garçons, forment une véritable brigade de rebelles armés, les Monos. Ils portent des noms de guerre aux origines en partie occidentales : Rambo, Pitufo (Schtroumpf), Lobo (Loup), Boom Boom, Perro (Chien), Patagrande (Grands pieds), Lady et Sueca (Suédoise). Leur supérieur adulte, "Le Messager", les rejoint de temps en temps à cheval pour les ravitailler et vérifier qu'ils remplissent leur mission. Il semble les avoir élevés - dressés, plutôt - pendant des mois, voire des années."L'Organisation est notre grande famille. Vous êtes mes enfants", leur rappelle-t-il.

 

Les Monos au regard fou ont pour mission de garder en vie une otage qu'ils appellent la Doctora. Cette ingénieure américaine est régulièrement filmée pour prouver qu'elle vit encore. Bien sûr, elle échafaude des plans d'évasion. Mais voici ce que le Messager confie une deuxième responsabilité : une splendide vache laitière prêtée à l'Organisation. Il faut la traire, boire son lait plein de vitamines, et prendre grand soin de l'animal, "sinon les gens nous dénonceront et dévoileront notre position secrète".

 

Rambo "fête" ses 15 ans lors d'un rituel brutal. Avec l'accord du Messager, Loup et Lady se mettent officiellement en couple, ce qui donne lieu à une célébration autour d'un feu, à des jeux aussi joyeux que bizarres... et à un accident dont la vache ne se relèvera pas. C'est très grave. Le semblant de cohésion du groupe, basé sur la peur de le hiérarchie et des dénonciations des autres Monos, explose tandis que l'armée approche. Les jeunes quittent la montagne pour descendre dans la jungle et décident de changer les règles du jeu...

 

 

L'esprit de "Sa Majesté des mouches"

 

Le film du Colombo-Equatorien Alejandro Landes a un certain goût d'Apocalypse Now, mais il évoque surtout le roman anti-utopique du Britannique William Golding paru en 1954, Sa Majesté des mouches (Lord of the Flies). Une quinzaine d'écoliers survivants d'un crash d'avion s'y retrouvent livrés à eux-mêmes sur une île déserte en plein océan. Alejandro Landes cite d'ailleurs cet ouvrage comme une de ses sources d'inspiration, transposée dans le contexte de la Colombie où le film a été tourné. Un pays déchiré par soixante de guerre civile, avec des combats sur plusieurs fronts : militaires, paramilitaires, narcotrafiquants, guérillas.

 

Coût humain de cette guerre : plus de 260'000 morts, 45'000 disparus et 6,9 millions de déplacés. La paix conclue avec les FARC (Forces armées révolutionnaires) a valu au président colombien Juan Manuel Santos le Prix Nobel de la Paix en 2016. Mais cette paix reste à réaliser concrètement. Monos, explique son réalisateur qui a écrit le scénario avec l'Argentin Alexis dos Santos, "explore ce moment par le biais du genre, en particulier le film de guerre". Un film de guerre allégorique et fantastique dont le récit sensoriel vous captive de la première à la dernière scène.

 

L'Organisation qui a enrôlé les adolescents ne porte pas de nom - on peut imaginer les FARC, qui confiaient souvent à des jeunes la garde de leurs otages. Intrigue et décors restent hors du temps et de la géographie, jamais il n'est question d'une idéologie. On ne sait pas d'où viennent les Monos, ni comment ils ont été transformés en petites machines de guerre. Mais on voit à quel point leur motivation et leur discipline de fer - alors qu'ils sont des adolescents, par essence rebelles - se désagrègent une fois qu'ils ont décidé de s'enfoncer dans la jungle, où le cauchemar les attend. Alejandro Landes dessine des personnages auxquels le spectateur peut s'attacher car il comprend la souffrance de leur condition d'esclaves que l'Organisation prive d'espoir.

 

 

Images à couper le souffle

 

Outre ses images à couper le souffle signées Jasper Wolf, Monos sidère par la performance de ses jeunes interprètes, qui pour la plupart n'avaient jamais été devant une caméra et qu'Alejandro Landes a emmenés tourner à 4000 mètres d'altitude, puis au coeur de la jungle, des scènes très physiques aussi bien qu'émotionnelles. La bande originale de Mica Levi (Micachu, compositrice et chanteuse anglaise auteure de la BO de Under The Skin de Jonathan Glazer puis de celle de Jackie de Pablo Larrain) s'est inspirée de sons enregistrés au sommet de la montagne et dans la jungle. Roulements de tonnerre et sifflements, le danger est permanent et souvent intérieur sur le champ de bataille de cette jeunesse sacrifiée.

 

 

"Comme un tatouage mental", Alejandro Landes à propos de Monos

 

Pourquoi parler d'enfants-soldats ?

On a tous rêvé, un jour ou l'autre, de partir au milieu de nulle part avec des amis pour faire ce dont on a envie, sans règles ni qui que ce soit qui nous surveille ; en même temps, les adolescents se sentent si seuls à cet âge. Dans Monos, la jeunesse est aussi une métaphore de la Colombie en tant que nation. C'est un pays relativement jeune qui cherche encore son identité, le rêve de paix est fragile et hésitant. Plus que le thème des enfants-soldats, déjà exploré dans d'autres films, je voulais me pencher sur l'adolescence, car c'est un âge où l'on cherche toujours qui l'on veut devenir.

 

Parlez-nous de la dynamique du groupe - elle va au-delà de l'orientation politique ou même du sexe...

Dans un pays où tant de parties sont en guerre, on ne sait pas vraiment qui est qui. S'agit-il de paramilitaires ou bien de guérilleros ? Le jour où je suis tombé sur des enfants-soldats, en Colombie, je me suis dit : qu'ils se battent pour la gauche ou pour la droite, en fin de compte, ce qui est important, c'est qu'ils s'agit d'enfants. L'adolescence est pour moi une période unique du fait de son côté passionné, de l'intensité de l'expérience et des liens qui se créent à cet âge. Je voulais explorer cette dynamique dans Monos.

 

Dans quelle mesure Sa Majesté des mouches de William Golding (1954) a-t-il influencé l'histoire ?

Cela s'arrête au côté allégorique, car Monos est une allégorie politique interrogeant le moment présent - moment qui s'est répété (thématiquement) tout au long de l'histoire de l'humanité, dans divers pays et conflits. Je voulais repousser les limites d'un récit qui flirterait  avec le genre mais ferait aussi appel aux sens, quelque chose qui resterait gravé comme un tatouage mental.

 

Que cherchez-vous à exprimer à travers la violence dépeinte dans le film ?

Monos parle de la violence qui règne actuellement dans une trop grande partie du monde et de la possibilité que cette violence grandisse encore. Quand on entend parler de choses comme les enregistrements audio du démembrement de Jamal Khashoggi (le journaliste saoudien assassiné), ça paraît surréaliste. Cette violence est presque devenue irréelle, à l'image des jeux vidéo. La violence est partout autour de nous, mais il y a aussi cette lutte qui se poursuit à l'intérieur. On lutte tous et ça n'est en aucun cas propre à la Colombie.

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Monos""

 

 

 

Vu en début septembre déjà. J'ai entendu des gens en parler avec enthousiasme et ça m'a rappelé à quel point j'avais aimé.

Si je peux donner envie à ne serait-ce qu'une personne de le voir, j'aurais pas créé ce topic inutilement.

Vivement une sortie DVD, un film à "posséder".

 


Résultat de recherche d'images pour "Claudia Cardinale"

 

"SO MANY BOOKS, SO LITTLE TIME." - FRANK ZAPPA

Share this post


Link to post
Share on other sites

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Guest
Reply to this topic...

×   Pasted as rich text.   Paste as plain text instead

  Only 75 emoji are allowed.

×   Your link has been automatically embedded.   Display as a link instead

×   Your previous content has been restored.   Clear editor

×   You cannot paste images directly. Upload or insert images from URL.

Sign in to follow this  

  • Recently Browsing   0 members

    No registered users viewing this page.

×
×
  • Create New...